27.06.2008
Intelligence collective ... étudiante
Vous connaissez Doc étudiant ?
Non ? Soit vous n'êtes plus dans la cible, soit surtout vous n'êtes pas ... enseignant !
Car Doc étudiant, c'est un peu la terreur noire des professeurs, grandes écoles et universités confondus ... enfin une bonne majorité : pourquoi ?
Parce que Doc étudiant, qui se présente comme "la nouvelle bibliothèque collaborative des étudiants" - pas moins -, propose à ces derniers "un espace d’échange de qualité totalement gratuit".
Concrètement, késako ?
C'est simple : anciens et nouveaux étudiants constituent une gigantesque base de données regroupant rapports de stage, mémoire, thèses, etc. Exclusivement des documents conçus pour et par des étudiants, et d'accès totalement gratuit.
"Un système basé uniquement sur la libre entraide entre étudiants", précise encore le communiqué de presse ... l'intelligence collective de et pour les étudiants : il va falloir que les enseignants se torturent les méninges pour exiger d'eux, autre chose que des compilations.
"Les marchés sont des conversations" disaient les rédacteurs du Cluetrain Manifesto, entendant pas là que désormais les consommateurs parlent entre eux des marques sans trop se soucier de ces dernières : les écoles sont des conversations, leur répondent en écho ceux de Doc étudiant.
Bref, les étudiants parlent aux étudiants, dans le dos de leurs professeurs : tout un enseignement à réinventer.
17:00 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
17.06.2008
Portables : c'est parti !
Deux informations contradictoires, rien de tel pour lancer des rumeur.
La première, sous forme d'un appel lancé cette semaine par dix-neuf scientifiques, réunis autour de David Servan-Schreiber et consultable sur le site de ce dernier, Guérir : même si "les études épidémiologiques existantes sont insuffisantes pour conclure de façon définitive que l’utilisation des téléphones portables est associée à un risque accru de tumeurs et autres problèmes de santé", mieux vaut prévenir que guérir ! Et suit la liste des 10 précautions à prendre, au cas où ... juste de quoi lancer une bonne petite rumeur.
Pour m'amplifier, la rumeur, rien ne vaut mieux que la contredire bien franchement : ce qu'a fait ce mardi l’Académie de médecine, en soulignant que "les risques potentiels des téléphones portables ont fait l’objet de très nombreuses études [qui n'apportent que] peu d’informations", comme le rapporte Libération.
Maintenant, il n'y a plus qu'à écouter la blogosphère : ça va bruisser de partout.
C'est même déjà parti : "Un cancer portable", titre le Blog de Camille ; "Des scientifiques mettent en garde contre les dangers du portable", répond Entraide Cancer en Finistère.
Bien sûr, pour que la rumeur s'épanouisse, il faut que la contre rumeur s'amplifie également : "Aujourd'hui le même processus se reproduit avec les téléphones portables. Ça et là on signale des cas de tumeurs au cerveau qui seraient liés à un usage excessif du portable, surtout chez des jeunes [...] On s'empresse de nier qu'un lien de cause à effet ait été établi ... Donc continuons !", souligne Energie éolienne et Environnement.
Que va devenir la rumeur ? Trop tôt pour le savoir ; mais nul doute que si les scientifiques continuent de se contredire, elle va se développer à belle vitesse.
Affaire à suivre, sur la toile.
21:34 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.03.2008
Un bien triste buzz
Ça avait commencé comme un plaisanterie de potache, dans le cadre de la sempiternelle guéguerre entre Nancéens et Messins pour l’hégémonie en Lorraine. Fin Janvier, Chroniques numériques d'en Metz notait : « Place Stanislas : la plus belle place du monde prétendent les seuls nancéens ! ».
Criticus publie un mois plus tard une photo de la Place Stanislas sous la pluie en titrant : « La plus belle place du monde », avec ce commentaire : « Plutôt prétentieux, non ? ». S’en suivent quelques échanges où un dénommé Chafouin note : « Allez, te voilà l'instigateur d'un concours géant, Roman ! ».
Dès le lendemain 22 février, ÇaRéagit saisit la balle au bond : « Puisque les blogs sont aussi de formidables outils pour s'amuser, voici les deux concours du moment. Le premier lancé par Criticus suivi par quelques kiwisiens dont le but et d'élire la plus belle place du monde … ».
Puis Expression Libre : « Criticus a lancé l'idée. Le Chafouin l'a reprise. Il s'agit de dire ce qui à nos yeux est la plus belle place du monde. J'aime ça. Criticus a choisi la Place Stanislas, à Nancy. Et le Chafouin la Grand Place d'Arras. Sans hésiter, j'ai tout de suite pensé à la Place de la Concorde à Paris ».
