09.11.2009

Stratégies d’influence dans la Cosmétique bio #2

Chartres.jpgLa première partie de notre analyse des Stratégies d’influence dans la Cosmétique bio nous a permis de souligner l'importance de la thématique du paraben - thématique que nous allons maintenant approfondir à l'analyse d'une centaine de posts récents évoquant d'une manière ou d'une autre ce conservateur utilisé dans les cosmétiques, mais aussi les médicaments et les aliments.

Ici, pas de source prédominante, mais une grande variété de blogs qui se répartissent entre ceux (un bon tiers), plutôt informatifs, donnant un avis presque technique sur les nouveaux produits cosmétiques commercialisés ; ceux (un autre tiers), type "blogs de filles" mais pas seulement, où des internautes évoquent leur vie de tous les jours ... et leurs inquiétudes face au paraben dans les cosmétiques ; de dernier tiers se révèle plus varié, des consommateurs parlant du paraben dans l'alimentation aux experts de ces molécules.

Globalement, le bilan apparaît très négatif, de charges parfois très violentes - plus de la moitié des billets - à, au mieux, de légères réserves comme : "Certaines personnes peuvent être allergiques au même titre que d'autres le sont au pollen, au poil de chien, etc." - qu'il nous faudra considérer comme les réflexions les plus positives !

Lorsque l'on se penche plus particulièrement sur le premier tiers des papiers enregistrés - posts d'information sur des produits cosmétiques, le plus souvent en phase de lancement -, l'absence de paraben constitue avant tout une caractéristique du Bio, un simple indicateur sémantique : "sans paraben" = naturel = bio, sans plus, comme l'illustre le réseau sémantique ci-dessous.

Paraben Réseau.jpg

De la simple motivation d’achat au sein des posts d'information cosmétique, le paraben devient source d'angoisses dans la vie quotidienne, notamment dans les "blogs de filles" : 8 papiers sur 10 sont négatifs, voire violemment négatifs : "Je dois me rendre compte aujourd'hui d'une chose : j'ai peur du PARABEN. Ce nom chimique est contenu dans MES produits de beauté et cosmétiques ... Et il parait que ça donnerait le cancer ... Encore !", s'inquiète ainsi Mode, beauté et bien-être.

Surtout, un document sur deux concernent les risques encourus non pas par les blogueurs et blogueuses eux-mêmes, mais leurs bébés : "Lors de mon séjour en maternité, nous avons eu comme toutes les mamans, des échantillons de produits [...] J'ai fait confiance à ces échantillons donnés dans une enceinte médicalisée [...] Une fois rentrée à la maison avec mon petit chéri et toujours cette envie de préserver son bien être, j'ai regardé les composants et là à ma grande surprise je me suis rendue compte que ce flacon contenait du paraben et ses dérivés", se plaint Natur-lm.

Non seulement les mères s'inquiètent rapidement pour tout ce qui touche à la santé de leurs enfants, mais un reportage du journal télévisé de 13 heures de France 2, datant du 18 Septembre 2008, a été posté sur Dailymotion par une certaine Ptite Mule : impossible de savoir quel influenceur se cache derrière ce pseudonyme.

Un autre influenceur, non masqué celui-ci, s'appelle Greenpeace, dont certains blogs, comme Pratique et naturel, et forums, comme Etre enceinte, relaient la liste rouge condamnant de multiples produits, dont le paraben.

Autre danger couramment évoqué, le risque de cancer du sein : et là, c'est un reportage d'Envoyé Spécial qu'évoque la mère de Thibault et Margot, avec pour preuve une étude britannique de 2004, et le livre Le grand ménage, du Docteur Saldmann, cité notamment par Le théorème de l'escarpin.

Les experts - une dizaine de posts - se montrent en regard plus mesurés dans leurs propos, même s'ils se réfèrent aux mêmes sources : le recul de l'analyse permet de se dégager des premiers réflexes anxiogènes et de s'apercevoir par exemple que "les produits de substitution sont eux aussi, allergène sur certaines personnes. On découvrira peut être dans quelques années qu'ils sont encore plus dangereux".

