01.09.2009

C'est quoi un trackback ?

avion papier.jpgUn trackback - ou rétrolien - est "un système de liens inter-blogs semi-automatisé. Il permet aux auteurs de relier des billets de blogs différents et parlant du même sujet, ou se faisant référence", dixit Wikipédia.

Concrètement, ça marche comment ?

Vous trouvez intéressant cet article et justement, vous en avez déjà abordé le sujet sur votre propre blog, en en précisant d'autres aspects : vous rédigez un commentaire à la suite de mon papier, avec dans la signature un lien vers votre post : c'est un trackback.

Ce qui enrichit mon travail, valorise le vôtre, bref développe l'intelligence collective ... et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Sauf que ...

Sauf qu'intervient la notion perturbatrice de PageRank.

"Le PageRank ou PR est l'algorithme d'analyse des liens concourant au système de classement des pages Web utilisé par le moteur de recherche Google pour déterminer l'ordre dans les résultats de recherche qu'il fournit.

"Google affecte un score à chaque page Web. Cette note est attribuée en fonction de nombreux critères et principalement en fonction des liens externes (popularité de liens) pointant vers la page web, ainsi que des liens que cette dernière fait vers elle-même (liens internes)", dixit toujours Wikipédia.

Réponse du même Wikipédia : "Les référenceurs et les webmestres créent quelquefois massivement des liens retour, par échanges de liens ou en inscrivant un site sur une quantité d'annuaires. Google avait autrefois une vision quantitative de la popularité d'une page, cette technique permettait donc de gonfler artificiellement son indice de popularité.

"Mais Google a réagi : d'une part en instaurant des filtres, tels que la Sandbox. Il détecte et sanctionne les campagnes massives de liens artificiels".

Reste plein de petits malins qui ignorent tout de pratiques actuelles du moteur de recherche et continuent à truffer la blogosphère de liens sans intérêt pointant vers eux.

Et comme ils ne sont pas des plus courageux, cela donne des commentaires sur style "Article très intéressant", avec un lien dans la signature : généralement, je les supprime et déclare la source comme spammeur à mon éditeur de blogs.

J'en ai laissé un , à titre d'exemple : du coup les gens de Marina mode vont être contents ... même si je vous déconseille franchement d'aller acheter vos vêtement sur leur site, tant tout cela me paraît bien ringard !

C'est le danger des trackbacks saupoudrés à la sauvette : on ne sait jamais vraiment dans quel environnement ils arrivent.

Tout cela pour dire que si Google a beaucoup œuvré pour enrichir son algorithme, c'est encore loin d'être la panacée, notamment au niveau des blogs et des sites de type "2.0" : le seul décompte des liens entrants ne suffit pas à déterminer la réelle autorité d'un blog.

C'est d'ailleurs pourquoi l'AmiRank, l'indicateur utilisé par AMI Opinion Tracker pour évaluer celle des blogs, ne se contente pas de recenser les liens entrants : elle tient compte également de la fraîcheur de l'information - nombre de billets régulièrement publiés, date des derniers posts -, de l'importance des commentaires suscités, etc.

Un vrai blog s'inscrit au cœur d'un micro réseau social : les pseudo trackbacks n'en font évidemment pas partie

07:03 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

07.07.2009

Faux blog au Canada

Bixi.jpg"Ça fait plusieurs fois que je dis que le Québec est en retard avec l’adoption des technologies de l’information, mon estimation est d’environ 2 ans", annonce tout de go la canadienne Michelle Blanc sur son blog.

Deux à trois bonnes années, c'était l'époque où en France, Vichy lançait son faux blog, le Journal de ma peau, et aux États Unis, Sony le sien, sobrement intitulé alliwantforxmasisapsp.com - voir ici !

Aujourd'hui au Canada, c'est avelocitoyens.com qui fait l'actualité - à ne pas confondre avec les français velocitoyen.org et avelocitoyens.blogspot.com.

Voici l'histoire telle que nous la raconte Patrick Lagace sur Cyber presse :

"Ce blogue, c'est une idée née «spontanément», quand ces trois cyclistes se sont rencontrés «de manière fortuite», expliquent-ils sur «À vélo citoyens».

