19.05.2009

Les marques de thé #3

mariage_freres_s.jpgLes semaines passées, nous nous sommes penchés ici sur les marques de thé traditionnelles vendues en grandes surfaces : Lipton, Twinings, Tetley et Éléphant, puis sur une marque plus récente et très tendance : Kusmi.

Reste Mariage ... l'institution Mariage Frères !

Surprise découvrir parmi les expressions les plus fréquemment associées sur certains blogs : prénom préféré du moment ou : série préférée ! Etrange ...

En fait circulait lors de mon étude parmi les "blogs de fille", une sorte de questionnaire de Proust revu et corrigé à la sauce bobo ou tendance, incluant une question sur le petit déjeuner

Avec pour réponse des : "un thé Mariage et un pain au choco" pour Graine de princesse ou : "toasts de pain aux céréales chauds avec du beurre salé et du miel + thé Mariage" - tout comme à "prénom préféré du moment" correspondaient : "Louison" ou "Alice" ; bref, choisir son thé - enfin son thé Mariage - ou le prénom de ses enfants constituent un puissant marqueur social !

Mariage est une institution ... et c'est même là sa seule aspérité : pas de référence aux saveurs comme pour Kusmi, ou si peu, plutôt comme une sorte de mécanique bien huilée : "Je rentre chez moi. Je me prépare un thé Mariage. Je regarde la théière. J’ouvre la seconde partie de l’eau sale. Je relis une phrase. Puis deux. Une petite correction, ici. Page suivante", rapporte Eau sale - il y a des noms plus heureux !

Ou : "Maintenant, j'y vois plus clair, j'ai bien mérité une tasse de thé Mariage pour avoir trouvé deux façons originales de vaincre le trac", pour Le nuage de Paris. Nul trace du plaisir découvert à la lecture des blogs évoquant Kusmi !

Les rares traces épicuriennes vienent de quelques blogs ... gourmets et cuisiniers : "Il me restait un peu de  thé "esprit de Noël", je l'ai donc mis dans une casserole. J'ai coupé dedans 6 pommes en cubes, j'ai rajouté un peu de sucre. Laisser mijoter 30 mn à feu doux", savoure Et si on mangeait. Et encore, il s'agit plus de découverte au hasard que de réelle recherche culinaire !

Blogueurs et blogueuses consomment du thé Mariage parce que c'est ... du thé Mariage - point barre !

Et font le pélerinage de la boutique de la rue du Bourg Tibourg, "adresse la plus ancienne de la prestigieuse maison de thé Mariage Frères, fondée en 1854. Le lieu est à la hauteur des merveilles que l'on y déguste ... ", se pâme AC le Golem.

Tout cela sonne donc plus bourgeois que tendance : ce n'est pas moi qui le dit, mais Envies de filles : "Allez viens à Saint-Germain ... en Laye pas des Prés ! Quoique pour le côté assez bourgeois, il y a ce qu'il faut aussi dans la banlieue ouest parisienne ! [...] Je suis rentrée avec les converses prunes de mes rêves, un blush MAC et du thé Mariage..."

Voici, notre petit voyage au travers des marques de thé touche à sa fin : dis-moi quel marque de thé tu bois, je te dirai qui tu es !

Une visite sur les forums nous aurait certainement apporté des enseignements complémentaires comme le montre ce témoignage isssu d'Au féminin, au sujet d'un enfant atteint de conjonctivite : "Tu nettoies ses noeils avec du thé noir. Tu laisses infuser du thé dans de l'eau chaude (thé vert Lipton par exemple), tu laisses refroidir et ensuite, tu laves son œil avec de la ouate".

Lipton va pouvoir se lancer dans les alicaments !

23:08 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

12.05.2009

Les marques de thé #2

kusmi-tea.jpgSuite du papier publié le 5 Mai 2009.