Et dès que l'on s'éloigne de la cosmétologie, disparaissent aussitôt les angoisses : "Les parabens sont pourtant des composants utilisés depuis presque cent ans dans les cosmétiques pour empêcher le développement de bactéries et de champignons. Ils entrent également dans la composition des gâteaux, boissons et confitures et certaines plantes en secrètent naturellement, comme la gousse de vanille, la mûre ou le raisin. Tiens, tenez-vous bien, il y en a même dans le vin blanc !", remarque  Jean Philippe.

Soudain, plus d'angoisse, comme si, hors produits de beauté, plus de danger !

Que conclure ?

Sinon que le paraben, ou plutôt le "sans paraben", apparaît ici comme un simple argument marketing - au plus mauvais sens du terme - fondé sur des peurs morbides, et relayé par des acteurs plus soucieux de leur profit personnel que de la réelle défense de la santé des consommateurs.

Et certainement la cosmétique bio mériterait mieux que de tels raccourcis, car elle regroupe des producteurs et des acteurs d'une grande sincérité, j'en ai pris toute la mesure lors de la conférence organisée le 21 octobre dernier par Cosmétic Valley et Ami Software à Chartes.

19:27 Ecrit par François Laurent dans Consommation | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

29.10.2009

Stratégies d’influence dans la Cosmétique bio

Chartres.jpgPollution, risques sanitaires, développement durable, etc. : le bio à le vent en poupe aujourd'hui ... et aiguise donc bien des appétits et déclenche également bien des convoitises.

Dans la cosmétique, si les acteurs majeurs demeurent pour la plupart encore inconnu du grand public, les marques spécialisées redoublent d'effort et de créativité pour convaincre une cible extrêmement porteuse, certains avançant au grand jour, d'autres masqués, tous surfant sur de réelles attentes ... mais également sur des peurs plus ou moins justifiées.

Discerner les stratégies d’influence dans la cosmétique bio, tel fut le thème du diner organisé le 21 octobre dernier par Cosmétic Valley et Ami Software à Chartes. Pour alimenter le débat, j'ai présenté une étude sur le thème fondée sur l'analyse du discours spontané sur le Web 2.0, blogs et mini sites de discussion confondus.

Dans un premier temps, nous avons choisi de concentrer nos recherches sur les blogueurs les plus sensibles aux concepts de développement durable, consommation responsable, simplicité volontaire, etc. : pour cela, nous avons analysé les papiers parlant de "cosmétiques bio" au sein de notre panel de 200 alter-consommateurs, élaboré en partenariat avec l'UDA ; pour en savoir plus sur sa constitution, voir ici.

Deux types d'acteurs se partagent la parole.

Les plus prolixes appartiennent à la catégories de ces acteurs du Web 2.0 que l'on pourrait qualifier de bicéphales, comme écono écolo ou Oanisha : fortement engagés dans la discussion, notamment pour défendre leurs idées et assurer la promotion des différents labels français et européens ; mais développant par ailleurs une activité commerciale.

L'intégration entre contenus éditoriaux et promotion peut revêtir diverses formes, mais la plus courante consiste à associer un blog classique à un site marchand, tous deux bénéficiant d'une même identité visuelle, comme dans la cas d'Oanisha ou de Tout allant vert.

Les autres acteurs présentent des profils - et des discours - des plus variés.

Ainsi, "Agoravox" du bio, Naturavox rappelle que seul le "Bio pour les aliments [dispose] d'un cahier des charges légal et reconnu" ; Citoyenne model a "choisi de parler mode éthique parce que je pense que les sujets sérieux peuvent aussi se traiter sous un angle ludique".

Parmi les thématiques abordées sur la période de notre étude - Janvier à Septembre 2009 -, certaines occupent une position centrale : c'est autour d'elles que se construisent les papiers ; elles occupent donc une position plus élevées que les autres sur l'axe vertical de notre graphique.