"L'idée? Promouvoir le vélo comme principal moyen de transport à Montréal. Ce sont les mots de Mélanie, Jean-Michel et Pénélope eux-mêmes.

"Un bon blogue, je dois le dire. Mis à jour souvent. Bien écrit. Sujets variés.

"Les trois amis se sont investis dans cette aventure web. Mélanie a même produit des clips pro-vélo très bien faits, pour le blogue. Jean-Michel allait intervenir sur d'autres blogues, allait commenter des textes du Devoir, invitant les lecteurs à venir lire «À vélo citoyens»".

Et le buzz de tourner :

"C'est ce qu'a fait la ville de Montréal hier en allant de l'avant avec le projet de vélos en libre service sur le territoire. Montréal emboîte donc le pas à Paris, Lyon, Barcelone et Munich et devient la première ville d'Amérique du Nord à proposer ce service à ses citoyens et ce, dès septembre [...]. J'ai appris cette excellente nouvelle via le blogue À vélo citoyens !", se réjouit Josianne Massé.

Faut reconnaître que les 3 amis multiplient les interventions, postant les rétroliens - on ne parle évidemment pas de trackbacks au sein de la blogosphère québécoise - qui s'imposent :ainsi découvre-t-on sur Weelz ce commentaire :

"Armstrong a dit : 11 juin 2008 20:21 Salut ! Merci de propager nos nouvelles et de parler de notre blogue ! Invitez vos amis à venir faire un tour et laissez-nous vos commentaires ! À Vélo Citoyens !"

Armstrong ??? C'est suspect, Armstrong et le vélo !

Mais l'enthousiasme chute rapidement, notamment quand  Patrick Lagace révèle, toujours sur Cyber presse :

"Tout est faux.

"Le blogue n'est pas une idée née «spontanément». La rencontre des trois cyclistes-blogueurs n'est pas «fortuite». Pour une raison bien simple: ils n'existent pas!

"Gomez, Simoneau et Riopelle ont été créés au 1434, rue Sainte-Catherine Ouest, l'adresse de Morrow Communications, propriété d'André Morrow, qui assure le marketing, les communications stratégiques ou publicitaires de nombreux clients privés et publics.

"La boîte de M. Morrow a créé le faux blogue et les faux citoyens pour le compte de son client, Stationnement de Montréal, afin de mousser l'arrivée de Bixi, le service de vélo libre-service lancé ce matin.

"Question: ce blogue est-il une arnaque? "

Un petit parfum de déjà vu, en France ... mais au Canada, c'est la colère qui monte :

"Je suis déçu que ce blogue n’en soit pas un animé par de vraies personnes (façon de parler), disons par de vrais passionnés de vélo urbain n’ayant pas été mandatés par Stationnement de Montréal", déplore Rouler à velo.

Quant à Zola Soleil - sous-titre : "Sous le soleil : cuisine et vélo" -, elle s'énerve :

"Je suis bien heureuse de ne pas avoir accepter Mélanie Gomez dans mes amis Facebook ...

"Cette campagne va à l'encontre du point 2 du code Canadien des normes publicitaires. 2. Techniques publicitaires déguisées Aucune publicité ne doit être présentée d’une certaine manière ou dans un style qui masque son but commercial".

Depuis le faux blog pointe sur le site de Bixi, "le tout nouveau système de vélos en libre-service à Montréal" ... tout comme le Journal de ma peau, sur Vichy consult.

Bis repetita ...

15:39 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

24.06.2009

Fin du discours spontané sur les médias en ligne ?

censure.jpgParmi les premiers dossiers dont devra s'occuper Frédéric Mitterrand à son arrivée rue de Valois, celui du statut d’éditeur de presse en ligne.

Concrètement, les États Généraux de la Presse écrite organisés en début d'année pour remédier à la situation économique de la presse en France prévoient que les nouveaux entrants comme Rue89 ou Slate pourront bénéficier des aides prévues dans l’important plan de sauvetage de la presse s'ils remplissent les conditions nécessaires pour avoir droit à l’appellation d’éditeur en ligne.

