14.09.2009

Gordon Brown présente des excuses posthumes au mathématicien Alan Turing

Turing.jpgC'est sous ce titre que Le Monde relate la communication rédigée par le Premier ministre britannique et publiée aujourd'hui par le Daily Telegraph ("Gordon Brown: I'm proud to say sorry to a real war hero").

La démarche est assez inhabituelle pour qu'elle retienne l'attention. Et en particulier, qu'on s'interroge sur qui est Alan Turing.

Bien évidemment, pour tout informaticien il évoque les machines du même nom.

Une rapide visite sur Wikipédia, notamment en consultant l'entrée "ordinateur" vous permettra de lire ceci:

En 1936, la publication de l'article fondateur de la science informatique (en)On Computable Numbers with an Application to the Entscheidungsproblem par Alan Mathison Turing allait donner le coup d'envoi à la création de l'ordinateur programmable. Il y présente sa machine de Turing, le premier calculateur universel programmable, et invente les concepts de programmation et de programme.

Alain Turing a donc invité le modèle théorique des "computers" qui furent nommés "ordinateur", marquée déposée par IBM France en 1955, qui avait compris que ces machines étaient beaucoup plus que de simples calculettes, et qui la mettra dans le domaine public en 1965.

Alan Turing est aussi l'homme qui a permis de percer le secret des codes de l'armée allemande pendant la seconde guerre mondiale donnant ainsi un avantage décisif aux Alliés.

M. Gordon Brown a eu raison de rendre hommage à celui que l'on peut légitiment appeler le père de l'ordinateur, et qui a été injustement banni de la "bonne" société en 1950 pour pratiques sexuelles indécentes - il était homosexuel - et s'est suicidé en 1954.

Turing est un nom qui ne dépareille pas à coté de celui de Pascal ! Hommage lui soit rendu.

Alain Beauvieux

 

13:18 Ecrit par AMI Software dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turing, ordinateur

04.06.2009

Question de « paradigm » ?

paradigm-shift-cartoon.gifEn français, ce terme désigne - par extension -  une « représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie » (1) qui est son sens premier en anglais.

C’était aussi le titre d’un film projeté en octobre 1994 à tous les cadres d’IBM Corporation. Fabuleuse opération de communication interne menée de main de maître par le PDG nouvellement nommé, M. Lou Gerstner: tous les chefs de service et directeurs des filiales, des laboratoires et des agences d’IBM en Europe et en Amérique avaient été convoqués le même jour à la même heure dans des centaines de salles réquisitionnées à cet effet.

Par un système de télévision interne par satellite, après une très courte introduction de M. Gertsner, l’assistance un peu médusée (il y avait de fait plusieurs dizaines de milliers de personnes réunies des deux cotés de l’Atlantique), a regardé, pendant une dizaine de minutes un documentaire bien fait sur … l’histoire de l’horlogerie suisse ! La dernière minute concluait simplement par “pendant ce temps là, au Japon, M. Seikosha inventa la montre à quartz” (2).

Et le PDG d’expliquer que si l’entreprise n’était pas capable de changer très vite de paradigmes de pensée, elle allait disparaitre. Un fabuleux électro choc.  Il est vrai qu’en 93-94 beaucoup d’analystes prédisaient à IBM le sort actuel de General Motors. Et il était fréquent d’entendre les cadres de la société, qui en avaient souvent fait la fortune, expliquer qu’en dehors des « grands systèmes et ordinateurs centraux », point de salut.

La suite est connue: IBM est devenu depuis la première société de service à l’échelle mondiale (à l’époque cette activité était marginale) et elle se proposait récemment de racheter SUN qui, il y a 15 ans, était considéré comme le constructeur d’avenir. La faillite n’est vraiment plus d’actualité !

Pourquoi rappeler cette histoire? Parce que le débat sur la loi Hadopi me l‘a rappelée. Loin de moi l’idée qu’il faille encourager le piratage et le vol de créations intellectuelles. Cette position serait masochiste venant de la part d’un éditeur de logiciels. Simplement, je me demande si on n’est pas en train de se tromper de « paragdim » pour reprendre le titre du film précédent.

