25.02.2009

Barack Obama et les Déconsommateurs

obama.jpgQue pensent les "Déconsommateurs" de Barack Obama ?

Par "Déconsommateurs", nous entendons ici les blogueurs sensibles aux idées de "consommer moins pour consommer mieux", "simplicité volontaire" et/ou "développement durable", etc. que nous avons panélisés dans le cadre notre recherche en partenariat avec l’Union des Annonceurs.

Donc, que pensent les "Déconsommateurs" de Barack Obama ?

Bien des choses : près de 300 documents publiés du 1 décembre au 6 février, avec un pic à une petite vingtaine lors de son investiture … plutôt conséquent pour un panel de 200 blogueurs.

Il y a bien sûr les gros contributeurs, avec 30 posts, comme enjeux.org ou auterive.parti-socialiste.fr ; et les petits. Mais la grande majorité des blogueurs aura publié au moins deux papiers, preuve que le sujet passionne.

Et au final, un membre du panel sur quatre se sera exprimé.

Des politiques, comme auterive.parti-socialiste.fr donc, soit pour tacler le Président de la République Française : "Nicolas Sarkozy, le drame de la jalousie" ; soit pour évoquer le "désir de venir à Washington de Ségolène Royal" ; soit encore pour s’enthousiasmer des premières mesures du Président Américain : "Obama plafonne les salaires des patrons aidés".

Des économiques, comme enjeux.org, pour s’interroger sur les "responsabilités [du] futur CTO d'Obama ?", mais aussi sur la façon dont la nouvelle équipe va traiter … notre Roquefort et revenir ou non sur "la décision américaine de tripler les droits de douane sur le roquefort".

Des écologistes, comme mneaquitaine.wordpress.com, pour rappeler que le Président Américain "s’est inspiré du programme Repower America élaboré par Al Gore qui prévoit de mettre en place en 10 ans un modèle énergétique rendant les Etats Unis indépendants du pétrole" … … et tacler également au passage le gouvernement français :

"Je le voyais donc arriver gros comme le nez au milieu de la figure, le couplet sur le fait que la relance serait environnementale ou ne serait pas (en plus y avait qu’à copier Obama, même pas la peine que les conseillers de notre présent se creusent la caboche), puisqu’il n’y aura pas plus d’activités économiques sans ressources naturelles que de beurre sans lait. Et bien j’en aurai été pour mes frais : rien ! nada ! nib ! peau-de-balle ! bernique !"

Et puis, il y a les sceptiques purs et durs, comme diablogtime.free.fr, qui titre en gras : "Pourquoi Obama ne peut que décevoir", évoquant même "le pseudo gouvernement démocrate d’Obama".

Bref, bien des discours différents, où le plus souvent le nouveau Président Américain apparaît porteur d’espoir – quand il n’est pas cité en modèle absolu … ne serait-ce que pour mieux révéler nos propres problèmes franco français, en regard !

Alors passons tout cela au tamis linguistique pour voir ce qui, par delà enthousiasme et divergences, pourrait constituer le dénominateur commun à nos 50 blogueurs déconsommateurs quand ils évoquent Barack Obama et plus particulièrement son investiture, et la période qui la précède immédiatement.

Précision importante : cette analyse reflète moins – au pas seulement – la manière dont ces blogueurs français voient le nouveau Président américain … que leurs préoccupations personnelles, actuelles … et parfois très françaises !

D’où un magnifique nuage de tags avec le … changement climatique au cœur des débats, pas loin devant bien évidemment la crise financière et la crise économique !

Surtout le changement climatique présente une plus forte centralité que les deux crises : il constitue une des préoccupations majeures de nos blogueurs, qui l’inscrivent au cœur même de leurs posts.

Avant l’investiture, la thématique s’inscrit dans le champ des promesses : "En l’absence de la nouvelle administration américaine qui n’entrera en fonction que le 20 janvier 2009 et après les années décevantes de l’administration Bush dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique, il y avait une place à prendre à la conférence des Nations Unies sur le climat à Poznan et l’ancien vice-président Al Gore, était tout désigné pour s’exprimer, même sans mandat, au nom des Etat Unis.

"Al Gore a repris à son compte, en faveur de la planète, le slogan de Barack Obama, "Yes we can" avec l’autorité que lui confère son prix Nobel de la Paix reçu en 2007 avec le GIEC, après la diffusion de son film "Une vérité qui dérange", note Bas les masques.