Or électron libre vient de révéler que parmi les décrets d’application suite au vote de la loi Création et Internet, l'un deux spécifierait que "l’éditeur du service dispose de la maîtrise éditoriale du contenu et notamment des messages postés diffusés sur les espaces de contribution personnelle ; en particulier, il met en œuvre les dispositifs appropriés pour éviter la mise en ligne de contenus illicites".

"Autrement dit", poursuit le site en ligne, "il est fortement suggéré l’obligation de modérer les commentaires en amont, avant qu’ils ne soient donc postés sur le site !".

Interrogé par Libération, Pierre Haski, cofondateur de Rue89, constatait : "C’est simple, s’il y a obligation de modération a priori, on ne demandera pas le statut" : pas vraiment les moyens financiers d'une telle modération d'une part, sans compter qu'une "modération a posteriori est préférable pour la spontanéité et la richesse des débats", comme le soulignait Laurent Mauriac, autre cofondateur de Rue89.

Surtout, une systématisation de la modération a priori des sites en ligne rend suspect la teneur des contenus publiés : difficile en effet de savoir si les contenus supprimés l'on été parce que manifestement "illicites" ou parce que simplement non réellement conformes à la vision du titre ?

En refusant de ci, de là un commentaire, un titre en ligne se façonnera un lectorat tout aussi facilement qu'en rédigeant ses éditoriaux : les sémioticiens parleront de contrat de lecture.

D'aucuns placeront le débat sur le plan déontologique, voire philosophique ; personnellement, je me contenterai de le placer ici sous l'angle de la simple analyse de l'opinion publique ... et déplorerai une certaine perte de sincérité - au minimum - pouvant conduire à une certaine manipulation - facilement envisageable - d'autant que les contributeurs aux débats en ligne sont beaucoup moins nombreux que les lecteurs ... et que ces derniers continueront de juger sincères des fils de discussions devenus orientés.

Ce qui nous conduit d'un simple point de vue méthodologique à ne pas considérer équivalents ceux postés sur les sites médias traditionnels - Libération, Le Figaro -, déjà modérés a priori, et ceux qui le sont sur les "pure players" - Rue89 -, ces derniers apparaissant moins "suspects".

L'existence d'une modération a postériori par les uns limite aujourd'hui la dérive d'une modération a priori pour les autres : la généralisation d'une modération a priori serait certainement dommageable à la spontanéité des débats, d'autant que les risques de dérive demeurent extrêmement limités - c'est l'auto-contrôle de l'intelligence collective.

10:07 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

13.05.2009

Un étrange commentaire

musique.jpgLa loi Hadopi occupant le devant de l'actualité des médias en général et de la toile en particulier comme nous l'avons déjà souligné ici, réactions et commentaires se succèdent à longueurs de journées comme hier après-midi où un spécialiste expliquait que celle-ci constituait non pas une menace, mais une aubaine pour les réseaux de P2P.

Si, si, vous avez bien lu !

La raison en est simple : la parade à la loi Hadopi existe déjà aujourd'hui, ce sont les réseaux P2P anonymes : Numerama en publie même une analyse comparative ! Leurs problèmes : personne ne les utilise - donc il n'y a pas grand chose à s'y mettre sous la dent - et ils sont compliqués à mettre en œuvre - ce qui ne milite pas non plus pour leur propagation.

Nul doute que la mise en application de la loi va certainement pousser les internautes vers ces nouveaux systèmes tout aussi sécurisés que gratuits - et donc leur permettre d'atteindre la masse critique où la musique circule !

Et en parallèle, leur attractivité nouvelle va tout aussi certainement pousser les informaticiens à en peaufiner le code, pour les rendre plus ergonomiques et faciles à installer - et donc leur permettre d'atteindre la encore plus rapidement masse critique ...

Bref, geeks et long tail vont se mobiliser d'autant plus facilement que tout l'information circule abondamment en ce moment sur le Web.

Genma développe une autre analyse : la loi prévoit la mise en place d'un "logiciel qui logera toutes les connexions et qui confirmera la mise en place de la protection de la connexion. On pourra ainsi prouver sa bonne foi [car] notre adresse IP a très bien pu être détectée alors qu’il s’agit d’une usurpation d’IP".