Le marché du disque s’est développé parce que cette rupture technologique (graver un son sur un support) l’avait permis. Il a été construit avec sa logique économique: peu de “modèles” sont produits mais ils sont vendus à grande échelle. Les vedettes (« modèles ») et autres stars en sont nées pour des raisons de rentabilité évidentes. La technologie du disque est obsolète et le débat sur la performance du numérique (pour le son comme pour l’image) est définitivement clos.

La vraie question à se poser est sans doute d’inventer un nouveau modèle économique que des entrepreneurs ambitieux ne vont pas manquer de trouver qui ne reposent pas sur le paradigme “quelques modèles fabriqués et diffusés en très grand nombre” mais plutôt “un très grand nombre de modèles diffusés souvent à peu d’exemplaires” ce que permet de faire Internet, les coûts de fabrication et de diffusion étant quasi-nuls. Et laisse la place pour la commercialisation d’autres services que la simple fourniture d’un disque même virtuel.

Je ne prétends pas avoir la solution (où sinon je l’implémenterais !) mais ce qui est certain c’est que “marchand de disques” est promis au même avenir que “marchand de pellicule photo”. Question de « paragdim » !  Avec ou sans loi Hadopi.

Alain Beauvieux

(1)    http://fr.wiktionary.org/wiki/paradigme
(2)    une rapide recherche sur le Net montre que la paternité de l’invention d’une montre à quartz est revendiquée par de nombreuses personnes, notamment Marius Lavet (Fr), Warren Morisson (USA)… il suffit de taper « invention montre à quartz » sur Google pour s’en convaincre.

23:20 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

25.02.2009

Barack Obama et les Déconsommateurs

obama.jpgQue pensent les "Déconsommateurs" de Barack Obama ?

Par "Déconsommateurs", nous entendons ici les blogueurs sensibles aux idées de "consommer moins pour consommer mieux", "simplicité volontaire" et/ou "développement durable", etc. que nous avons panélisés dans le cadre notre recherche en partenariat avec l’Union des Annonceurs.

Donc, que pensent les "Déconsommateurs" de Barack Obama ?

Bien des choses : près de 300 documents publiés du 1 décembre au 6 février, avec un pic à une petite vingtaine lors de son investiture … plutôt conséquent pour un panel de 200 blogueurs.

Il y a bien sûr les gros contributeurs, avec 30 posts, comme enjeux.org ou auterive.parti-socialiste.fr ; et les petits. Mais la grande majorité des blogueurs aura publié au moins deux papiers, preuve que le sujet passionne.

Et au final, un membre du panel sur quatre se sera exprimé.

Des politiques, comme auterive.parti-socialiste.fr donc, soit pour tacler le Président de la République Française : "Nicolas Sarkozy, le drame de la jalousie" ; soit pour évoquer le "désir de venir à Washington de Ségolène Royal" ; soit encore pour s’enthousiasmer des premières mesures du Président Américain : "Obama plafonne les salaires des patrons aidés".

Des économiques, comme enjeux.org, pour s’interroger sur les "responsabilités [du] futur CTO d'Obama ?", mais aussi sur la façon dont la nouvelle équipe va traiter … notre Roquefort et revenir ou non sur "la décision américaine de tripler les droits de douane sur le roquefort".

Des écologistes, comme mneaquitaine.wordpress.com, pour rappeler que le Président Américain "s’est inspiré du programme Repower America élaboré par Al Gore qui prévoit de mettre en place en 10 ans un modèle énergétique rendant les Etats Unis indépendants du pétrole" … … et tacler également au passage le gouvernement français :

"Je le voyais donc arriver gros comme le nez au milieu de la figure, le couplet sur le fait que la relance serait environnementale ou ne serait pas (en plus y avait qu’à copier Obama, même pas la peine que les conseillers de notre présent se creusent la caboche), puisqu’il n’y aura pas plus d’activités économiques sans ressources naturelles que de beurre sans lait. Et bien j’en aurai été pour mes frais : rien ! nada ! nib ! peau-de-balle ! bernique !"