Avant l’investiture, nous pénétrons dans le champ des promesses tenues : évoquant des "actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey […] : construction de véhicules hybrides, meilleure isolation des bâtiments, contrôles de la performance énergétique des équipements industriels", etc. mneaquitaine souligne : "Le nouveau président des Etats-Unis, Barack Obama, a déjà annoncé plusieurs mesures allant dans cette direction. Il va notamment autoriser les Etats à fixer des quotas d’émission plus stricts pour les véhicules".

Le changement climatique apparaît donc comme la thématique présentant la liaison sémantique la plus forte avec Barack Obama ; et c’est le Protocole de Kyoto qui présente la plus forte liaison sémantique avec le changement climatique : or avant …

"Tout était simple au fond. L'ancien président américain était durablement désastreux : guerres, refus du protocole de Kyoto …", rappelle Maurice Darmon.

Deux remarques en guise de conclusion.

Tout d’abord, pour nos blogueurs, le succès d’Obama repose sur des promesses fortes (avant son investiture) et tenues (dès son investiture), notamment en matière d’environnement : nul étonnement à s’apercevoir que nouvelle ère s’inscrive dans le cercle étroit des concepts les plus liés à Barack Obama, au même niveau que système financier ou banques centrales.

Ensuite, je ne peux m’empêcher de faire le lien avec ce sondage récemment réalisé par LH2, indiquant que "81% des Français se déclarent autant voire plus inquiets par les risques liés à la dégradation de l’environnement que par les risques liés à la crise financière" : notre panel reflète bien les préoccupations profondes de nos concitoyens.

13:40 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

23.02.2009

Buzz de la semaine : Carte Noire

Il convient de distinguer aujourd'hui deux grands types de buzz ... le problème étant que les agences traditionnelles ont tendance à un peu tout confondre !

Le buzz évènementiel tout d'abord, où l'originalité, la surprise, l'amusement, etc. vont conduire les blogueurs à relayer l'information : c'est Karl Lagerfeld portant l'horrible gilet jaune de la Sécurité Routière, ou Thomson mettant en scène deux sosies de Sarkozy et Royal pour vanter les mérites de ses GPS ; ou encore le Groupe Lagardère lançant l'opération "Emma je t'aime" pour promouvoir la puissance de ses supports publicitaires

Le buzz communautaire ensuite, la marque s'appuyant sur ses afficianados pour diffuser l'information : c'est Converse fêtant son centième anniversaire au Show Case, avec tous ses fans et Iggy Pop sur scène ; ou simplement sur une communauté de passionnés à qui elle fournit des éléments pertinents : nous avons ici même récemment analysé l'arrivée du Blackberry Storm en France.

De même que nous avons également vu comment la Fraise Tagada était passée à côté d'une belle opportunité, faute de savoir écouter les conversations sur la toile.

Bien sûr, les frontières ne sont pas étanches et l'on peut aisément combiner buzz évènementiel et communautaire ... c'est d'ailleurs ce qu'a fait Converse au Show Case !

carte-noire-revelation-party-2.jpgMais force est de constater qu'étonner, amuser, surprendre devient de plus en plus difficile ... et le buzz évènementiel de moins en moins efficace !

Dernier plouf en date, Carte Noire qui, à l’occasion de la sortie de son nouveau site internet, a lancé une opération intitulée Révélation Party destinée à faire disparaître son ancien site : une petite troupe de VIB (Very Important Bloggers) s'est ainsi vue inviter à venir casser l'ancien site avant de découvrir le nouveau en avant première.

Je ne sais pas à combien ils se sont retrouvés sur le site concerné, mais il n'y en pas eu beaucoup pour relayer l'évènement au sein de la blogosphère : moins de 30 documents, et encore je compte plusieurs Blog it express, dont celui-ci :

"J'ai vu la pub comme vous hier et je viens de me rendre sur le site, comme la pub me le dictait. J'ai rien compris absolument rien.
Je sais je suis bonne à bouffer du foin"
.

