11.05.2009
Buzz de la semaine : Société Générale, le retour
Un an après l'affaire Kerviel, la Société Générale occupe de nouveau le devant de la scène avec de nouvelles avanies : scandale de la SGAM, révélé par Libération le 27 Avril, suivi départ de Daniel Bouton, son président.
Jusque là, la banque affichait plutôt profil bas sur la toile, avec juste quelques posts quotidiens provenant essentiellement de blogueurs issus du monde de la finance, plus quelques activistes comme Panier de crabes.
Personne n'émerge réellement, avec 10 papiers Daniel Bouton devançant nettement Nicolas Sarkozy et Frédéric Oudéa, le nouvel homme fort : les papiers sont souvent très techniques et peu critiques. Bref, business as usual.
Et si l'on parle bien de "stock options", l'expression la plus fréquente est ... "développement durable", juste devant "assurance vie" - et bien sûr,
Le groupe Société Générale a lancé un Programme « Green IT » qui vise non seulement à réduire les émissions de CO2 de son informatique, mais également à mettre à profit les nouvelles technologies pour améliorer l'empreinte environnementale de l'ensemble des activités", comme le rappelle Les 4 éléments.

A partir du 27, la volumétrie monte en flèche - avec 70 posts pour le seul lundi 27 Avril - et le ton change : Libération a sorti son nouveau scoop.
Et le lecteur assidu de la saga de découvrir de nouveaux noms : Philippe Brosse, directeur général de SGAM Alternative Investments ; Philippe Collas, directeur général adjoint de la Société générale et responsable de l'ensemble de la gestion d'actifs et souvent présenté comme un "proche de Daniel Bouton" ; patron de la banque de financement et d'investissement (BFI) de la Socgen au moment de l'affaire Kerviel".

Au cœur des discussions, les 10 milliards avancés par le quotidien et quelques autres estimations : 11,2 ; 10,4 ; voire "seulement" 5,3 milliards ... c'est-à-dire le montant perdu lors de l'affaire Kerviel bien bien évidemment refait surface !
Sauf que ce n'est plus l'affaire Kerviel, l'erreur d'un homme seul, mais bien celle d'un "département tout entier", "laissé libre de spéculer" : des "faits édifiants", mais "aucun rapport" donc avec le précédent scandale - sinon les montants.
D'où la multiplication des conditionnels et l'opposition "affirme Libération" versus "Libération fait la confusion" (le démenti de la banque), ainsi qu'un intéressant clivage entre blogueurs.
D'un côté, ceux de la finance qui soutiennent rapidement la banque, comme CFO News qui conclue sur son communiqué rectificatif : "Le journaliste insinue que Société Générale aurait enregistré une perte ..." ; les autres, eux, se montrent nettement plus critiques à son égard, comme Le web pédagogique qui titre sur : "A la Société Générale, une perte de 5 milliards peut en cacher une autre".
Bref, comment couper court à la polémique et enterrer ce "nouveau scandale" ? Daniel Bouton doit démissionner.

Une affaire Kerviel qui s'en va repousser au second plan celle de la SGAM - pas complètement oubliée, mais moins présente.
Mission accomplie ?
Si l'on compare les volumétries (taille du cercle) respectives de Daniel Bouton et SGAM sur la période, et surtout leur centrage (importance dans les posts, mesurée sur l'axe vertical), on constate que le 29, le scandale de la SGAM domine largement, couvert dès le lendemain par le départ de Daniel Bouton.

Mais quand ils rentreront le lundi, ce sera dans un climat apaisé : si le scandale de la SGAM demeure présent, la démission de Bouton continue de jouer les pare-feu.
Jusqu'à quand ?
























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