Et puis, il y a les sceptiques purs et durs, comme diablogtime.free.fr, qui titre en gras : "Pourquoi Obama ne peut que décevoir", évoquant même "le pseudo gouvernement démocrate d’Obama".

Bref, bien des discours différents, où le plus souvent le nouveau Président Américain apparaît porteur d’espoir – quand il n’est pas cité en modèle absolu … ne serait-ce que pour mieux révéler nos propres problèmes franco français, en regard !

Alors passons tout cela au tamis linguistique pour voir ce qui, par delà enthousiasme et divergences, pourrait constituer le dénominateur commun à nos 50 blogueurs déconsommateurs quand ils évoquent Barack Obama et plus particulièrement son investiture, et la période qui la précède immédiatement.

Précision importante : cette analyse reflète moins – au pas seulement – la manière dont ces blogueurs français voient le nouveau Président américain … que leurs préoccupations personnelles, actuelles … et parfois très françaises !

D’où un magnifique nuage de tags avec le … changement climatique au cœur des débats, pas loin devant bien évidemment la crise financière et la crise économique !

Surtout le changement climatique présente une plus forte centralité que les deux crises : il constitue une des préoccupations majeures de nos blogueurs, qui l’inscrivent au cœur même de leurs posts.

Avant l’investiture, la thématique s’inscrit dans le champ des promesses : "En l’absence de la nouvelle administration américaine qui n’entrera en fonction que le 20 janvier 2009 et après les années décevantes de l’administration Bush dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique, il y avait une place à prendre à la conférence des Nations Unies sur le climat à Poznan et l’ancien vice-président Al Gore, était tout désigné pour s’exprimer, même sans mandat, au nom des Etat Unis.

"Al Gore a repris à son compte, en faveur de la planète, le slogan de Barack Obama, "Yes we can" avec l’autorité que lui confère son prix Nobel de la Paix reçu en 2007 avec le GIEC, après la diffusion de son film "Une vérité qui dérange", note Bas les masques.

Avant l’investiture, nous pénétrons dans le champ des promesses tenues : évoquant des "actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey […] : construction de véhicules hybrides, meilleure isolation des bâtiments, contrôles de la performance énergétique des équipements industriels", etc. mneaquitaine souligne : "Le nouveau président des Etats-Unis, Barack Obama, a déjà annoncé plusieurs mesures allant dans cette direction. Il va notamment autoriser les Etats à fixer des quotas d’émission plus stricts pour les véhicules".

Le changement climatique apparaît donc comme la thématique présentant la liaison sémantique la plus forte avec Barack Obama ; et c’est le Protocole de Kyoto qui présente la plus forte liaison sémantique avec le changement climatique : or avant …

"Tout était simple au fond. L'ancien président américain était durablement désastreux : guerres, refus du protocole de Kyoto …", rappelle Maurice Darmon.

Deux remarques en guise de conclusion.

Tout d’abord, pour nos blogueurs, le succès d’Obama repose sur des promesses fortes (avant son investiture) et tenues (dès son investiture), notamment en matière d’environnement : nul étonnement à s’apercevoir que nouvelle ère s’inscrive dans le cercle étroit des concepts les plus liés à Barack Obama, au même niveau que système financier ou banques centrales.

Ensuite, je ne peux m’empêcher de faire le lien avec ce sondage récemment réalisé par LH2, indiquant que "81% des Français se déclarent autant voire plus inquiets par les risques liés à la dégradation de l’environnement que par les risques liés à la crise financière" : notre panel reflète bien les préoccupations profondes de nos concitoyens.

13:40 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

08.02.2009

FaceBooke se lance dans les études ?