Carte Noire.jpg

Sinon, ce sont tous des marketers qui s'expriment ou des VIB, les premiers, toujours en quête de news à publier sur leur blog, les seconds soignés aux petits oignons par l'agence :

"Quand Bérengère de BETC EURO RSCG m’a contacté pour me parler de cet event, et bah au premier abord, j’ai rien compris.

"Déjà, j’ai relu 3 ou 4 fois le mail pour être sûre de tout capter.

"Ensuite, je l’ai assommée de mails avec des questions pour être certaine que j’avais compris à quoi on m’invitait. Et pis en fait, j’ai tout compris dès le début. Bref, c’est pas le sujet donc venons-en au fait".

Bref, comme diraient d'aucun, le buzz n'est plus ce qu'il était : un truc mécanique qui marche tout seul.

Va falloir se montrer un peu plus créatif ... et à l'écoute des communautés. De ceux qui conversent tranquillement sur la toile, sans nécessairement se soucier des publicitaires.

15:32 Ecrit par François Laurent dans Une campagne par semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

20.02.2009

Makheia, Marketing 2.0, buzz et réputation

Makheia.jpgComment les plateformes collaboratives permettent-elles d'optimiser vos ressources Marketing et Communication ?

Tel sera le thème de la matinée Speed Dating organisée par Makheia, le Jeudi 12 Mars 2009 de 8 heures 30 à 10 heures 30, au Press Club de France.

Franck Jaclin, coprésident de l'agence, m'a demandé d'intervenir en m'appuyant à la fois sur mon expérience de marketer (et auteur de Marketing 2.0) et de partenaire d'AMI Software (et grand utilisateur de la plateforme AMI Opinion Tracker).

D'où une intervention en deux temps :

Une réflexion tout d'abord sur les implications du "2.0" en marketing.

"Les marchés sont des conversations", lançaient en 1999 les rédacteurs du Cluetrain Manifesto : consommateurs et citoyens discutent très librement entre eux sur le Web 2.0 des produits et des marques (notamment) qu'ils consomment ... ou souhaiteraient consommer.

Produits et marques ne sont plus la seule propriété des entreprises : un nouveau marketing s'élabore où le pouvoir se partage entre marketers et consommateurs et où les produits et services de demain sont le fruit d'une collaboration entre ces deux parties.

Le système relationnel vertical traditionnel (one to many : une marque "impérialiste" décide de tout et s'impose à ses clients) s'effondre : Marketing 2.0 et Communication 2.0 s'inscrivent dans un système relationnel nouveau.

Un système horizontal (many to many), fondé sur un dialogue étroit et soutenu entre marketers et consommateurs : les produits successfull de demain seront nécessairement issus d'une étroite collaboration entre ces parties.

Quelques annonceurs précurseurs - encore trop rares - ont aujourd'hui déjà réussi à relever ce challenge : on pourra évoquer Lego, L'Oréal ou des start up comme LaFraise.

Une présentation des outils supportant cette nouvelle approche, ensuite.

"Les marchés sont des conversations" ... encore faut-il savoir les écouter.

Trop d'entreprises se soucient trop de peaufiner narcissiquement leur image de marque ... alors que les internautes leur créent une réputation désastreuse sur la toile.

L'utilisation de plateforme d'écoute permettent d'identifier les nouveaux "communicateurs" du Web 2.0, pour ensuite fédérer autour de sa marque des communautés qui la valoriseront spontanément.

Alors que Nike jouit aujourd'hui d'une réputation désatreuse, Converse surfe presque gratuitement de succès en succès ; et la fraise Tagada a raté son anniversaire.

Pour plus de renseignements et pour s'inscrire, un petit mail à : speeddating@makheia.com.

11:43 Ecrit par François Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

18.02.2009

On ne parle pas à un client comme ça

Mie.gifDe quoi je me M.E.L, le blog de Michel Edouard Leclerc, devient une véritable Cour des Miracles des réclamations : tout le monde y va de sa petite complainte, postant ses commentaires ravageurs sans trop se soucier de la teneur du papier concerné.

Et Michel Edouard de s'en plaindre amèrement : "Nombreux sont ceux qui me disent aujourd’hui à quel point il est difficile de surfer entre des commentaires qui ne répondent pas aux préoccupations de la note sous laquelle ils sont postés [...] Il n’y a pas de censure sur ce blog. Ce n’est pas une raison pour le transformer en fourre-tout".