Cosmetic Central.jpg

Ainsi plusieurs papiers se centrent sur la problématique de la distribution des produits bio, et plus particulièrement sur "les alternatives à la grande distribution" : titre éloquent d'un papier de Naturavox qui pourtant commence par "72 % des consommateurs bio font leurs achats en grandes surfaces" ...

Une recherche sur cette phrase à la virgule près nous conduit vers le blog de la Maison de la nature et de l'environnement d'Aquitaine, qui recopie le papier de Naturavox, mais aussi Consoglobe, Cdurable, etc.

Et en élargissant légèrement cette recherche, on remontra à l'Agence bio, qui publie un communiqué commençant en ces termes : "72% des consommateurs-acheteurs bio achètent des produits bio en Grandes et Moyennes Surfaces".

En appliquant la démarche à d'autres sujets, notamment celui des labels, on pourra distinguer trois types d'acteurs : les sources - comme l'Agence bio ; des influencés, simples relais militants - comme Maison de la nature et de l'environnement d'Aquitaine ; et des influenceurs, que l'on pourrait qualifier d'influenceurs partisans.

Ces derniers, ce sont essentiellement les sites "Web 2.0" bicéphales précédemment évoqués, qui développent des contenus susceptibles d'influencer les achats des consommateurs dans le sens des produits qu'ils vendent ; je ne dirai pas que leurs papiers ne sont pas sincères, bien au contraire : ils accordent le plus souvent leur démarche commerciale à leurs idées.

Il suffit de comparer le discours sur le paraben de deux de ces acteurs pour s'en convaincre.

Tous les produits vendus sur Natural glam sont garantis "sans paraben" : sur son blog, sa fondatrice souligne : "Les cosmétiques bio tels qu’on pouvait les connaître il y a quelques années … c’est ‘out’ ! De nouvelles marques apparaissent et nous offrent efficacité, sécurité, éthique et glamour ! Un régal pour les sens !" - le glamour, oui, le paraben, certainement pas, donc !

"Il est préférable de se méfier de la mention "Sans conservateur, sans paraben, sans phenoxyethanol", annonce la fondatrice de Evydemment bio sur le blog Orserie : et de fait, les produits commercialisé sur son site marchand ne la comportent pas, mais prônent éventuellement "l’économie solidaire".

La problématique du paraben s'inscrit donc clairement au cœur des stratégies d'influence dans la Cosmétique bio : nous l'approfondirons dans un prochain post.

A suivre ...

13:13 Ecrit par François Laurent dans Consommation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

18.02.2009

On ne parle pas à un client comme ça

Mie.gifDe quoi je me M.E.L, le blog de Michel Edouard Leclerc, devient une véritable Cour des Miracles des réclamations : tout le monde y va de sa petite complainte, postant ses commentaires ravageurs sans trop se soucier de la teneur du papier concerné.

Et Michel Edouard de s'en plaindre amèrement : "Nombreux sont ceux qui me disent aujourd’hui à quel point il est difficile de surfer entre des commentaires qui ne répondent pas aux préoccupations de la note sous laquelle ils sont postés [...] Il n’y a pas de censure sur ce blog. Ce n’est pas une raison pour le transformer en fourre-tout".

Rendons hommage à Michel Edouard sur ce dernier point : il joue totalement le jeu du Web 2.0.

Par contre, ce n'est certainement pas en tançant ses visiteurs / clients qu'il améliorera la qualité des commentaires sur son blog, mais en améliorant avant tout la qualité du service dans ses magasins.

Il suffit souvent d'une pécadille pour perdre une vente importante, comme en témoigne cette réaction, que je livre sans en corriger l'orthographe.

"Je me permets de vous envoyer ce mail car je ne suis pas satisfaite j ai acheté un paquet de pain de mie epi d or le 27 01 09 au centre leclerc d agneaux (50) la dlc du produit 31 01 09 j ai fait appéler le responsable du rayon (qui d ailleurs ne s est meme pas déplacé) il a juste répondu a l acueil au téléphone) et lui a trouvé normal que le produit est 4 jours de date !!!!je lui ai expliqué qe c etait pour un gouter vendredi d enfants a l ecole et que si ils ne mangeaient pas tout ils ne pourraient pas le finir lundi et la ce n etait pas son probleme et bien vous voyez j avais l intention d acheter une television en promo a 499 euros et bien je ne l acheteras pas chez leclerc mais chez but elle est plus cher mais la vu comment on s interresse au client .pour un paquet a 0.78 euros vous perdez une vente a 499 euros je peux vous prouver que je ne ments pas la tele j irais mardi soir la commander chez but je peux vous faire un double de la facture !!!"