Et de poursuivre : "très rapidement, des crackers [...] arriveront alors à trouver des failles et des moyens de les exploiter". Et alors, "il ne faudra pas longtemps pour qu’on en retrouve une version modifiée sur les réseaux P2P [garantissant] que les "logs" issus de de logiciel permettront de plaider le fait que l’on est "innocent" ... même si on ne l'est pas !

Bref, nul doute que l'intelligence collective de la toile se mobilise fortement dans les mois qui viennent ... grâce à la loi Hadopi, même si ce n'était pas le résultat attendu.

23:05 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

23.04.2009

Ben & Jerry's se lance dans le collaboratif !

Ben & Jerry.jpg"Chaque année, les consommateurs du monde entier envoient à Ben & Jerry's des dizaines de milliers d'idées de parfums.

Grâce à ces idées, nous avons lancé certains de nos parfums les plus emblématiques : Chunky Monkey, Cherry Garcia et Cookie Dough pour n'en nommer que quelques-uns. Il ne fait aucun doute que nos noms amusants et nos parfums à garniture ont fait notre renommée.

C'est pourquoi nous recherchons activement l'aide des consommateurs pour poursuivre notre approche ludique de création de glaces en lançant un concours officiel visant à déterminer notre prochain nouveau parfum mondial".

Bref Ben & Jerry's se lance dans le collaboratif : pour participer, rendez-vous sur le site du concours : Mettez vous aux parfums !

Le seul problème, c'est que tout cela me semble bien peu diététique !

Et bien peu collaboratif, non plus : les participants ont juste le droit de puiser parmi 18 parfums, 18 "gros morceaux" - pas très poétique pour désigner les noisettes et autres brownies - et 18 "spirales" - essentiellement des coulis et autres décorations. On est plus dans une configuration fermée de type Monopoly ou Danette que dans un réel espace d'auto-expression comme dans le cas de Liebig avec la Recette de Tatania.

Mais surtout bien peu diététique : ajouter des brownies à des cookies aux noisettes, plus quelques noix de pécan et des blondies à une glace crémeuse sans oublier un ou deux coulis, tout cela n'aide pas à garder la forme !

Le chocolat a beau être issu du commerce équitable, une telle promotion de calories me paraît bien peu responsable !

D'ailleurs, quand les bloguers - comme Easy french cook - font le panégyrique de la société, les commentaires fusent : "Est-ce que B&J fait aussi des efforts pour contrer l'obésité des Américains (et le reste du monde aussi maintenant) ?"

11:05 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

07.04.2009

Il est jaune, il est moche ...

Phénix.jpg... mais il mérite vraiment bien son Phénix !

Ceci résumant en quelques mots le plamarès de le 22° édition des Phénix UDA, qui récompent chaque année les campagnes de communication les plus innovantes de l'année précédente.

"Audace de l’humour porté par un ambassadeur inattendu et très beau succès pour une communication institutionnelle qui adopte le ton de la dérision et de l’autodérision", commentent les experts de l'UDA.

Porté par un ambassadeur inattendu ... et tout le Web 2.0 : cette campagne fut l'objet, ici même, de l'un des premiers Buzz de la semaine, et je notais alors : "Karl Lagerfeld, lui, réussit le double exploit de crever l’écran – façon de parler, marquer la toile serait plus juste dans le cas présent – et de tirer ses partenaires".

Globalement, cette édition2009 fut bien celle du Web 2.0 : avec la Délégation à la sécurité et à la circulation routières et Lagerfeld donc, mais également avec eBay France, Phénix d’or pour sa campagne Spots aux enchères ; la Croix-Rouge Française, Phénix d'argent pour sa première collecte de fonds virtuelle ; etc.

Mon coup de cœur va cependant à Yves Rocher pour les Végétaliseurs.

Les Végétaliseurs, c'est bien sûr "un site d’information, de sensibilisation et de mise en relation autour de la nature, l’écologie et l’environnement" ... mais cela va bien au-delà ! Car c'est avant tout la rencontre entre deux communautés.