Rendons hommage à Michel Edouard sur ce dernier point : il joue totalement le jeu du Web 2.0.

Par contre, ce n'est certainement pas en tançant ses visiteurs / clients qu'il améliorera la qualité des commentaires sur son blog, mais en améliorant avant tout la qualité du service dans ses magasins.

Il suffit souvent d'une pécadille pour perdre une vente importante, comme en témoigne cette réaction, que je livre sans en corriger l'orthographe.

"Je me permets de vous envoyer ce mail car je ne suis pas satisfaite j ai acheté un paquet de pain de mie epi d or le 27 01 09 au centre leclerc d agneaux (50) la dlc du produit 31 01 09 j ai fait appéler le responsable du rayon (qui d ailleurs ne s est meme pas déplacé) il a juste répondu a l acueil au téléphone) et lui a trouvé normal que le produit est 4 jours de date !!!!je lui ai expliqué qe c etait pour un gouter vendredi d enfants a l ecole et que si ils ne mangeaient pas tout ils ne pourraient pas le finir lundi et la ce n etait pas son probleme et bien vous voyez j avais l intention d acheter une television en promo a 499 euros et bien je ne l acheteras pas chez leclerc mais chez but elle est plus cher mais la vu comment on s interresse au client .pour un paquet a 0.78 euros vous perdez une vente a 499 euros je peux vous prouver que je ne ments pas la tele j irais mardi soir la commander chez but je peux vous faire un double de la facture !!!"

Une pécadille plus une pécadille plus une pécadille, ça fait rapidement beaucoup ; et si l'on peut excuser parfois les nerfs d'une caissière payée au lance pierre, on pourrait attendre plus d'un chef de rayon, bien souvent de niveau Bac + 2 ou plus.

L'avantage d'avoir son propre blog, cela permet de canaliser en un même endroit toutes les réclamations ; l'inconvénient, c'est que cela les rend plus visibles.

"Je ne dispose d’aucune assistance relais pour faire suivre les réclamations commerciales ou même en contrôler la véracité", précise encore Michel Edouard : et certainement est-ce là une erreur magistrale.

Car tout l'art d'une bonne Gestion de la Relation Client, ce n'est pas d'imposer un gichet unique des réclamations - "J’invite donc les consommateurs qui le souhaitent (demande d’infos ou réclamation) à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne" - mais de savoir y apporter les réponses adéquates, là où elles se trouvent.

07:07 Ecrit par François Laurent dans Consommation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

16.02.2009

Buzz de la semaine : NPA

npa.pngIl était une époque, pas si lointaine, où NPA s'étalait sur les affiches en bordure du pérphérique parisien en signifiait : Nulle Part Ailleurs, l'émission phare de Canal+, créée par Alain de Greef ; aujourd'hui NPA, c'est le Nouveau Parti Anticapitaliste, lancé par Olivier Besancenot.

La distance apparaît gigantesque de l'émission foldingue de la chaîne cryptée et le discours radical du leader trotskiste ... et pourtant, il semble bien qu'on ne trouve "nulle part ailleurs" telle force d'opposition à la politique libérale actuelle. Du moins à en lire la blogosphère.

Le NPA est donc officiellement né durant le week-end des 7 et 8 Février derniers : pas mal de papiers avant, et encore plus après, si les militants bloguent, ce ne sont pas des geeks comme les participants au Web08 : ils ne bloguent pas en continu, pendant les discussions !

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Il y a les sympathisants prolixes comme Europe solidaire (14 papiers en 14 jours) ou Anticapitaliste 56, le très récent blog du parti dans le Morbihan, et toute la kyrielle des déçus de la gauche traditionnelle, comme Le poireau rouge ; et tous ceux qui s'interrogent, face à l'OVNI, comme Socrate.

D'ailleurs le parti fonde son développement notamment sur la blogosphère : ainsi fleurissent des npa 42 à Saint Etienne, npa30ales à Alès, etc. Une stratégie à la Ségolène Royal ? Pas vraiment : pas de vaisseau amiral ici, comme Desirsdavenir.org, mais une multitude d'initiatives individuelles, juste fondées sur l'efficacité : finis les tracts, désormais on blogue !

Une Ségolène Royal qui figure parmi les personnalités les plus citées - et les plus "liées" à Besancenot - derrière, par ordre décroissant, Jean Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy et Alain Krivine.