Kusmi apparaît de loin comme la marque qui fait le plus couler d'encre électronique : c'est également la plus "tendance" et ceux qui diront que ceci explique cela auront bien raison.

En effet, près de la moitié des posts évoquent des instants ou des lieux de consommation.

"Voici un petit restaurant tout mimi que j'ai découvert hier près du canal St Martin : la cantine de Quentin ; déjà le nom est alléchant ... on a l'impression d'aller manger chez un pote !" : Montmartre and co se plaît à faire partager se dernière découverte en matière de restaurant branché.

Et de préciser : "Il s'agit en fait d'un resto qui fait aussi épicerie [...] Au programme : huile d'olive, moutarde à la truffe, Thé Kusmi et j'en passe ..."

Ah ! S'il y a du thé Kusmi !

Et comme si cela ne suffisait pas, "Kusmi, la célèbre marque de thé venue de Russie, a ouvert une boutique rue de Seine l’année dernière avec au 1er étage un petit restaurant. La carte a été imaginée par Michele Balsadella, jeune chef italien qui a travaillé à New York et au Royal Monceau à Paris".

Et d'ailleurs Taste of Paris range bien son papier dans la rubrique ... Branchouille : si, si, ça ne s'invente pas !

Autre signe qui ne trompe pas : "les plats un peu légers pour leur prix".

Kusmi mots.jpg
Le nuage de tags ne trompe pas non plus : "brunch à Paris, cantine de Quentin, Moscou, pennes aux herbes, petit restaurant, petits gâteaux, Place Rouge, Royal Monceau, rue de Seine, Saint Germain", j'en passe et des tout aussi typés.

Tendance de courir tout Paris pour découvrir le dernier endroit où l'on mange en buvant du thé Kusmi, tendance également de cuisiner avec : il existe même un "blog gourmand des amateurs de cuisine au thé" : Kusmi cooks tea, reprenant les recettes du livre de Patricia Lepic vendu également sur le site de Kusmi.

Une marque qui joue donc à fond la carte de la blogosphère banchée !

Kusmi The.jpg

Et le thé, quant à lui ?

Il séduit par la multitude de ses saveurs : "épicé, essences naturelles, jasmin, vanille, fruits rouges, gingembre, citron, graines de guarana, poivre rose, racines de réglisse, ..."

Mais également par tout ce qu'il évoque de magique : "Rois Mages, Prince Wladimir, Chine, Saint Petersbourg, ..."

Avec un petit côté kitch : "so kitch, but so good", comme s'empresse de le souligner Fils & P'luches.

Le design des boites participe également à l'alchimie : "Les boîtes Kusmi Tea sont à tomber... ce qui est à l'intérieur aussi !"

Dès lors, l'amateur se mue en inconditionnel : "Une de mes meilleure amie m'a offert le coffret des thés russes, excellents ! Y'a pas à dire, je suis fan du kusmi ;)", comme le soulignait Bouboulette sur le blog de sa copine Sophie.

On est bien loin d'un peu de poudre en sachet dans une boite en carton !

A suivre ...

23:22 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

05.05.2009

Les marques de thé #1

elephant.JPGLes blogueurs sont-ils amateurs de thé ?

Seules trois marques émergent spontanément au sein de la blogosphère française : Kusmi, Lipton et Mariage ; une marque traditionnelle fortement présente en grande distribution et deux marques plus "tendance".

Avec près de 3 posts sur 10, Lipton devance très nettement ses concurrents Twinings, Tetley et Éléphant, cette dernière marque appartenant au même groupe.

Mais en fait, quand les blogueurs parlent de Lipton, ils parlent un peu de tout ... et pas seulement de thé !

De la société Lipton tout d'abord ... et là, les avis apparaissent assez partagés : il y a ceux qui comme Greenzer saluent l'engagement de la marque "dans le développement durable au Kenya" : "En effet, c'est à Kéricho que se trouve la première plantation de thé certifiée Rainforest Alliance, plantation qui fournit exclusivement la marque de thé Lipton".