Une communauté en ligne de passionnés de la nature, "c'est-à-dire des gens (comme vous) qui, pour profiter toujours plus de la vitalité du monde végétal, ont envie de rendre le monde un peu plus vert" ... bref, du Web 2.0 on ne peut plus "classique" - si l'on peut parler de "Web 2.0 classique"!

Bref un site d’information, de sensibilisation et de mise en relation autour de la nature, l’écologie et l’environnement.

Mais avant tout un site voulu et promu par une autre communauté ... celle de salariés de la société qui spontanément en ont eu l'idée, l'ont développée avec le soutien de leur direction ... et sans qui, rien n'aurait été possible.

Et c'est ça, la base même du Marketing 2.0 : non pas susciter une communauté extérieure et la laisser gérer par un Community Manager, aussi talentueux soit-il ; mais au contraire laisser - soutenir, initier, etc. - se développer une vaste communauté où se croisent salariés et citoyens.

Clients ou non clients, peu importe, mais tous unis par un même objectif ... qu'ils partagent avec le personnel de l'entreprise qui porte le projet.

C'est même le conseil que je donne toujours aux marketers qui souhaitent se lancer dans le 2.0 et développer un site relationnel : commencez par développer votre communauté ... interne. Prioritairement !

07:55 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

31.03.2009

Du bloggueur influent !

influence.jpgLe Club des non "bloggeurinfluents"!

Cela ressemble à une plaisanterie de potaches (et nous nous en sommes bien amusés) mais cette question est plus sérieuse qu'elle en a l'air. Lorsque nous avons commencé à nous intéresser à l'analyse d'opinions sur le Web, très vite le "bloggueur influent" et ses soirées V.I.B. sont apparus notamment auprès de certaines agences et instituts qui y attachent beaucoup d'importances. Pourquoi? D'abord, parce que c'est un concept rassurant. S'il est influent c'est qu'il "compte" et donc qu'on va pouvoir mesurer l'impact de ses propos. Finalement c'est un peu comme avec la presse et les bons vieux modèles vont s'appliquer. Rassurant car pas grand chose à changer aux méthodes de travail habituelles et donc aux modèles économiques en cours.

Sauf qu'en y regardant de plus près, l'approche est fausse pour deux raisons:

1) si la presse dispose d'outils puissants et reconnus par tous pour mesurer son lectorat, la mesure d'influence des blogs est sujette à beaucoup de controverses: essentiellement basée sur le "pagerank" de Google - note comprise entre 1 et 10, de fait 6 en France - elle ne correspond pas à grand chose, ce dernier ayant été inventé pour faciliter le surf (il mesure le nb de liens entrants) pas pour mesurer un niveau d'influence ! L'auteur de ce papier a un blog "en sommeil" depuis plus de 6 mois (Intelligence collective c'est mieux !) et pourtant il a toujours un page rank de 4 qui n'est pas si mal. Personnellement, je lui donnerais 1 !

2) plus généralement, est-ce que le web social est un modèle "top down" c-à-d quelques spécialistes (dans la presse, on parle de journalistes) qui donnent des informations et des analyses éclairées au plus grand nombre ! La récente enquête de Médiamétrie permet d'en douter très sérieusement. Nous avions déjà relevé dans ce blog que le consommateur faisait peu de cas des avis "éclairés"  de bloggeurs  influents. L'étude publiée sur Microsoft Vista ici - et le temps n'a fait que lui donner raison - était sans appel. La dernière fois que j'ai acheté un appareil électronique sur le Web, j'ai essentiellement regardé "les avis de consommateurs" sur les sites type FNAC, Amazon. Et quitte à lire des avis "éclairés", je préfère consulter la presse spécialisée ou les revues de consommateurs.

En fait, le développement du Web social s'est fait autour de lieux d'échanges donc un modèle réseau et non un modèle hiérarchique . Penser que le modèlel "top down" de la presse peut fonctionner c'est se tromper! D'ailleurs, personne ne s'est risqué à comparer "bloggeur influent" et "journaliste" même si certains aimeraient le faire !

Conclusion: vouloir utiliser les modèles d'influence tels qu'ils sont hérités de la presse est une erreur. Si vous suivez ce blog, chaque semaine dans la catégorie "Une campagne par semaine" nous montrons au contraire que la richesse du Web 2.0 est bien ailleurs !