Image 1.pngLa newletters "ebusiness.info" se fait l'écho d'un article publié dans "The Guardian", indiquant que  "Facebook va monétiser les données de ses membres: "Facebook a l'intention d'exploiter les données postées par ses membres en proposant par exemple à des entreprises de réaliser des sondages au sein d'une population donnée. Décidément, les intérêts de Facebook ont du mal à s'accorder avec ceux de ses membres : cette annonce risque d'en faire tiquer plus d'un." (Source : The Guardian -1er février 2009)

D'un simple d'annuaire d'étudiants, Facebook a pris une position de plus plus centrale dans la vie privée de certains internautes.

Le journal Le Monde publiait un article dans son numéro du 5 février 09 "Avec le développement des réseaux sociaux, la vie privée s'expose à la surveillance"

où Isabelle Mandraud indiquait "Les internautes dévoilent de plus en plus leur vie privée sur la Toile, et parfois celle de leurs amis. Les moteurs de recherche (Yahoo!, Google, MSN Search...) et, plus récemment, les réseaux sociaux tels que Facebook et MySpace drainent des millions de données. On y trouve de tout : photos, CV, récits de fête, confidences, adresses, numéros de portable..."

Pas si estudiant que cela !

Alain Beauvieux

11:57 Ecrit par AMI Software dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : facebook

05.11.2008

Ressources (pas très) Humaines

pouvachhp3.JPGA en croire le Journal du Net, les Ressources Humaines en entreprises ne "répondent pas aux attentes des salariés" : 88% de ces derniers les considèrent incapables de dispenser des conseils de qualité et réellement les accompagner dans la gestion de leur carrière.

Dès lors, près d'un sur trois (un sur deux pour les plus de 50 ans) ne les sollicitent jamais. Et selon l'âge, c'est de 30 à 50% des salariés qui se plaignent de ne recevoir que des réponses stéréotypées à leurs attentes ; à cela s'ajoutent 40% que l'on renvoie chercher la réponse ... par soi même !

Heureusement pour eux, il y a Internet : les sites prodiguant conseils - mais aussi offres d'emplois - foisonnent ; et manque de chance pour les DRH, les salariés qui ont pris goût à la toile ... y restent.

Et ils s'épanchent : sur les blogs, sur les forums, sur les sites médias ...

"Je travaille dans l’un des Mac Do qui fait grève actuellement a Marseille et je peux vous dire que ce n’est pas une sinécure. Je bosse à temps plein pour un salaire de tout juste 1000 euros par mois. On travaille en 24/24 tout les jours de l'année, dimanche et jours feriés compris", commente ainsi ce salarié.

Heureusement, Web 2.0 peut être source de solidarité et de réconfort : "PLUS JAMAIS J'IRAI MANGER AU MCDO PUISQUE C'EST COMME CA C'EST INADMISSIBLE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!" s'indigne Petite Fleur.

Petit à petit, le discours salarial sur le Web 2.0 s'organise : et la direction de l'usine Thermo Fisher de Château Gontier de découvrir un jour Le Blog des salariés de Thermo Fisher, révoltés contre la fermeture programmée de leur usine. Quand la communication interne flanche, la communication spontanée explose !

Le problème, c'est que la mécontentement éclate au vu et au su des clients ... quand ces derniers ne sympathisent pas avec le personnel : de même que le marketing s'adapte aujourd'hui à l'écoute des consommateurs, les ressources humaines devraient se montrer plus sensibles à l'expression spontanée des salariées dans, mais aussi hors de l'entreprise.

Pas pour sévir, bien évidemment : juste pour comprendre !

07:47 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

14.10.2008

Créer un panel de blogs

estomac.jpgRécemment, je concluais mon papier sur la "Déconsommation" en posant les jalons de nouveaux travaux : « Nous allons identifier d’autres blogueurs de pareil sensibilité et constituer un panel dont nous pourrons régulièrement écouter les conversations ».

Deux voies s’ouvraient à moi, chacune présupposant une organisation relationnelle particulière de la blogosphère.

La plus simple repose sur une organisation de la toile … en toile d’araignée : quoi de plus logique ? D’autant que nous avons tous en têtes quelques exemples quasi mythiques comme le fameux réseau Désirs d’avenir, destiné à non seulement soutenir la candidature de Ségolène Royale à la dernière élection présidentielle mais également permettre l’émergence de sa plateforme électorale.