Une pécadille plus une pécadille plus une pécadille, ça fait rapidement beaucoup ; et si l'on peut excuser parfois les nerfs d'une caissière payée au lance pierre, on pourrait attendre plus d'un chef de rayon, bien souvent de niveau Bac + 2 ou plus.

L'avantage d'avoir son propre blog, cela permet de canaliser en un même endroit toutes les réclamations ; l'inconvénient, c'est que cela les rend plus visibles.

"Je ne dispose d’aucune assistance relais pour faire suivre les réclamations commerciales ou même en contrôler la véracité", précise encore Michel Edouard : et certainement est-ce là une erreur magistrale.

Car tout l'art d'une bonne Gestion de la Relation Client, ce n'est pas d'imposer un gichet unique des réclamations - "J’invite donc les consommateurs qui le souhaitent (demande d’infos ou réclamation) à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne" - mais de savoir y apporter les réponses adéquates, là où elles se trouvent.

07:07 Ecrit par François Laurent dans Consommation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

23.12.2008

Bricolage et décoration : ça converse sur Internet !

colette-1181585477-colette-X-90-500.jpgUne conférence organisée par LesYeuxduNet et AMIsoftware, avec l’efficace participation de François Laurent, directeur de ConsumerInsight et co-président de l’Adetem – le 18 11 2008 au WaterBar de la Boutique Colette

Dernier épisode (pour le premier, c'est ici) de l’étude qui met en valeur ce qu’Internet peut apprendre aux marketers du monde du Bricolage et de la Décoration.

Dernière thématique choisie : Je veux des luminaires.

Tout d’abord, Internet révèle la richesse de l’offre : du vintage à la récup en passant par les créateurs et les enseignes grand public. Les contenus des échanges et informations sont extremement variés :

  • Des Avis consommateurs : «J'ai acheté un lustre chez Keria il y a seulement 1.5 an. J'ai cassé une des 5 verreries et Keria me dit qu'ils n'ont pas de pièce de rechange en stock »
  • Des questions et des conseils : « Besoin de conseils pour être sûr de choisir un luminaire approprié »
  • Des optimisations et des économies : « Fabriquer un petit luminaire à moindre frais, pas de problèmes ! Il vous faudra une guirlande lumineuse, une branche ramassée au grès de vos balades, un petit peu de peinture et pourquoi pas une petite lanterne chinée pour 2 francs 6 sous … »
  • Des créations et des innovations : « Le designer japonais Kyouei a créé la lampe Balloon : une diode luminescente (led), une pipette de gonflage, et vous pouvez transformer n'importe quel ballon de baudruche en un luminaire unique, léger et mobile, bénéficiant, de plus, d'une longue autonomie »
  • … et des push Produits / Marques : «Ilightyou.com est le premier site internet Français de vente de luminaires design sur internet et je commande régulièrement chez eux »

On peut voir aussi certains contenus comme un véritable cahier de tendance de l’offre luminaires : matières, formes, usage… Les idées sont là ! Il reste à les suivre régulièrement et de manière automatisée afin de pouvoir exploiter ce gisement de pistes créatives !