Et puis il y a les syndicats, et plus particulièrement, la section CGT d'Unilever qui rappelle sur son blog que les travailleurs "de l'usine Lipton, à Khanewal [...] sont des travailleurs/euses jetables, embauchés/es par des agences de travail temporaire, sans aucune sécurité de l'emploi et avec des salaires et des prestations au rabais, alors même que certains/es travaillent chez vous depuis des décennies sans interruption".

En tant que marque, Lipton bénéficie d'une forte notoriété mais apparaît avant tout comme très - trop ? - marketing, comme le souligne ce commentaire de Culture Markethttp://demo98.albert.com/img/spacer.gifing sur Lipton Linéa : "Pour moi, cela reste un très beau concept marketing, bien exécuté mais malgré ma constante et importante consommation de thé, je ne vois pas trop ce que ça m'apporte".

Sinon, les consommateurs se montrent très moyennement enthousiastes, du "personnellement, le LIPTON j'aime bien ça, tout au moins, je ne déteste pas" de La théière Nomade, au "ras le bol du Thé Lipton jaune" de Coup de coeur, coup de gueule. Pas très glamour !

Finalement, c'est avec ses tisanes que Lipton s'en sort le mieux : "Ah oui les tisanes reglisse menthe de Saveurs du Soir !" se souvient Cécile tandis que Nath s'écrie : "C'est nouveau, c'est tout beau et bon ! Lipton Tentation Fraise Framboise".

En résumé, une marque peu attirante, qui peine à émerger sous une multinationale très marketing ... sauf les infusions : étrange, comme ces tisanes constituent aujourd'hui la réelle ligne de force d'une marque de thé par trop poussiéreuse.

Cela étant, les autres marques traditionnelles de thé vendues en grande distribution ne sont pas mieux loties : ainsi Twinings apparaît comme une référence hors du temps et sans réelle proximité avec les consommateurs, certains blogueurs évoquant plus volontiers "Stephen Twinings [qui] représente la 10ème génération d'une famille qui traditionnellement fournit le thé à la couronne d'angleterre" que le produit lui-même.

Quant à Tetley, on trouvera juste deux blogueurs spécialisés dans le marketing et la communication comme Coups de pub pour évoquer un magnifique spot ... anglais ! Mais quoi de plus normal, de l'autre côté de la Manche, Tetley constitue une institution très respectée, comme j'ai déjà eu l'occasion d'en parler ici.

Et Éléphant ? Elle reste une marque très attractive ... mais dont Unilever ne semble pas trop savoir faire : "presque disparue avec la reprise de sa gamme de thés sous le giron Lipton il y a déja plusieurs années, [elle] revient sur le devant de la scène en cette année 2009", souligne le Blog des Logos.

Rien de très sexy dans tout ça : comment se positionnent les nouveaux entrants, comme Kusmi ? C'est ce que nous verrons bientôt.

A suivre ...

23:25 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

24.03.2009

La face cachée de Tetley

Tetley bière.jpgEn France, Tetley n'apparaît pas comme une marque très "glamour" : et même si elle assure aujourd'hui un bon tiers des ventes de thé en dosettes, ce nouveau segment ne représente encore qu'en peu plus de 1% du marché total dans notre pays !

En Angleterre, il en va autrement : Tetley y est une institution deux fois centenaire !

Deux fois centenaire et ... une marque bicéphale, comme le souligne clairement cette carte sémantique issue de l'analyse d'une centaine de posts datant des 6 derniers mois.

Tetley UK.jpg
En bas, l'univers du thé, celui de Joseph Tetley, fondateur de la Joseph Tetley and Company, spécialisée dans le commerce de thé en gros. Un thé tellement populaire que Mollie Jeanne, exilée aux Etats Unis, se lamente sur un forum en ligne : "I'm trying to find Tetley's English Breakfast tea bags. It's my dad's favorite and I've been unable to find it anywhere in the entire state of Texas".