Plus de 1000 blogs, tous pointant vers un vaisseau amiral – celui de Ségolène Royal évidemment – et tout un ensemble de liens croisés solidifiant la structure.

Le problème étant que ce réseau constitue plus l’exception que la règle : exception parce que fondé sur un événement extrêmement mobilisateur ; exception parce que doublé d’une structure hors Web fortement structurée et structurante : les militants ne restaient pas confortablement installés devant leur ordinateur, ils descendaient distribuer les traditionnels tracts sur les habituels marchés.

Ce qui explique d’ailleurs que Désirs d’avenir existent toujours "formellement" – la structure existe toujours – mais fonctionne totalement à vide … et encore, c’est un euphémisme : en fait, au lieu de rédiger des papiers originaux, le plus souvent les militants se contente de copier / coller la presse parisienne (Libération, Le Monde, Le Nouvel Obs, etc.) pour susciter des commentaires … qui ne viennent jamais.

Dans le cas de la problématique qui était la mienne – identifier les membres d’une communauté de blogueurs partageant certaines valeurs –, suivre les liens (et notamment ceux des blog rolls) ne suffit pas :

  • Parce que les blogueurs les plus militants préfèrent ajouter des liens plus "utiles", c’est-à-dire des liens pointant vers des sites de ressources écologistes … ce qui nous sort immédiatement du champ de la blogosphère.
  • Parce que surtout, les blogueurs "sympathisants" s’inscrivent au sein de communautés dont les membres ne sont pas, quant à eux, nécessairement "sympathisants" comme eux.

Prenons l’exemple de Mam’zelle Poupée qui publie de temps en temps un « petit billet écolo » : elle aime bien tout ce qui touche à la mode et sa blog roll pointe essentiellement vers des blogs parlant "mode" … et dont les rédacteurs ne parlent jamais écologie, voire demeurent insensibles à ces problématiques. Le voie des liens et des blog rolls m’a permis d’identifier une petite vingtaine de bons candidats au terme d’un très long travail de screening.

La seconde voie consiste à "recruter" les blogueurs au travers de valeurs : voie plus ingrate, car elle ne s’automatise pas complètement – même si heureusement AMI OT simplifie prodigieusement la tâche – qui nécessite de valider individuellement chaque blog.

Je suis reparti de 5 expressions caractérisant les deux tiers des documents analysés lors de la précédente étape : "Simplicité volontaire, Consommer mieux, Pouvoir d’achat, Développement durable, Réchauffement climatique, Matières premières".

Parmi ces expressions, deux étaient apparues plus "centrales" : "Simplicité volontaire" et "Consommer mieux". Plus "centrales", cela signifie qu’elles constituent le plus souvent la thématique essentielle des posts analysés – heureusement AMI OT calcule automatiquement cette centralité !

Et je me suis lancé en quête de papiers évoquant nécessairement la "Simplicité volontaire" plus une des quatre autres expressions ; et même travail ensuite pour "Consommer mieux" plus une des quatre autres expressions également.

Bien évidemment, certains blogs – plutôt militants – sont apparus dans chacune de mes requêtes ; et d’autres non. Quoi qu’il en soit, mon panel s’est enrichi d’une bonne centaine de nouvelles URL.

Quelques blogs présentent des liens croisés … mais en fait très peu ; quelques blogs – plutôt militants à nouveau – pointent vers les mêmes sites de ressources écologistes … mais le phénomène demeure cependant marginal.

En résumé, la première approche me semble convenir à des communautés ayant une existence forte hors du Web ; la seconde intègre mieux la dynamique Web 2.0 où les discussions fondent des communautés "sémantiques".

Si, comme le disaient les rédacteurs du Cluetrain Manifesto, « les marchés sont des conversations », l’identification des communautés ne peuvent venir que de leurs conversations. C’est à dire que de l’analyse d’une production sémantique … et non de quelques hyperliens : il faut arrêter de se laisser éblouir par la technique pour se laisser porter par les discussions.

