08.06.2009
Buzz de la semaine : Susan Boyle
Tout le monde n'a pas nécessairement retenu le nom de Susan Boyle, mais tout le monde a entendu parler de cette Écossaise de 48 ans, à la voix d'ange mais au physique particulièrement ingrat, qui a conquis toute l'Angleterre par sa performance dans l'émission Britain's Got Talent, à commencer par la Reine herself et le Premier Ministre Gordon Brown - avant de terminer seconde, lors de la finale du samedi 30 mai 2009.
De toutes façons, comme toutes les célébrités de ce bas monde, elle dispose aujourd'hui de sa page sur Wikipédia - et je ne parle même pas de la version anglaise, 5 à 6 fois plus documentée et qui ne propose pas moins de 86 références !
Sur YouTube, la vidéo de son premier passage à Britain's Got Talent a été regardée plus de 4,4 millions de fois et fait l'objet de plus de 10 000 commentaires.
En France, près de 400 papiers ont été publiés sur les huit jours qui ont précédés et immédiatement suivi la finale de Britain's Got Talent.
Avant la finale, la chanteuse s'inscrit au cœur d'un réseau sémantique très cohérent, soulignant chacune des facettes du personnage : son incroyable talent mais son physique ingrat, sa notoriété fulgurante et sa chanson fétiche - I Dreamed a Dream - ainsi que la pression médiatique qui commence à émerger dès le milieu de semaine.

Pourtant, en début de semaine, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes : "J'aime Susan Boyle, sa simplicité, ses joues dodues, sa maladresse et son franc-parler à l'accent rugueux de son Écosse natale", s'enthousiasmait Quinquabelle.
Mais vers la fin de semaine, elle semble "péter les plombs" pour Star News, qui précise : "Susan a déjà piqué deux grosses colères dont une a nécessité l'intervention de la police. La chanteuse s'est fortement énervée sur des personnes qui l'avaient attendue dans le hall de son hôtel pour venir l'encourager".
Et Cycle psychique et émotionnel septennal - ça, c'est un nom de blog ! - de rapporter l'analyse du psychiatre Jo Hemmings : "Elle est persuadée qu’elle va gagner, et c’est là que réside tout son problème".
Résultat dès le dimanche suivant, et son échec en finale, apparaît une nouvelle expression saillante : sa dépression, comme le souligne le schéma ci-dessous (la taille du cercle indique l'importante de l'expression dans les posts, sa hauteur sur l'axe vertical, sa centralité, de simple citation sans grande importance à sujet incontournable des papiers).
En effet, les blogueurs cessent d'opposer son incroyable talent à son âge, pour se focaliser désormais sur le poids des médias et sa maladie ...

En Grande-Bretagne, on recensera deux fois plus de papiers qu'en France.
Deux expressions saillantes émergent rapidement : Priory Clinic (où elle sera hospitalisée) et emotional breakdow, comme le souligne le nuage de tags.

Suivons la centralité des deux expressions second place et emotional breakdow, sur les trois jours suivant la finale : alors que la chanteuse demeure au centre d'importants débats, son (demi) échec apparaît secondaire par rapport à sa santé mentale : faut-il y voir la recrudescence des papiers en début de semaine suivante ?
On a souvent glosé en France sur la passion exagérée des anglais - et de leurs tabloïds - pour les faits de société un peu glauques : la blogosphère britannique obéirait - elle au même penchant ?

Quoi qu'il en soit, la vie de Susan Boyle a changé ... et cela, elle n'y était vraiment pas préparée, comme le note Bump Shack : "Susan is a big star now and she has to learn how to deal with this new found overnight fame before it kills her. She needs someone to guide and advice her. We hope Susan gets well soon and continues to enchant us with her voice".



























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