En haut, c'est celui de son frère Edward et de la bière : après bien des aléas, la division appartient aujourd'hui à Carlsberg UK, qui souhaite fermer "the iconic Tetley Brewery in Leeds by 2011" ... ce qui déchaîne les passions.

Et une campagne de boycott sur la toil, comme le rappelle le Yorkshire Evening Post : "Several groups have been launched on the social networking site Facebook, urging people to pass up a pint of Tetley's if Carlsberg stop producing it in the county".

The official blog for Brunning and Price Ltd (sic) est plus cinglant : "First the rape, then the pillage and now worse: the news from Danish Carlsberg that the 186 year-old Joshua Tetley Brewery in Leeds is to close".

Comme quoi, il vaut mieux y regarder à deux fois pour toucher aux institutions : que Tata, nouveau propriétaire des thés Tetley, y prenne garde !

12:48 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

10.02.2009

Google Latitude

Google Latitude.jpgFinies les bonnes "excuses", du style : "Chérie, j'ai dossier à finir, je rentrerai tard ce soir" ; ou "Patron, il y avait des bouchons sur l'autoroute, je ne repasserai au bureau que demain matin" ... tout cela, pour un peu de farniente ou un calin coupable.

Responsable, le nouveau service de Google : Latitude, une brillante adaptation de Google Maps à la téléphonie. Résultat : vous êtes fliqués partout où que vous soyez.

Vous téléphonez à votre patron en vous prétendant coincé à l'autre boût du département ; puis à madame pour la même excuse : tous deux pourrons vous demander à votre retour pourquoi vous vous trouviez à l'auberge du Cheval Blanc ... et avec qui, éventuellement !

Avec licenciement et divorce éventuellement à la clef : merci Google !

Mais non, vous pourrez toujours ruser, se défend Google sur son blog : rien de plus facile que de modifier vos coordonnées et l'auberge du Cheval Blanc se transforme en Aire de Lisses !

Ah bon ? Quel est l'intérêt de la chose ?

Le marketing, la géolocalisation : vous passez devant une boutique de vêtements et hop ! Vous recevez un SMS vous signalant une extraordinaire promotion ! Vous voilà devant un magasin de disques et aussitôt, on vous propose aussitôt le dernier Madona - de quoi fracasser sauvagement son mobile !

Après l'Internet, Mountain View vise le marché publicitaire mobile ; avec les mêmes dents et le même appétit ...

Donc, rien à craindre du côté flicage ? Non, si vous êtes prudents et modifiez immédiatement vos cordonnées dès que vous souhaitez un peu de tranquillité ! Pour le reste, si vous êtes parisiens, ajoutez Google Latitude à Navigo, et commencez à flipper : Big brother arrive !

07:43 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

04.02.2009

Journal d'un digital native

Digital Native.jpg

Il y a eu la Génération X - celle de 1968 et dont les interrogations et les ambitions sont restées sans réponses - puis la Génération Y - celle de l'après Mur de Berlin, qui n'a pas connu d'autres systèmes que l'économie libérale.

Et puis, il y a les natifs de l'Internet - une génération qui se superpose en partie avec la Génération Y, des jeunes qui n'auront pas connu de monde sans Internet.

Un choc culturel gigantesque, et totalement inaccessible pour leurs ainés : des jeunes pour qui le premier réflexe quand on leur pose une question à laquelle ils ne savent pas répondre, c'est de se connecter sur Google et de surfer ; des jeunes pour qui la connaissance ne passe pas par l'apprentissage, mais par la recherche.

Florence Hermelin, alors directrice de NRJ Lab, nous en avait fait une brillante présentation lors des dernières Journées du Marketing de l'Adetem ; aujourd'hui chez SixandCo, elle continue ses investigations et lance Culture digitale, un nouveau blog destiné à dévoiler les différentes facettes des ces jeunes. Du quotidien de ces "Digital Natives" à ce qu’ils aiment faire, en passant par leurs derniers coups de cœur et leur avenir.