La sémantique globalement est orientée plaisir :

  • Objet touche personnelle dans un décor pré-installé
  • Objet qui se choisit en dernier lieu
  • Objet dans lequel on trouve un choix rassurant en termes de forme/matières/prix
  • Objet qu’on dit qu’on peut changer régulièrement
  • Objet synonyme de recherche de bien-être

A retenir au niveau marketing : les luminaires apparaissent comme :

  • Un achat coup de cœur qui n’empêche pas la recherche de l’objet juste ni du bon plan financier
  • Un univers dans lequel on montre ses choix, ses goûts
  • Des espaces ou les internautes ont envie de conseiller, de montrer leurs coups de cœur
  • Une Forme d’éditorialisation du blogueur

Aussi, les blogs peuvent jouer un rôle important, au niveau des supports de presse traditionnelle : les marques doivent y être. Ils blogs jouent leur rôle de détecteur de tendance au même titre que dans le luxe ou du high-tech.

 

Contactez-nous pour en savoir plus sur cette étude gratuite.

07:03 Ecrit par Elisabeth Exertier dans Consommation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ami opinion tracker

16.12.2008

Bricolage et décoration : ça converse sur Internet !

colette-1181585477-colette-X-90-500.jpgUne conférence organisée par LesYeuxduNet et AMIsoftware, avec l’efficace participation de François Laurent, directeur de ConsumerInsight et co-président de l’Adetem – le 18 11 2008 au WaterBar de la Boutique Colette

Second épisode (pour le premier, c'est ici) de l’étude qui met en valeur ce qu’Internet peut apprendre aux marketers du monde du Bricolage et de la Décoration.

La seconde thématique que nous avons étudiée se résume ainsi : J’ai un projet de cuisine intégrée

L’analyse des documents Internet montre rapidement qu’il s’agit là d’une véritable aventure de la vie domestique avec ses obstacles/ses doutes et une grande dose d’envie !

Une envie tempérée par certaines méthodes commerciales peu morales…Du coup, les occurrences négatives sont élevées : 28% des billets ou échanges dans les forums sont des avis peu vendeurs sur les enseignes, le parcours client, l’accompagnement des prestataires.Il est vrai que cette masse d’information permet de reconstituer tout ce parcours : du projet à l’usage de cette désirée cuisine intégrée :

  • Le choix des prestataires : artisans, enseignes, fabricants
  • Le choix de l’électroménager
  • Le choix des matériaux
  • Le budget

Elle met aussi en évidence la dimension impliquante du projet :

  • Qui justifie une phase longue de projet : recherche d’info, visite prestataires etc.
  • Qui justifie généralement au moins l’intervention d’un professionnel
  • Qui s’arrête sur ce qui parait critique : ex. le plan de travail
  • Une phase grandement facilitée par le travail d’information partagée accumulé par les internautes
  • Qui justifie un travail préalable précis sur les choix budgétaires : Nombreux devis sont mis à disposition des internautes pour recueillir des avis

Internet va jouer un rôle clé à toutes les étapes :

  • Des internautes mettent en ligne de véritables benchmarks concurrentiels sur les enseignes
  • Toutes les composantes et étapes du projet sont exposées et débattues
  • Des conseils pour ne pas tomber dans les ficelles commerciales de vendeurs peu scrupuleux sont dévoilés
  • Les budgets sont dévoilés, comparés, analysés

Au niveau marketing, cette richesse donne des pistes d’investigations :

  • Faut-il accompagner davantage les « aspirants cuisine » en donnant des gages de réussite à toutes les étapes du projet ? En Dé-dramatisant !
  • Donner des grilles de comparaison/de tarif qui permettent une meilleure transparence
  • Etudier plus en détail le parcours de l’internaute qui a un projet jusqu’à l’installation effective de la cuisine : chaque obstacle mis en valeur au travers ces expériences sont autant de points noirs sur lesquels bâtir une réputation dans le temps
  • N’y-a-t-il pas la place pour un Contrat de Confiance Cuisine ?

    • Honnête
    • Transparent
    • Humain

Internet, réceptacle de certaines déceptions de clients du secteur, pose aussi ce paradoxe :

  • Les enseignes et les marques travaillent leur image à coup de publicités… éphémères …
  • Et les internautes – parfois mécontents - gravent leur réputation sur la toile …

Prochain épisode : Je cherche des luminaires. Rendez-vous le 23 Décembre ici même.

Contactez-nous pour en savoir plus sur cette étude gratuite.

