25.11.2009
Turing et la beauté des maths
Un ami m’a transmis ce document intitulé « The beauty of mathematics » (1) disponible sur « slideshare » et je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager quelques images de « palindromes » numériques (2) :

Comme quoi on peut trouver une certaine esthétique aux mathématiques, que malheureusement le monde antique n’aurait pu contempler car ne sachant pas calculer.
En effet, le nombre zéro n’est apparu dans le monde occidental qu’au XII siècle après JC. (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/0_%28nombre%29) et avec lui l’essor du calcul et de l’algèbre (essayez de faire une de nos quatre opérations avec des nombres écrits en chiffres romains !).

Et encore moins d’égalité, le monde antique ne connaissant que les rapports entre données et les « nombres commensurables » ou « incommensurables » (ce qui ne les a pas empêché de construire de très grands édifices et d’évaluer la circonférence du globe terrestre, grâce, notamment, au théorème de Thales).
Quel est le lien avec M. Alan Turing ?
Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité, il s’agit de ce mathématicien anglais qui vient d’être réhabilité à titre posthume par le Premier Ministre britannique.
Dans mon billet « Gordon Brown présente des excuses posthumes au mathématicien Alan Turing » (3), j’indiquai qu’il était "le père des ordinateurs". Ce qui est injuste car réducteur.
Alan Turing a surtout inventé, avec ses machines éponymes, l’opération d’affectation qui est distincte de celle d’égalité et que l’on note « := » ou «<= ».
Par exemple, si j’écris X=2 et Y=1+1, connaissant les lois de l’addition, j’en déduis que X=Y au sens où les deux variables ont la même valeur.
Maintenant, imaginer que X désigne une « case », un peu comme une boîte , et que l’on est affecté l’objet 2 à X et l’objet 1+1 à Y. La somme 1+1 vaut toujours 2 mais le contenu des deux cases est différent.
D’ailleurs, si nous souhaitons intervertir ces deux cases, il nous en faudra une troisième, sinon, nous écraserions une des deux valeurs. Appelons Z cette troisième case qui sera utilisée à titre temporaire,
Ainsi cet échange de contenus entre X et Y peut s’écrire: « affecter le contenu de X à Z, soit X<=Z; affecter le contenu de Y à X, soit Y <= X; affecter le contenu de Z à Y, soit Z <= Y » et c’est fini. Cette « marche à suivre » est ce que l’on appelle un algorithme, la suite des cases X, Y, Z étant ce que l’on appelle la mémoire, dans un ordinateur.
Etre capable de distinguer ces deux concepts, « affectation » et "égalité », ce qui est évident aujourd’hui dans notre monde où les programmes informatiques sont partout, n’était absolument pas trivial en 1936. Pas plus que ne l’était le zéro pour un Romain. Et c’est là qu’est le génie de M. Alan Turing.
Décidément, son nom ne dépareille pas à compter de celui de Blaise Pascal, tous les deux inventeurs de « machines à calculer » et précurseurs de l’informatique, à leur façon.
Alain Beauvieux
(1) http://www.slideshare.net/Diramar/the-beauty-of-mathemati... , la conclusion mystique du diaporama n’engage que son auteur.
(2) si ces curiosités mathématiques vous amusent, vous pouvez consulter http://villemin.gerard.free.fr/Wwwgvmm/Formes/PalRetar.htm
(3) http://intelligencecollective.blogspirit.com/archive/2009...
07:43 Ecrit par AMI Software dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turing, machine de turing, palindrome
14.09.2009
Gordon Brown présente des excuses posthumes au mathématicien Alan Turing
C'est sous ce titre que Le Monde relate la communication rédigée par le Premier ministre britannique et publiée aujourd'hui par le Daily Telegraph ("Gordon Brown: I'm proud to say sorry to a real war hero").
La démarche est assez inhabituelle pour qu'elle retienne l'attention. Et en particulier, qu'on s'interroge sur qui est Alan Turing.
Bien évidemment, pour tout informaticien il évoque les machines du même nom.
Une rapide visite sur Wikipédia, notamment en consultant l'entrée "ordinateur" vous permettra de lire ceci:
En 1936, la publication de l'article fondateur de la science informatique (en)On Computable Numbers with an Application to the Entscheidungsproblem par Alan Mathison Turing allait donner le coup d'envoi à la création de l'ordinateur programmable. Il y présente sa machine de Turing, le premier calculateur universel programmable, et invente les concepts de programmation et de programme.
Alain Turing a donc invité le modèle théorique des "computers" qui furent nommés "ordinateur", marquée déposée par IBM France en 1955, qui avait compris que ces machines étaient beaucoup plus que de simples calculettes, et qui la mettra dans le domaine public en 1965.
Alan Turing est aussi l'homme qui a permis de percer le secret des codes de l'armée allemande pendant la seconde guerre mondiale donnant ainsi un avantage décisif aux Alliés.
M. Gordon Brown a eu raison de rendre hommage à celui que l'on peut légitiment appeler le père de l'ordinateur, et qui a été injustement banni de la "bonne" société en 1950 pour pratiques sexuelles indécentes - il était homosexuel - et s'est suicidé en 1954.
Turing est un nom qui ne dépareille pas à coté de celui de Pascal ! Hommage lui soit rendu.
Alain Beauvieux
13:18 Ecrit par AMI Software dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turing, ordinateur