Un blog à inscrire dans sa short list.

12:34 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

29.01.2009

Opinions et informations

lait.jpgIntéressants échanges lors de la table ronde Les nouvelles tendances du web, réunie en fin du Colloque Internet Santé, organisé par l'UDA et Isidore, et à laquelle m'avait convié Pierre Ferrer.

Ce qui m'a le plus frappé lors de ces discussions, c'est l'obsession de cette profession pour la recherche de l'information vraie, et la phobie des approximations et surtout des fausses informations : mais en ce domaine, l'erreur peut prendre des dimensions tragiques.

D'où ce cri de Dominique Dupagne, créateur du forum d'échanges médicaux en ligne Atoute : pour lui, le Web 2.0 représente le pire danger auquel la profession doive faire face.

Une profession qui expérimente timidement, en se bardant de garanties : ainsi Sophie Kune, rédactrice du blog FemmesAvantTout, qui se définit comme un "espace de libre échange est dédié aux personnes sensibles à la valorisation de la féminité face au cancer du sein", modère ses commentaires a priori, même si elle reconaît ne jamais avoir rencontre de réels problèmes à ce sujet.

Il faut reconnaître que le domaine de la santé est particulièrement encadré, notamment en termes de communication ; je suis même étonné quand le blog - payé par Roche - valorise ouvertement les actions menées par cette société : "Soutenir l'action que Roche met en place au travers d'un concours artistique crée pour aider les femmes atteintes du cancer du sein à mieux appréhender la maladie, mais oui, il faut le faire, c'est évident".

Finalement, mon problème à moi est plus éthique ... mais éthique rime peut-être avec naïf ?

Quoi qu'il en soit, si la toile bruisse d'opinions inexactes ou fausses, mieux vaut les analyser et les comprendre, que les ignorer : c'est pourquoi j'ai présenté en introduction mon étude Le lait est-il cancérigène ? Que le lait soit réellement cancérigène ou non, c'est une information à vérifier - ce qui entre dans le champ du vrai ou faux. Mais c'est aussi une rumeur, dont il faut cerner la porter et éventuellement combattre - et ce n'est pas en s'enfouissant la tête dans le sable que l'on résoudra le problème.

C'est pourquoi, j'ai apprécié l'exposé d'Ingrid Aubry, responsable de la veille internet chez Global Média Santé, qui recueille des opinions sur la toile, puis les utilise comme stimuli pour faire réagir des praticiens : j'y vois là une démarche plus novatrice.

10:18 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

20.01.2009

Publicité en ligne : 2 milliards d'euros

meudon04.gifLe Syndicat des Régies Internet vient de présenter les premiers résultats de Observatoire de l'e-pub réalisé par Capgemini Consulting.

La publicité en ligne aura donc représenté 2 milliards d'euros en 2008, en croissance de 23 % sur un an, soit environ 6 % des dépenses de communication en France.

Les résultats les plus intéressants concernent le dispatching entre les différentes formes de publicité on line, avec la très nette domination du search (liens sponsorisés sur les moteurs de recherche) sur le display (affichage de bannières sur les sites) et les annuaires.

Pour le reste, ces chiffres sont à prendre avec circonspection.

Tout d'abord, d'un point de vue méthodologique : établis à partir d'entretiens avec une soixantaine d'acteurs, ils seront à rapprocher de ceux de l'Irep et de France Pub qui sortiront un peu plus tard dans l'année.

chiffrespub-online-2008.jpg

D'autre part, ils ne reflètent que la partie visible de l'iceberg : Internet n'est pas un média publicitaire comme la télévision ou la presse. Et la majeure part de l'activité ne requiert pas "d'achat d'espace"- search ou display, peu importe.