Sauf que le même jour, la Place de la Concorde va bien plus tristement s’imposer au sein de la blogosphère : « La rue a encore tué. Au bout d'une nuit glacée, les services de la Ville de Paris ont retrouvé ce matin un cadavre sur la plus belle place du monde. Mort symbolique ! », comme le souligne le blog militant SDF Alsace.
Le buzz tourne court : un post isolé le lendemain, un autre deux jours plus tard.
Ce papier, quant à lui, souhaite juste rendre un dernier hommage au malheureux inconnu décédé ce 22 février, sur "la plus belle place du monde".
20:20 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
29.02.2008
L’affaire Société Générale
15:40 Ecrit par Jean-François Levionnois dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Société Générale, Kerviel, Communication
25.02.2008
La Société Générale en parodies sur You Tube
La Société générale vue par le citoyen
"La métaphore du coup de pouce"
Le doigt est pointé sur le petit coup de pouce qui selon la publicité originelle, peut aider chaque client dans ses projets mais suggestion est faite ici qu'il pourrait également aider la banque via un de ses représentant, à gagner de l'argent, sur "le dos" du client !
"Les pigeons"
Deux vidéos originales et créatives pour exprimer l'idée d'une part que le spectateur de la scène "Société Générale" n'est pas particulièrement ému par le "drame" que vit le groupe financier mais qu'il a également le sentiment d'être manipulé par les détenteurs de sa propre bourse...
La Société Générale vue par les professionnels du rire
Des sites commerciaux, sites de parodies-vidéos, de journalisme humoristique ou professionnels de l'humour (One Man Show) ont publié des créations vidéos sur You Tube, sorte de marketing viral qui conduit à leur propre site en ligne...
"Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres"
Jérôme Kerviel est remercié et encouragé, tandis que Daniel Bouton est présenté comme "bouc émissaire"
"Sécurité générale" : la voix d'un trader en train de saisir des chiffres en direct sur son ordinateur mais les chiffres s'emballent tous seuls...
"Besoin d'un coup de pouce pour financer vos vacances de ski ? Pensez Société Générale" : un homme ski en slip, il est interrogé par une passante. Cet homme est Mister Sergio un humoriste professionnel du One Man Show.
Une chanson autour d'un histoire d'un bouton d'acné à percer. Un site qui communique sur le ton décalé de son produit.
Et Daniel Bouton, vu par le citoyen
Analyse quantitative : 26 parodies (dont la moitié de professionnels) recueillies aux alentours du 8 février qui représentent 221 912 vues. Dix de ces parodies parlent de Jérôme Kerviel, les 16 autres, de la Société Générale. Les vidéos qui obtiennent le plus de vues sont globalement celles issues de sites professionnels ainsi que celles des deux "doublages" de la publicité "coup de pouce" de la Société Générale.
11:30 Ecrit par Isabelle Bouttier dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.01.2008
Société Générale : le début d’une longue histoire !
Rapide coup de sonde au sein de la blogosphère – à chaud – vendredi 25 janvier en milieu d’après-midi, soit un petit peu plus de 24 heures après l’annonce d’une perte abyssale de 4,9 milliards d’euros par la Société Générale, liée à la fraude de son trader Jérôme Kerviel. L’analyse porte sur les seuls documents postés le jour même soit malgré tout … une bonne centaine de posts ! Comme quoi l’affaire fait également couler de l’encre électronique dans le "petit" monde des blogs.
De nombreuses discussions pour ne rien dire … ou presque !
Ne rien dire, parce qu’il n’y a rien à dire de plus que ce que disent depuis la veille, radios, télévisions et autres journaux – on line et off line : Jérôme Kerviel, un petit trader méconnu de la Société Générale, a occasionné 4,9 milliards d’euros de pertes à la banque, auxquels s’ajoutent 2 milliards complémentaires liés aux "subprimes"américaines.
Pourquoi une telle logorrhée alors ? Parce que le chiffre dépasse toutes les imaginations … et qu’on a franchement du mal à comprendre qu’une institution a priori sérieuse comme la Société Générale ait pu s’y laisser prendre !
A partir de là, le schéma narratif apparaît le même dans tous les blogs : Stupeur > Incompréhension > Questions > Soupçons > Accusations. Evidemment, l’arrivée du personnage surprenant de Jérôme Kerviel relancera l’intrigue à point nommé.
Tout cela sur deux registres d’expression : Sérieux versus Ironie.