Alain Beauvieux

26.03.2009

Le Club des Non "Blogueurs Influents"

PageRank.png"Mais c'est quoi, en fait, un blogueur influent ?"

Il n'était pas loin de minuit ce soir-là, à Escale à Saïgon, un super restaurant vietnamien, pas loin de Denfert Rochereau : Khlauda, Yann, Philippe, Alain et moi.

Nous aurions même pu nous poser la question : c'est quoi un influenceur ... hors de la toile ?

Facile : c'est quelqu'un qui exerce une ... influence certaine sur les autres !

Question annexe : à quoi reconnaît-on un influenceur ? Et c'est là que ça se corse ...

Parce que bien des influenceurs déclarés - les Messieurs "Je sais tout" - n'influencent pas toujours grand monde : "Okay, il s'y croit, mais franchement ..."

Inversement, on se laisse souvent influencer par des gens "comme vous et moi", mais en qui on a confiance ... et qui seraient bien les premiers étonnés si on les qualifiait d'influenceurs ! "Mon collègue s'est acheté une Clio (Fiesta, Corsa, ...) et il en est vraiment content. Finalement, je vais faire comme lui ...".

Ou : "François m'a proposé de l'accompagner à un concert au Bataclan, c'était génial. Il m'a aussi parlé d'un nouveau groupe appelé I am from Barcelona, je vais certainement acheter le CD" - c'est vrai, je ne suis pas un critique célèbre, plutôt un amateur éclairé, du moins en ce qui touche à la musique pop.

Bref, il n'y a pas que des certitudes ... mais on se débrouille très bien comme ça.

Et sur la toile, qu'est-ce que ça change ? Trois fois rien, sinon une start up nommée Google, qui a fait fortune en se montrant capable de désigner du doigt les ... influenceurs !

Quelqu'un d'influent, c'est quelqu'un que l'on cite, dont on reprend les propos : en jargon Internet, un site, un blog vers lequel pointent de nombreux liens. En jargon Google, un site, un blog disposant d'un bon PageRank.

Donc, tout est parfait dans le meilleur des mondes ... Pas vraiment en fait !

Tout d'abord, parce qu'il y en a qui trichent. Si, si ...

Si je dispose d'un blog d'autorité, à moi les honneurs, la publicité, les petits cadeaux : les annonceurs espèrent que grâce à moi, "le buzz va tourner" et moi, je compte bien monnayer mon autorité.

Donc je vais croiser des liens avec mes copains (mieux vaut être une dizaine à verrouiller un secteur que de se retrouver à des centaines perdus dans la masse), voir créer de "faux" sites ou blogs sans réel contenu, juste destinés à générer de nouveaux liens.

Sans oublier les spams, ces faux commentaires juste destinés à inclure un rétrolien, je les avais évoqués ici ! La plaie ...

Ensuite, ce n'est pas parce qu'un blogueur a un bon PageRank que les autres, humbles et anonymes, blogueurs vont suivre ses conseils : je l'avais démontré à l'occasion du lancement de Windows Vista en France - voir ici.

Souvent l'autorité d'un blog ne dépasse pas quelques dizaines de blogs (et leurs lecteurs, bien évidemment) : c'est le cas des "blogs de filles" où A pointe vers B, qui pointe vers C, qui pointe vers A, etc. Et où l'on retrouve A et B dans les commentaires de C, B et C dans ceux de A, etc.

"Mais c'est quoi, en fait, un blogueur influent ?"

Tiens, nous voilà revenus à la question de départ. On avait quand même l'impression avec nos blogs d'exercer quand même une "certaine" influence dans le petit monde qui est le nôtre - celui du marketing.

Pas que nous soyons les seuls, ils en y a bien d'autres, qui comme nous, ne sont pas vraiment des stars, mais dont les idées influent également sur notre profession.

Pareil dans tous les autres domaines d'activité : ressources humaine, musique, finance, cinéma, etc.

Nous aurions pû chercher à mieux définir - labelliser - ces blogueurs ... après tout, nous en faisons partie !

Nous aurions même pu lancer un club des Blogueurs Réellement Influents ... mais il était tard !