Ce que demande Internet, c'est moins des moyens financiers que des moyens humains : lancer un buzz, c'est tout, sauf réserver des espaces comme dans le cadre d'un plan médias classique - c'est surtout dépenser une énergie considérable à repérer les blogs relais, à entrer en contact avec leurs rédacteurs, etc.

Ce qui signifie que les "6 % des dépenses de communication" évoqués sous estiment très certainement la réalité d'Internet ... mais n'allez pas demander à des régies (dont le rôle est de vendre de l'espace) de valoriser une activité ne nécessitant ... aucun achat d'espace.

PS : les amateurs d'astronomie auront reconnu La Grande Lunette de l'Observatoire de Meudon.

07:12 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

12.01.2009

Social-Bookmark.me : veille en mode intelligence collective

Du nouveau du coté des outils de veille en mode collaboratif ! Voici Social-Bookmark.me, un outil de veille web créé par Richard Menneveux, le fondateur du moteur de recherche d'emploi Moovement.fr.

De quoi s'agit-il ? Social-Bookmark.me est un site web 2.0 spécialisé sur la veille concernant les nouveautés et l'actualité autour de sujets professionnels comme le Management, le Marketing, les Médias, les médias sociaux, la TV IP ...

L'idée de Richard Menneveux ? Centraliser sur des espaces thématiques ce que nous découvrons chaque jour sur le web et que nous souhaitons partager au sein de communautés professionnelles : des informations, des actualités ou des analyses mais aussi des services ou des sites qui retiennent notre attention. En bref une belle machine pour faire de la veille professionnelle très pointue grâce à l'œil affuté d'un réseau de veilleurs de haut vol !

Le principe vous intéresse ? Voici déjà 11 thèmes à découvrir :

A suivre...

Via PPC's

09.12.2008

Marques de sport et réputation #2

converse.jpgSuite de la note du 2 Décembre.

Il y a celles dont on parle et celles dont on ne parle pas ... ou si peu : des marques à forte réputation d'un côté, et des marques sans réelle réputation de l'autre.

Absence de réputation pour Airness, dont ne parlent que de rares spécialistes marketing : le mythe de l'ancien enfant des banlieues d'origine Malienne ne transpire guère.

Absence de réputation également pour Fila, malgré son partenariat avec le rappeur new-yorkais Nas, ambassadeur de sa nouvelle collection.

A l'opposée, Nike se distingue par une réputation extrêmement forte et sulfureuse, en continuelle reconstruction : beaucoup de marketing et de communication derrière une marque qui y perd en spontanéïté. Ainsi quand Nike organise dans plusieurs capitales l'Human Race, une course qui réunira plus de 250 000 coureurs de par le monde, l'évènement est aussitôt décodé comme "caritativo-sportivo-marketing" !

Et c'est ça que les blogueurs reprochent à Nike : n'être qu'une puissante machine à faire du business, d'une efficacité redoutable, mais sans âme. Dès lors, impossible de ne pas relayer ses multiples annonces, mais sans jamais susciter de commentaires : tout cela reste froid, impersonnel.

Une explication à tout cela : Nike traîne un lourd passé - pour ne pas dire passif - et tout le monde garde en mémoire les contreverses sur le travail forcé des enfants dans ses usines en Chine. Résultat, quand le champion du monde du 110 mètres haies Liu Xiang blessé abandonne, la marque se voit accuser de pressions à son encontre, pour absolument éviter une blessure en direct sur toutes les chaînes de télévision du monde, chaussures Nike aux pieds.

Autre marque très contestée : Adidas, dont le boulet s'appelle Tapie. Un Bernard Tapie dont le nom revient dans un document sur quatre ! Quel place reste-t-il pour le glamour ? De fait, Adidas apparaît plus comme une entreprise désincarnée que comme une marque charismatique.