Politikart illustre parfaitement le premier registre : Politikart, c’est le blog personnel d’une journaliste de presse hebdomadaire régionale. Une sorte de mini Rue89 ; ce que l’on pourrait également appeler un blog d’opinion ! Prolifique, la blogueuse réussira même à publier quatre papiers consécutifs en l’espace d’une demi journée !
Mais pour elle, la saga aura commencé dès la veille par un : "Fraude colossale à la Société Générale" assez neutre, rapidement suivi d’un : "Société Générale : doutes sur une fraude isolée" puis d’un "Qui est Jérôme Kerviel, le fraudeur de Société Générale ?" : découverte, puis incrédulité – et tout de suite les questions.
D’ailleurs, dès qu’un blogueur rédige plus d’un papier sur le sujet, les titres se ponctuent de points d’interrogation : "Société Générale : et si ce n'était pas une fraude ?" … jusqu’à se faire pressants : "La Société Générale en faillite ?"
Stupeur, incompréhension, questions, soupçons, accusations … mais jamais de réponses : alors ces blogueurs convoquent les techniciens à la rescousse … c’est-à-dire les économistes les réputés, comme Elie Cohen, cité selon les papiers comme "directeur de recherche au CNRS", ou "professeur d'économie à Sciences Po", ou encore "membre du Conseil d'analyse économique" : Excusez du peu !
Un Elie Cohen qui constate que : « les procédures de contrôle interne qui normalement constituent le coeur de métier des banques se sont révélées dramatiquement insuffisantes » et précise que : « le sentiment des salles de marché, c'est qu'il n'est pas possible qu'un individu seul ait pu faire cela ».
Et bref, toutes ces personnes autorisées n’apportent au dossier aucun élément de plus que les médias … qui les ont tous déjà interviewés … et dont les blogueurs se contentent de citer les articles ; et la question se pose : pourquoi tant d’encre – même électronique – pour ne rien ajouter ?
Parce que personne ne comprend : généralement, les blogs d’information – entendez par là, les blogs qui commentent l’actualité – fondent leur légitimité à analyser différemment ce que les médias classiques ont déjà évoqué ; mais ici, aucun éclairage nouveau susceptible d’avancer : et le système boucle sans fin …
… avec tout au plus çà et là quelques enrichissements, comme Cpolitic qui rappelle judicieusement : « Le président-directeur général, Daniel Bouton, connaît fort bien le dossier des "contrôles" financiers puisque il a rédigé en 2002 un rapport complet commandé par le MEDEF dont le titre est intitulé: " Pour un meilleur gouvernement des entreprises cotées" ».
Les commentaires, souvent dubitatifs, apparaîtront en regard plus instructifs : « Personne n'est dupe parmi les pros de la finance » … et visiblement un scandale peut en cacher un autre : reste à découvrir lequel !
Le doute – omniprésent – constituera certainement le principal enseignement de cette première lecture ; la remise en cause du système financier et bancaire – voire du "système" en général – sera le second : car si les habits de bouc émissaire conviennent parfaitement à un Jérôme Kerviel, les coupables restent à appréhender …
… et les politiques se voient convoqués : « Preuve encore une fois, que le système capitaliste, dont le petit Nicolas est le digne représentant et bénéficiaire, a pris un coup sérieux sur le plan de sa crédibilité », conclura encore Cpolitic !
L’incompréhension pourra conduire les blogueurs à l’ironie et au cynisme – second registre d’expression rencontré au sein de la blogosphère.
Ici, pas de sagas : plutôt des citoyens interloqués qui réagissent à chaud. Le discours se concentre ici nettement autour de deux thèmes centraux : celui du bouc émissaire – encore – et du "faire croire" ; et celui d’un système français bien malade.
« A qui veulent-ils faire croire qu'un seul mec, un jeunot en plus, a pu détourner près de cinq milliards d'euros. Et sans s'enrichir personnellement d'une thune en plus ! »
« Et on veut nous faire croire que c'est ce type là qui aurait été capable de détourner à lui seul 5 milliards d'euros ? Moi, je n'y comprends pas une seconde ! Je me demande qui a fraudé dans cette histoire ? »
Bouc émissaire ; "faire croire" : on pénètre dans le champ de la manipulation … et donc s’ouvre la porte de la rumeur ! Il est clair que les bruits les plus fous vont courir dans les jours et les semaines à venir … et que la toile va jouer à plein son rôle ce catalyseur.
Le discours glisse parfois assez rapidement de la simple moquerie à un ton plus virulent, comme ce titre : "Société Générale: il n’y aura jamais assez de platanes pour pendre tous les banquiers véreux".