La seconde étape de ce projet sur la Déconsommation s’achève : s’ouvre maintenant celle où nous allons pourvoir écouter ce que nos "panélistes" racontent, comment ils commentent par exemple l’actualité financière …

08:12 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

08.10.2008

La Bourse trahit les entreprises.

images.jpgIl ne s'agit pas du titre du dernier brûlot anticapitaliste mais de celui d'un article très sérieux publié le ... 21 août 2007 par Le Monde, article signé par Jean-Bernard Schmidt. Qui est Jean-Bernard Schmidt? A cette date, le Président du plus important fonds d'investissements français en capital-risque, Sofinnova Partners. Pourquoi un tel titre? Parce que JB Schmidt constatait, chiffres à l'appui, que les entreprises reversaient plus de dividendes qu'elles ne levaient de capitaux et que la Bourse appauvrissaient les entreprises au lieu de les aider à se développer. Reconnaissons à JB Schmidt un certain talent de visionnaire qui, malheureusement, n'était pas à la hauteur du drame à venir.

Le "buzz de la semaine : c’est la crise" publié le 6 octobre sur ce blog montre, par le nombre très important de billets publiés, la préoccupation des bloggeurs à ce sujet. Ils ont clairement en commun une aspiration à comprendre. Et il est vrai que ce qui se passe actuellement laisse dubitatif.

Une rapide enquête sur la blogosphère sur le thème "bourse et morale" le confirme. A coté des habituels "libertaires", de nombreux bloggeurs cherchent à comprendre comment on a pu en arriver là. Comment le mot "casino" est associé au mot "bourse" par les deux candidats à l'élection américaine. Comment la cotation d’une entreprise peut gagner 9% un jour et reperdre 8% le lendemain alors qu'à l'évidence la réalité économique de l'entreprise n'a pas changé (sauf dans le cas extrêmement rare de malversations).

Les journalistes parlent de plus en plus souvent d'économie virtuelle lorsqu’ils décrivent le système financier actuel. Il est vrai que l'expression "jeu vidéo" avait été employée par de nombreux bloggeurs lors de "l'affaire Kerviel" et de la Société générale début 2008. Un peu comme si ces financiers étaient des adolescents confondant leur terminal informatique avec une console de jeux.

Dans le cas présent, ces « ados » sont plutôt des escrocs : les subprimes sont une formidable arnaque consistant à prêter de l'argent à des gens qui, au moindre problème, n’ont plus eu les moyens de rembourser et en le sachant pertinemment. Puis à dissimuler ces créances douteuses dans des produits financiers complexes, sans aucun rapport avec une réalité économique.

Le drame est que ces "alchimistes des temps modernes" mettent à mal des milliers d'entreprises et par la même l’épargne de millions de gens qui n'ont pas démérité et qui ont fait confiance à la Bourse. Alors que ces « alchimistes » se sont eux-mêmes enrichis de façon outrancière.

On conçoit mieux l’envie de comprendre de ces millions de gens, telle qu’elle transparaît aujourd’hui à travers la blogosphère. Demain ? Le vieux débat entre « capitalisme rhénan » et « capitalisme anglo-saxon » risque de s’ouvrir à nouveau. Le sujet « bourse et morale » sera sans doute très intéressant à suivre sur la blogosphère.

Alain Beauvieux pour Intelligence collective

08:41 Ecrit par AMI Software dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise boursière, sub-primes

24.09.2008

Facebook et L'erreur de Descartes

6e27e912a0fb93c12d70784738b7f1ce.jpgIl y a quelque temps, Moovement, le site de recherche d’offres d’emploi "2.0" créé par Richard Menneveux et Jacques Froissant, a publié une étude sur "les internautes, les réseaux sociaux, leurs usages".

78% des internautes interrogés utilisent les réseaux sociaux pour développer leur visibilité en ligne et 53% pour rechercher une opportunité d’emploi ou de stage ... logique, les interviewés ayant été très certainement été recrutés à partir du site d'offres d'emplois.