09.12.2008

Bricolage et décoration : ça converse sur Internet !

colette-1181585477-colette-X-90-500.jpgUne conférence organisée par LesYeuxduNet et AMIsoftware, avec l’efficace participation de François Laurent, directeur de ConsumerInsight et co-président de l’Adetem – le 18 Novembre dernier au WaterBar de la boutique Colette.

Quand deux univers d'expression personnelle se rencontrent ...

Les Français adorent décorer leur intérieur, et encore bien plus bricoler :

  • Les chiffres le montrent : 200 titres de presse Déco en France, des émissions dédiées en TV
  • Les dépenses réalisées dans ce secteur augmentent très régulièrement : + 7,3% en 2007, source TNS

Aménager, décorer son appartement, sa maison : une façon très naturelle d'exprimer sa personnalité.

Dans l'univers d'auto-expression : Web 2.0, les Français ont de plus en plus le "blog facile".

Rien d'étonnant alors qu'ils aiment faire partager à tous les autres internautes leurs passions et prodiguer leurs conseils sur les blogs, les forums, etc.

Qui parle ? Quelle volumétrie de « billets » ? Quels contenus ? Quelles typologies de « rédacteurs » ? Qu'en apprendre d'un point de vue marketing et communication ?

AMI Software et Le Site Marketing, et son service dédié à la Veille Internet : LesYeuxduNet, se sont associés pour étudier les tendances dans ce domaine et on travaillé sur 3 thématiques :

  • Je veux changer mon carrelage ;
  • J’ai un projet de cuisine intégrée ;
  • Je cherche des luminaires.

Avant tout, l’information sur ces thèmes de bricolage et décoration est massive : 8 à 10 000 documents par an. Les sources sont elles improbables : ainsi des Forums comme Doctissimo présente une rubrique « forum pratique » riche en échanges sur ces sujets, ou MagicMaman - un forum dédié aux sujets autour de la maternité et des enfants - parle également maison.

Une information également diversifiée diversifiée … Aujourd’hui, nous vous proposons de l’illustrer par les conclusions majeures sur le carrelage.

Je veux changer mon carrelage

La sémantique employée est celle d’experts éclairés qui échangent sur des sujets d’une grande technicité avec beaucoup de précision dans les réponses apportées : on est dans le domaine du vécu et par cela, on dépasse les fonctions des fiches bricolage des enseignes !

Les forums (27% des occurrences) regroupent les questions techniques et on y attend le reflet de toutes les questions des internautes sur le comment choisir/préparer/poser/entretenir/réparer un carrelage.

Dans les blogs déco sont davantage exposés les idées autour des thématiques du décor mais ces commentaires sont secondaires vs ceux des forums (48%).

Plus de sueur que de plaisir, c’est ce qui ressort globalement de l’analyse des billets dans les blogs et forums spécialisés. C’est à se demander si en lisant ces informations, les internautes ne serait pas tentés d’abandonner la piste du carrelage à poser soi-même tellement que les obstacles semblent nombreux …

Mais c’est sans compter l’intelligence collective que représente Internet !

Pour les persévérants, Internet apporte les réponses à des difficultés les plus précises ( faire un trou dans un carrelage ou rénover une tommette ébréchée …).

Pour les moins habiles (ou courageux), les échanges vont bon train sur une alternative : peindre ses vieux carreaux plutôt qu’en poser des nouveaux ! 46% des occurences vantent cette solution !

Alors quelle exploitation marketing possible une fois qu’on détient ces pistes de réflexion, reflet des parcours « clients » ?

Pour les enseignes et les marques peu citées dans ces échanges, il faut songer prendre une place dans ces forums et blogs très visibles sur internet.

Pour les chefs de rayon, tester une double implantation de peinture sur carrelage dans le rayon carrelage ?

Pour les marketers, accompagner plus les étapes de pose de carrelage en rendant visible ce vécu client qui enrichit un travail informatif habituellement plus normé

Pour les marques ? Se poser la question de leur faible présence dans ces échanges…Ce qui ne contribue pas à rassurer les aspirants bricoleurs ?