Une entreprise qui n'a même pas su capitaliser sur ses succès aux Jeux Olympiques : à peine ceux-ci achevés, elle annonçait délocaliser de Chine au Cambodge, parce que là-bas, la main d'œuvre est meilleur marché !

A l'inverse, Converse représente la réputation ultime - et intemporelle : "Converse, c'est freestyle, intemporel", comme le souligne Vous les hommes.

Évidemment, pour son centième anniversaire, la marque ne pouvait que convoquer une autre légende, Iggy Pop, pour une soirée culte au Show Case ; et déjà, les vidéos de circuler sur Dailymotion.

La force des Converse résulte de leur appropriation par des consommateurs qui les décorent amoureusement au stylo ou au marqueur : on ne compte plus les blogs, notamment sur la plate-forme de Skyrock, qui ne font que publier de telles photos : la communauté des afficianados de Converse est certainement une des plus actives et productives de la toile.

Entre ces trois poids du Web 2.0, et les premiers, deux marques construisent patiemment leur réputation.

Asics, tout d'abord, avec pour mythe fondateur Onitsuka Tiger, le créateur de la marque, qui "après des années passées dans l’armée et après avoir travaillé dans une société de négoce de bière sur le marché noir, décida que le sport pouvait jouer un rôle important en aidant la jeunesse japonaise à retrouver confiance en elle, apprit à fabriquer des chaussures et créa Onitsuka Co Ltd", comme nous le raconte Brone Zone.

Au delà du mythe, l'autre fondement d'Asics, c'est la qualité de ses produits : "J'ai changé mes vieux baskets en optant pour une paire d'Asics Gel Moriko qui sont « vachement confortable » (je n'ai pas d'action chez Asics)", se plait à commenter 

Puma, ensuite, le vainqueur des Jeux Olympiques - surtout depuis qu'Adidas a clamé vouloir délocaliser au Cambodge ! Sa légende, Puma est notamment en train de la construire avec, Usain Bolt, recordman des 100 et 200 mètres : "L'homme le plus rapide du monde n'a pas hésité à exposer et à embrasser ses chaussures, dorées pour l'occasion, devant les télévisions de toute la planète", rapporte My free sport.

Coup de pub savamment orchestré ? La marque s'en défend ... et la blogosphère la croit sincère, contrairement à un Nike toujours présumé coupable.

Reste Reebock, une marque dont seuls parlent les spécialistes ; les autres présentent les nouveaux produits ... no comment ! Et ce n'est sa dernière opération de RP devant permettre "à vous les jeune de plus de 13 ans, de participer à la campagne de publicité, bénéficier des tenues et chaussures en exclusivité, donner votre avis sur les modèles, être invités en avant-première aux événements Reebok et côtoyer vos idoles" qui semble changer la donne.

Sur un mapping de réputation - l'axe horizontal opposant les marques sans réelle réputation aux marques à forte réputation ; le vertical, celles bénéficiants de bases saines vers le haut, à des marques plus fragiles - les deux quadrants de droite renvoient à des stratégies marketing très différentes :

  • En bas à droite, des marques comme Nike et Adidas sont condamnées à investir massivement dans les médias classiques (ce qu'elles font) pour contrebalancer des réputations pauvres, mais omniprésentes,
  • Tandis qu'en haut à droite, Converse peut se contenter d'un dialogue très sincère - mais peu coûteux - avec ses communautés : on rentre dans le champ du Marketing 2.0.
Ami Buch.jpg

Bien sûr, une mauvaise réputation n'empêche pas de vendre ... mais elle entraîne des dépenses marketing considérables pour perpétuellement contrer une potentielle dégradation de son image de marque : mieux vaut être "clean" à ce niveau. Et surfer sur la vague communautaire.

Précision méthodologique : l'étude a été réalisée sur des contenus recueillis lors de la première semaine de Septembre 2008, complétés cependant par quelques investigations lors de la période post Olympique.

07:40 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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