Ce qui est intéressant, c'est que si les interviewés plébiscitent Viadeo et Linked In dans le cas précis d'une recherche de stage ou d'emploi, de même que pour prospecter de nouveaux clients, la côte d'amour de Facebook se révèle deux fois plus importante que celle de ses deux principaux concurrents.

Quelles conclusions en tirer ? 

Viadeo et Linked In constituent certainement d'excellents outils de travail ... mais ne sont que des outils de travail : on y publie son CV, on y cherche des partenaires, on y fait du business.

Facebook apparaît comme un vrai réseau sociétal, plus que social : on y échange moins pour le travail - même si de plus en plus de gens utilisent les groupes pour inviter leurs relations à des manifestations professionnelles - mais on y apparaît plus "humain", avec ses petits défauts - ceux que l'on veut bien dévoiler pour apparaître plus humain.

La différence entre  Viadeo et Linked In d'une part, et Facebookde l'autre, c'est celle qui existent entre un séminaire professionnel - oùl'on échange ses cartes de visite entre deux sessions - et une soirée professionnelle - où l'on discute un verre à la main, découvre que ses interlocuteurs habituels partagent certaines de vos passions, etc.

Ces soirées - en apparence plus futiles - se révèlent en réalité plus riches à terme : s'y créent des liens qui rendent "le business" plus agréable parce que plus humain, de petites complicités.

Bien trop souvent, l'erreur des business men, c'est avant tout celle de ... Descartes : je renvoie bien évidemment ici au livre d'Antonio Damasio : L'erreur de Descartes. L'auteur, spécialiste des sciences cognitives, y démontre avec brio que vouloir séparer raison et sentiments conduit nécessairement à une impasse : la pensée rationnelle classique - je me coupe de toutes sensations pour "raisonner plus juste" - est un contresens, car les individus incapables de sentiments le sont tout autant de raisonnement.

Penser qu'il est des réseaux sociaux sérieux - dédiés aux affaires au sens large : échanges commerciaux, recherche de partenariat, offres d'emplois, etc. - et des réseaux futiles - pour le fun, sans plus - amène certainement à se priver de réaliser les meilleures rencontres ... et certainement de très bonnes affaires !

Non pas qu'on ne puisse en faire sur les réseaux spécialisés : mais ne faisant appel qu'à une partie du cerveau - donc de l'individu - elle ne conduiront jamais là où un contact initié dans un cocktail ou sur Facebook mènerait.

Il n'y a pas le monde du travail d'un côté, et celui des loisirs de l'autre : juste la vraie vie - et c'est là, la magie du Web 2.0, de la réconcilier avec elle-même.

08:30 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

10.09.2008

Déconsommation

f5a2ef8d3f2ff0440e5951899805e43e.jpgLa déconsommation n’existe pas : « Aucun texte d’article ne correspond à la recherche », nous assure Wikipédia ; et si Wikipédia le dit ….

6 papiers en tout et pour tout sur les blogs français : la déconsommation est une affaire de (très rares) spécialistes, souvent d’origine journalistique ; pareil sur le Web "non 2.0", le marketing apparaissant rapidement au cœur du débat, convoqué par Bernard Cova, attaqué par les anti-pub !

S’il s’agit d’une affaire de spécialistes, qu’en pensent les … non spécialistes ? Notre investigation s’est donc portée vers la long tail, vers les blogs de faible autorité.

Eux ne parlent pas de déconsommation, mais plus simplement de consommer moins. Et pour eux, consommer moins rime fortement avec consommer mieux : l’expression apparaît de manière extrêmement récurrente.

Consommer moins pour consommer mieux donc : trois grandes thématiques s’imposent au sein de la blogosphère. Par ordre d’importance : la consommation durable, le pouvoir d’achat et la santé alimentaire.

Dans l’univers de la santé, on consommera moins (de graisses, de sel, de sucre, etc.) pour vivre mieux : reviennent sans cesse des expressions comme hypertension artérielle, acides gras, maladies cardiaques, rien de très réjouissant, hélas !

