31.03.2009
Du bloggueur influent !
Le Club des non "bloggeurinfluents"!
Cela ressemble à une plaisanterie de potaches (et nous nous en sommes bien amusés) mais cette question est plus sérieuse qu'elle en a l'air. Lorsque nous avons commencé à nous intéresser à l'analyse d'opinions sur le Web, très vite le "bloggueur influent" et ses soirées V.I.B. sont apparus notamment auprès de certaines agences et instituts qui y attachent beaucoup d'importances. Pourquoi? D'abord, parce que c'est un concept rassurant. S'il est influent c'est qu'il "compte" et donc qu'on va pouvoir mesurer l'impact de ses propos. Finalement c'est un peu comme avec la presse et les bons vieux modèles vont s'appliquer. Rassurant car pas grand chose à changer aux méthodes de travail habituelles et donc aux modèles économiques en cours.
Sauf qu'en y regardant de plus près, l'approche est fausse pour deux raisons:
1) si la presse dispose d'outils puissants et reconnus par tous pour mesurer son lectorat, la mesure d'influence des blogs est sujette à beaucoup de controverses: essentiellement basée sur le "pagerank" de Google - note comprise entre 1 et 10, de fait 6 en France - elle ne correspond pas à grand chose, ce dernier ayant été inventé pour faciliter le surf (il mesure le nb de liens entrants) pas pour mesurer un niveau d'influence ! L'auteur de ce papier a un blog "en sommeil" depuis plus de 6 mois (Intelligence collective c'est mieux !) et pourtant il a toujours un page rank de 4 qui n'est pas si mal. Personnellement, je lui donnerais 1 !
2) plus généralement, est-ce que le web social est un modèle "top down" c-à-d quelques spécialistes (dans la presse, on parle de journalistes) qui donnent des informations et des analyses éclairées au plus grand nombre ! La récente enquête de Médiamétrie permet d'en douter très sérieusement. Nous avions déjà relevé dans ce blog que le consommateur faisait peu de cas des avis "éclairés" de bloggeurs influents. L'étude publiée sur Microsoft Vista ici - et le temps n'a fait que lui donner raison - était sans appel. La dernière fois que j'ai acheté un appareil électronique sur le Web, j'ai essentiellement regardé "les avis de consommateurs" sur les sites type FNAC, Amazon. Et quitte à lire des avis "éclairés", je préfère consulter la presse spécialisée ou les revues de consommateurs.
En fait, le développement du Web social s'est fait autour de lieux d'échanges donc un modèle réseau et non un modèle hiérarchique . Penser que le modèlel "top down" de la presse peut fonctionner c'est se tromper! D'ailleurs, personne ne s'est risqué à comparer "bloggeur influent" et "journaliste" même si certains aimeraient le faire !
Conclusion: vouloir utiliser les modèles d'influence tels qu'ils sont hérités de la presse est une erreur. Si vous suivez ce blog, chaque semaine dans la catégorie "Une campagne par semaine" nous montrons au contraire que la richesse du Web 2.0 est bien ailleurs !
Alain Beauvieux
09:29 Ecrit par AMI Software dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : influence, médiamétrie














Commentaires
Article intéressant mon cher Alain. L'influence c'est une sorte de pouvoir... Et l'on a le Pouvoir que ce que les autres veulent bien nous donner.
Qu'en penses-tu ?
Ecrit par : PPC | 01.04.2009
Merci Pierre-Philippe pour ton commentaire. L'influence, c'est bien évidemment le pouvoir, à commencer celui de convaincre les autres que l'on a raison.
L'objet de ma note est de mettre en avant que le Web introduit un mode différent d'influence qui n'est pas un modèle hiérarchique type presse, mais un modèle réseau où les influenceurs sont moins simples à identifier et surtout plus variables en fonction du sujet et du moment. C'est en cela que le système de mesure de l'influence basé sur le page rank n'a aucune valeur.
Ecrit par : Alain Beauvieux | 03.04.2009
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.