Prochain épisode : J’ai un projet de cuisine intégrée. Rendez-vous le 16 Décembre ici même.

Contactez-nous pour en savoir plus sur cette étude gratuite.

10.10.2008

Fin du coup de tête

caddie_distribution_commerce.jpgSelon une étude réalisée par le Credoc, les Français réalisent moins d'achats sur coup de tête : 50,8% déclare le faire "moins que d'habitude", contre 35,3% il y a un an. Le pouvoir d'achat est en berne et la crise financière n'était pas encore passée par là, puisque le terrain de l'étude date de début septembre 2008.

Et bien évidemment, ils cherchent plus à profiter des offres promotionnelles : 36,3% déclarent avoir accentué leur comportement en ce sens en 2008 contre 20,5% en 2007.

C'est dans ce contexte, qu'Internet devient aujourd'hui le moyen de commande à distance le plus utilisé (plus d'un acheteur à distance sur deux) ; et 38% de ces cyberacheteurs n'hésitent même plus à commander à l’étranger.

Enfin, pour 77% des Français, l'achat à distance permet de mieux maîtriser les prix.

En résumé : si les Français plébiscitent Internet en termes d'achats à distance, ce n'est plus seulement pour des questions de facilité - ce qui était le cas des premiers geeks il y a encore quelques années ; bien au contraire, c'est parce que c'est désormais le lieu idéal des achats réfléchis, où l'on peut à la fois s'informer en toute tranquillité et comparer les prix.

Si la toile est devenu un "Village Global", elle est également devenue un immense magasin où les consommateurs peuvent non seulement choisir à leur guise, mais profiter des conseils avisés de leurs pairs ... sans être gênés par la présence du vendeur.

08:20 Ecrit par François Laurent dans Consommation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

25.09.2008

Buzz et consumérisme

94e7cfca4304549bc984fd9517a6c8ae.jpgEn matière de buzz, le plus efficace est celui qui circule seul et gratuitement, sans le secours de quelque agence de communication ou de relations publiques.

Quelques marques emblématiques - Converse, Google, etc. - le déclenchent aisément ; d'autres - Nike - plus involontairement, quand les blogueurs se plaisent à systématiquement pointer leur manque d'éthique par exemple.

Quand le buzz porte sur une question d'actualité ou un problème sociétal, il faut que la préoccupation sous-jacente se révèle particulièrement puissante ou suffisamment scandaleuse.

Si l'on additionne pouvoir d'achat et escroquerie des consommateurs, la mayonnaise prend immédiatement corps ... et malheur aux quelques marques érigées en exemple et vouées à la vindicte publique.

60 million de consommateurs vient de révéler comment certains producteurs alimentaires reconstituaient leurs marges sur le dos de leurs clients, notamment en diminuant les quantités des conditionnements ... sans toucher au prix :

"C'est ainsi que le Prince de LU se retrouve désormais bien à l'étroit dans son emballage. Hier, le paquet pesait 330 g ; aujourd'hui, il n'en pèse plus que 300. Pour le même prix, évidemment. De la même manière, régime Jockey pour le célèbre fromage blanc de Danone, dont le pot de 1 kilo ne pèse plus que 850 g. Plus subtil, le pot de Danette pèse toujours 125 g. Sauf si vous l'achetez par pack de 16. Bizarrement, il ne pèse alors plus que 115 g".

Premier de la liste, Prince de LU fera le tour de la blogosphère, de Tous à la cuisine à Mon Mulhouse en passant par Les Chroniques de Jean-Marie Darmian ...

Pourquoi s'en prendre en priorité à cette marque plutôt qu'à une autre ? Très certainement parce qu'elle bénéficie à la fois d'une forte notoriété et d'une belle image, et qu'elle investit des sommes importantes en publicité ; ce qui par effet boomerang fragilise sa réputation.

Désormais, plus une marque est puissante, moins elle a droit à l'erreur.

08:05 Ecrit par François Laurent dans Consommation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

18.09.2008

Suivre la construction d'une maison au jour le jour

d58f52897652346e922d54fdf9fc6ca4.jpgFaire construire sa maison constitue une sacrée aventure surtout avec des moyens financiers très limités : où s'embarque-t-on réellement ?