Et là encore, politiques et financiers partagent les coups :
« Et on nous expliquera ensuite que le principal problème en France n'est pas la redistribution ».
« En clair, pour ceux qui ne comprennent pas ce jargon un brin abscons, l'affaire de la Société Générale est une "affaire sérieuse" (dixit Fillon) mais "il n'y a pas d'inquiétude à avoir" (selon la Banque de France) car cela n'affecte pas "la solidité et la fiabilité du système français" (d'après Nicolas Sarkozy) ».
Bref, c’est l’électrochoc : les blogueurs – comme tous les Français – digèrent une information qui les dépassent … même si déjà la révolte pointe à l’horizon.
Une révolte sur laquelle politiques et financiers manqueront désespérément de prise parce constamment alimentée la rumeur … toutes les rumeurs ! Bref un superbe cas d’école, une superbe saga à rebondissements qu’une écoute attentive de la toile devrait nous permettre de mieux cerner au jour le jour.
Ce n’est qu’un début … le combat continue … tout seul : c’est la magie du 2.0 !
21:40 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.01.2008
Traité de Lisbonne dans la blogosphère
Le Traité de Lisbonne suscite aujourd’hui une moyenne quotidienne de 50 à 70 papiers dans la blogosphère, qui se répartissent à peu près à parts égales entre blogs de militants politiques – essentiellement de gauche – et blogs plutôt "apolitiques" ou plus simplement non liés à un parti politique … et même parfois très sarcastiques à l’égard de la politique. En tête des politiques, les partisans de Ségolène Royal avancent en ordre assez dispersé : le vaisseau amiral, http://www.desirsdavenir.org/, se contente d’une assez laconique recopie non commentée d’un article de Marianne2 intitulé : « Traité de Lisbonne : Hollande, Royal et Delanoë désavoués par leurs troupes », évoquant comment « contre toute attente, la proposition communiste pour un référendum sur le traité de Lisbonne n'a été rejetée que d'une courte tête par l'Assemblée ».
Connectés à Désirs d’avenir, pas moins de … 1044 sites et blogs : excusez du peu ! Un discours militant certes potentiellement puissant … mais plutôt en sommeil : la plupart des posts ne sont ici encore que la copie – bien souvent, sans citation de source – de la presse parisienne.
Ainsi http://segoleneroyalcantondebretigny.hautetfort.com – mais qui se présente comme la « Section du Parti Socialiste – Canton de Brétigny sur orge – Le Plessis – Pâté » – se contente de pirater Libération de la veille, peut-être pour susciter le dialogue … mais sans attirer de commentaire.
http://www.segoleneparis.fr préfère la version en ligne du Nouvel Observateur … toujours sans citer de source, ni déclencher de réactions.
http://les-pyrenees-avec-segolene.hautetfort.com renvoie directement le lecteur vers les sites médias, tandis qu’un militant s’autorise un commentaire un peu "dissident" … même s’il n’existe pas réellement de ligne officielle bien claire sur le sujet.
Aujourd’hui, les partisans de Ségolène Royal se contentent d’occuper le terrain sans réellement débattre ; et à côté, les autres leaders socialistes ont bien du mal à exister : sur son blog, Henri Emmanuelli propose la vidéo de son interview par Christophe Barbier sur LCI.
Seul Pierre Moscovici se fendra d’un papier réellement argumenté, proposant de passer « l’obstacle du Traité de Lisbonne », pour retrouver « une commune boussole ».
A droite, silence total : seule l’extrême droite et quelques souverainistes – comme Nicolas Dupont Aignan – apparaissent ici et là. Et un Dominique de Villepin nouveau, qui a retrouvé son indépendance de discours.
Du coup, les politiques les plus cités au cœur cette quasi absence de discours citoyen sont les leaders socialistes – François Hollande, Jean Marc Ayrault, Henri Emmanuelli, Ségolène Royal, Laurent Fabius, Jean Luc Mélenchon – et … Nicolas Sarkozy suivi, assez loin cependant, par Valéry Giscard d’Estaing, qui a ouvert son blog « Pour la démocratie en Europe » : http://vge-europe.eu/.
Et la blogosphère non militante ? Serait-ce elle qui milite ?
Second groupe, nettement plus virulent : celui des opposés à toute ratification parlementaire du traité. Ici, on oscille du moqueur : « Un référendum sinon rien ! » à l’activiste : « Traité européen : Démocratie MAINTENANT », jusqu’au franchement corrosif : « Argghh!!! ça fait peur !!! ».
12:05 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












