25.01.2010
Banques et réputation : la Société Générale
Petite continuation dans le monde des banques et de leur réputation avec la Société Générale.
Disons-le d'entrée, cette dernière traine un sacré boulet nommé Kerviel, toujours aussi présent au sein de la blogosphère : ce matin encore, un blogueur, News of tomorrow, titrait "Z’auriez pas un Kerviel qui traine ?" , un papier commençant en ces termes : "Vous auriez pas quelqu’un à nous prêter, c’est pour justifier quelques 35 milliards de pertes. Vous pouvez envoyez votre CV à la Societé Générale ..."
Mais, nous allons le voir, la banque se débrouille très bien sans lui pour susciter la critique, voire l’hostilité et déclenchant des controverses !
Sur la période de notre étude - novembre 2009 - un seul signal fort, (voir carte ci-dessous) mais conséquent sur le thème : "La Société Générale prévoit un effondrement de l’économie mondiale d’ici à 2 ans". Pas moins de 1 post sur 2 !
La banque venait juste d'adresser un petit courrier à (une partie de) ses clients pour les informer "de la possibilité d'un effondrement global de l'économie" et leur expliquer "comment sauver les meubles", selon les termes d'Operation Walden, citant un article du Telegraph.
Et force est de reconnaître que les internautes n'ont pas vraiment apprécié la nouvelle : ainsi Les dernières nouvelles du monde titrent-elles sur "les banksters de la Société Générale".
Bref, le buzz - ou la rumeur, comme dirait Molière - est lancé, et comme le signalait Jean-Noël Kapferer dans son livre éponyme, c'est "une information parallèle, donc non contrôlée" ... et non contrôlable !
Dès lors, plus grand monde pour venir au secours de la banque, même parmi les blogueurs financiers, d'autant que ce n'est pas là le seul sujet de récriminations : il y a aussi ces "60 000 salariés de la Société Générale [qui] ont fait grève" et ces "entre 100 et 200 d’entre eux [qui] ont participé à un sit-in dans le hall de la tour de la banque à La Défense", pour réclamer leur part des retours aux profits, comme le rappelle Drakkar on line.
Même si les blogueurs financiers, généralement si réservés, s'y mettent, on imagine la curée parmi les politiques et les syndicalistes : tout devient prétexte à la critique, tandis que s'exerce une forte pression syndicale.
Cyril Lazaro s'indigne parce que "C'est toujours les mêmes qui touchent les bonus et les stock-options" ; tandis que la CFDT rappelle sur un de ses blogs que ce salarié qui "attaque son actuel employeur, la Société générale, pour demander la rupture de son contrat de travail" s'appelle ... Jean-Pierre Bertrand, "père de Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP et ancien ministre du Travail" : ça fait désordre.
Il n'y a guère que les blogueurs High Tech et Marketing pour sauver la face de la banque ... et encore ! Ainsi Les mot sont un sens trouve que dans un récent spot publicitaire, elle "se vante d'être "là pour nous aider", quand la musique de fond nous dit exactement le contraire" : erreur sémiotique ?
Et les blogs de vie, ceux des internautes qui se racontent au quotidien, qu'en disent-ils ? A peu près la même chose : critique des profits, de l'analyse tendancieuse de la crise, de prêts trop rapidement accordés à une société Londonienne à l'éthique douteuse, le tableau se confirme.
Que conclure ? Sinon que lorsqu'on s'est fait plusieurs fois prendre la main dans le sac et que l'on traine quelques boulets, mieux vaut adapter un profil bas et tenter de se faire oublier des blogueurs.




























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