Quand le pouvoir d’achat s’invite dans la problématique, c’est bien évidemment comme une contrainte … et c’est le gouvernement qui s’inscrit au cœur des débats, attaqué par les uns, soutenu par quelques (rares également) autres. Si c’est évidemment la flambée des coûts des carburants qui agite les esprits, les modalités restent dans le champ du yaka / faut qu'on : et comme les conseilleurs ne sont pas vraiment les payeurs …

Dernière thématique, la consommation durable, mobilise les deux tiers des blogs. 7 expressions caractérisent la moitié des documents ; par ordre décroissant d’importance :

  • Le développement durable, auquel s’oppose la décroissance : pour les plus radicaux, le développement au sein d’une planète finie ne saurait … durer indéfiniment !
  • Le réchauffement climatique, s’impose quant à lui comme un triste constat, tout comme la flambée des prix des matières premières et le pouvoir d’achat en berne.
  • Les transports en commun s’invitent dans le débat comme une réponse aux éléments précédents,
  • L’expression simplicité volontaire sous-tend une rhétorique militante, tandis que le simple désir de consommer mieux, apparaît comme son pendant non militant.

A lire les blogs où ces 7 expressions reviennent très régulièrement, on découvre une micro communauté de blogueurs "responsables". De ce que l’on pourrait appeler des "militants de l’ombre" : des Français "écologiquement responsables", et qui mettent assez quotidiennement en pratique leurs idées :

« J'ai juste envie de parler de mes deux passions : la mode et l'écologie afin de montrer que ça n'est pas inconciliable », déclare Citoyenne modèle.

« Petit billet écolo aujourd'hui ! Je trouve que je n'en parle pas beaucoup ici pourtant je suis très à cheval sur certains principes », annonce Mam’zelle Poupée.

Prochaine étape : nous allons identifier d’autres blogueurs de pareil sensibilité et constituer un panel dont nous pourrons régulièrement écouter les conversations.

Pas seulement pour comprendre ce que peut être en France une sensibilité écologique et responsable ; mais surtout pour découvrir comme ces gens vivent et mettent en œuvre au quotidien leurs idées.

A suivre donc …

Cette étude a été réalisée en partenariat avec l'Union des Annonceurs.

16:32 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

20.08.2008

La défection grandissante des Américains pour les médias

f5a35fbc43e2ee22db06887a64c94ab5.jpgDésintérêt grandissant pour les médias et progression constante d'Internet : tel est le paysage de l'information aux Etats Unis aujourd'hui, selon une récente étude du Pew Research Center for the People & the Press rapportée par Radio Canada.

Ainsi la proportion des Américains qui ne consultent plus les médias pour s'informer est passée en 10 ans de 14 % à 19 % de la population. Le phénomène touche prioritairement les plus de 65 ans, suivis des 30-34 ans et des 18-24 ans.

Le Pew Research Center désigne sous la vocable de Désengagés ces individus qui ne ressentent pas un grand besoin de s'informer. L'étude identifie trois autres populations :

  • Les Traditionalistes (46%) plus âgés, moins éduqués et moins riches, qui s'informent principalement en regardant la télévision, que ce soit le matin, pendant le jour, en soirée ou pendant la nuit.
  • Les Utilisateurs du Net (13%) plus masculins, bien éduqués et riches, dont l'âge médian est de 35 ans : ils lisent plus régulièrement les blogs politiques qu'ils ne regardent les chaînes spécialisées en nouvelles. 82 % d'entre eux consultent les nouvelles sur le web pendant le jour.
  • Les Intégrateurs (23%) se recrutent chez les gens d'âge mûr, bien éduqués et riches : leur principale source d'information est la télévision, mais ils consultent aussi les nouvelles en ligne.

Internet continue sa progression : en 2 ans, la proportion des Américains consultant au moins trois fois par semaine les nouvelles en ligne est passée de 31 % à 37 %.

14:48 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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