Dans un lotissement, on peut toujours regarder comment s'y prennent les voisins : si le terrain amoureusement trouvé est un peu loin de tout, on se sent bien seul.

On peut surfer sur la toile : on y trouvera des tas de conseils pour élever un mur, souder une canalisation, décorer son salon ... mais aussi discuter avec un chef des travaux, un architecte, voire dénicher l'avocat spécialisé en cas de malfaçons. Toutefois, c'est du patchwork, pas une vision d'ensemble.

Mily et Will se sont lancés dans l'aventure : ils ont acheté une maison Phénix et au jour le jour, expliquent, photos à l'appui, comment ça se passe.

Harmonie notre maison Phénix : avec  un tel nom, on se pose tout de suite la question : vrai ou faux blog ?

Ben, soit le chef de pub qui rédige le blog sait s'y prendre pour faire "vraiment vrai", notamment au niveau de l'orthographe, soit il s'agit d'une entreprise sincère :

"Mais vraiment ça fait du bien de signer tout c'est papiers, le projet avancé à grand pas ..."

Tout est dans ce style ... un témoignage particulièrement intéressant pour ceux qui hésitent encore à se lancer dans l'aventure.

La photo en vignette date du 23 Mai : la maison vient d'être livrée ... reste à la monter.

Pour la photo finale, faudra attendre encore un peu.

09:21 Ecrit par François Laurent dans Consommation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

27.08.2008

Les mots pour le dire : c’est quoi, une voiture propre ?

df1da8f1e7daac32814170755152071c.jpg94% des Français se déclarent intéressés par posséder « une voiture propre, qui ne pollue pas » – dont 64% beaucoup intéressés : un réel plébiscite, selon ce sondage réalisé en Septembre 2006 par LH2 pour la MAAF.

Une voiture propre : mais au fait, c’est quoi une voiture propre pour les Français ? Petit détour au sein de la blogosphère, parmi la centaine de billets postés sur le sujet au cours des trois derniers mois.

Premiers concernés … ou plutôt impliqués par les blogueurs : les pouvoirs publics – gouvernement, mais aussi commission européenne – et l’industrie automobile, bien évidemment !

En d’autres termes, « il n’y a qu’à … » : « Le gouvernement aurait dû amener l'acheteur potentiel vers des véhicules véritablement écologiques » déclare l’un … auquel un autre fait ainsi écho : « Gouvernements et industriels jouent à qui soutiendra le plus la voiture électrique ».

« Jouent à » : car le scepticisme est rapidement de mise dès que l’on évoque les mesures prises par nos dirigeants en la matière ! Bref, la voiture propre, j’en ai vraiment envie … mais il faudrait que Nicolas Sarkozy, Jean Louis Borloo et Carlos Ghosn – parmi les noms les plus cités – se bougent un peu, au nom du « développement durable » et de « l’effet de serre » réunis … mais sans nuire à mon « pouvoir d’achat », chanson bien connue – le terme revenant quand même près d’une fois sur 10 !

Toutefois un inconnu se classe en tête du peloton : Jean Claude Puerto, président d’Ucar, société spécialisée dans la location de véhicules et qui s’est permis l’accroche publicitaire suivante : « Les pauvres sont dégueulasses, ils polluent ». Accroche citée dans un post sur 6 – tous centrés dans les jours suivants la campagne, et tous très naturellement indignés !

« Une campagne dérangeante, écrite comme un manifeste et qui pose la question du droit à la voiture propre pour tous », se justifiait le loueur sur son site : une annonce simplement maladroite … ou volontairement provocatrice ?

J’oubliais : je n’ai retenu que les billets parlant de voiture propre dans l’acception de non polluante ; car pour bon nombre de nos concitoyens, un voiture propre, c’est avant tout … une voiture d’occasion, suffisamment bien entretenue pour justifier une vente au-dessus de l’Argus !

08:30 Ecrit par François Laurent dans Consommation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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