Alors nous avons préféré lancer un Club des Non "Blogueurs Influents" ... juste pour dire qu'on ne nous la faisait plus ... qu'un débat était lancé ...

Et qu'il allait falloir trouver une alternative, sinon à Google, du moins à son PageRank ! Rien que ça !

07:37 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

17.03.2009

We Are the Web

kevinkelly.jpgKevin Kelly, ancien rédacteur en chef de Wired, a publié sur ce site en 2005 un intéressant papier intitulé We Are the Web, à absolument lire aujourd'hui à l'heure où la France légifère sur la création artistique et les droits d'auteur.

L'extrait ci-dessous a alors été traduit et publié en français par Internet actu :

Une simple extrapolation suggère que dans un futur proche, toute personne vivante écrira une chanson, un livre, réalisera une vidéo, tiendra un blog et codera un programme. Cette idée est-elle moins choquante que de se dire, il y a 150 ans, qu’un jour tout un chacun écrira une lettre ou prendra une photographie.

Mais que se produit-il quand les données des flux sont asymétriques - même en faveur des créateurs ? Que se passe-t-il quand chacun upload plus qu’il ne télécharge ? […] Qui sera le consommateur ?

Personne. Et c’est parfait. Un monde où la production dépasse la consommation ne devrait pas être possible : c’est une leçon des sciences économiques. Mais en ligne, où beaucoup d’idées qui ne fonctionnent pas dans la théorie réussissent dans la pratique, la croissance de l’audience n’a pas d’importance. Ce qui compte c’est le réseau de création social, la communauté d’interaction collaborative dont parlait le futurologue Alvin Toffler. […]

En 2015, les systèmes d’exploitation ne seront plus pertinents. Le Web sera le seul OS pour lequel il faudra coder. Qu’importe les objets que vous utiliserez, tant qu’ils tourneront sur le “Web OS”. Vous atteindrez le même ordinateur distribué que vous vous connectiez depuis un téléphone, un ordinateur ou votre télévision. Dans les années 90, les fabricants appelaient cela la convergence. Ils répandaient l’image d’une multitude de signaux qui entraient dans nos vies via une boîte - une boîte qu’ils espéraient contrôler. En 2015, l’image aura été retournée. En réalité, chaque objet sera une fenêtre différente qui puisera dans l’ordinateur global. Rien ne convergera. La Machine est une chose illimité qui offrira des milliards de fenêtre pour donner des aperçus de ce qu’elle est : ce que vous verrez de l’autre côté de n’importe quel écran.

Et qui écrira le logiciel qui rendra cette Machine utile et productive ? Nous ! En fait, nous sommes déjà en train de le faire, chacun de nous, chaque jour. Quand nous publions et balisons nos photos sur l’album communautaire FlickR, nous apprenons à la Machine à donner des noms aux images. Le lien qui associe la légende à l’image a la forme d’un filet neuronal qui peut apprendre. Pensez aux 100 milliards de fois où les humains cliquent sur une page web comme un moyen primordial d’enseigner à la machine ce que nous pensons. Chaque fois que nous forgeons un lien entre les mots, nous lui enseignons une idée.

08:12 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

12.01.2009

Social-Bookmark.me : veille en mode intelligence collective

Du nouveau du coté des outils de veille en mode collaboratif ! Voici Social-Bookmark.me, un outil de veille web créé par Richard Menneveux, le fondateur du moteur de recherche d'emploi Moovement.fr.

De quoi s'agit-il ? Social-Bookmark.me est un site web 2.0 spécialisé sur la veille concernant les nouveautés et l'actualité autour de sujets professionnels comme le Management, le Marketing, les Médias, les médias sociaux, la TV IP ...

L'idée de Richard Menneveux ? Centraliser sur des espaces thématiques ce que nous découvrons chaque jour sur le web et que nous souhaitons partager au sein de communautés professionnelles : des informations, des actualités ou des analyses mais aussi des services ou des sites qui retiennent notre attention. En bref une belle machine pour faire de la veille professionnelle très pointue grâce à l'œil affuté d'un réseau de veilleurs de haut vol !

Le principe vous intéresse ? Voici déjà 11 thèmes à découvrir :

A suivre...

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