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Nicolas Sarkozy et Alain Krivine confèrent toute sa dimension à Besancenot, l'un comme objet de tous les combats, l'autre comme "père spirituel" ; Ségolène Royal, c'est la gauche bousculée, voire un peu ringardisée, qui doit réagir à chaud : "Même les proches de Ségolène Royal ont durci leur discours", note Quiche en folie, en titrant justement son papier : Nulle part ailleurs.

Jean Luc Mélenchon, lui, incarne un autre renouveau : c'est le seul homme politique qui occupe une place quelque peu centrale au sein des 200 documents traités : que Besancenot accepte ou non quelque alliance, il apparaît comme l'autre alternative possible

Et maintenant ? Et maintenant, il va falloir se mettre au travail : par sur la carte des concepts liés au Nouveau parti, celui qui présente la plus forte liaison concerne ... les élections européennes ! Avec en ligne de mire, les éventuelles alliances ... et notamment un certain Jean Luc Mélenchon, dont on parle finalement beaucoup du côté du NPA.

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07:21 Ecrit par François Laurent dans Une campagne par semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

10.02.2009

Google Latitude

Google Latitude.jpgFinies les bonnes "excuses", du style : "Chérie, j'ai dossier à finir, je rentrerai tard ce soir" ; ou "Patron, il y avait des bouchons sur l'autoroute, je ne repasserai au bureau que demain matin" ... tout cela, pour un peu de farniente ou un calin coupable.

Responsable, le nouveau service de Google : Latitude, une brillante adaptation de Google Maps à la téléphonie. Résultat : vous êtes fliqués partout où que vous soyez.

Vous téléphonez à votre patron en vous prétendant coincé à l'autre boût du département ; puis à madame pour la même excuse : tous deux pourrons vous demander à votre retour pourquoi vous vous trouviez à l'auberge du Cheval Blanc ... et avec qui, éventuellement !

Avec licenciement et divorce éventuellement à la clef : merci Google !

Mais non, vous pourrez toujours ruser, se défend Google sur son blog : rien de plus facile que de modifier vos coordonnées et l'auberge du Cheval Blanc se transforme en Aire de Lisses !

Ah bon ? Quel est l'intérêt de la chose ?

Le marketing, la géolocalisation : vous passez devant une boutique de vêtements et hop ! Vous recevez un SMS vous signalant une extraordinaire promotion ! Vous voilà devant un magasin de disques et aussitôt, on vous propose aussitôt le dernier Madona - de quoi fracasser sauvagement son mobile !

Après l'Internet, Mountain View vise le marché publicitaire mobile ; avec les mêmes dents et le même appétit ...

Donc, rien à craindre du côté flicage ? Non, si vous êtes prudents et modifiez immédiatement vos cordonnées dès que vous souhaitez un peu de tranquillité ! Pour le reste, si vous êtes parisiens, ajoutez Google Latitude à Navigo, et commencez à flipper : Big brother arrive !

07:43 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

09.02.2009

Buzz de la semaine : Belem contre Davos

Belem ville.jpgBelem contre Davos - le Forum économique mondial, dans sa 39° édition, contre le Forum social mondial, dans sa 8° édition.

L'un, traditionnellement scotché à Davos - sauf une petite escapade à New York début 2002 ; l'autre plus globe trotter - de Porto Alegre à Belem en passant par Venise et Bombay.

Davos apparaît à la fois légèrement plus médiatisé et surtout plus "ponctuel" : 200 posts sur une dizaine de jours, on y vient, on discute, on échange et on s'en va, un peu au pas de charge.

Davos.jpg

Belem se prépare : les discussions commencent dès la début Janvier, le Forum social mondial se veut plus collaboratif.

Belem.jpg

Plus collaboratif : est-ce pour cela que Ségolène Royal devance - légèrement - Nicolas Sarkozy en termes de citations ? Elle avait fait le voyage, pas lui, mais c'est le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva qui les aura réunis en faisant "vendredi l’éloge de son homologue français Nicolas Sarkozy devant l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal", note Actumag.

Belem ou Davos, le grand vainqueur s'appelle de toutes façons bien évidemment ... Barack Obama !

Mais à Davos, il côtoie (sur les blogs, tous n'ont pas fait le déplacement) les Brown, Peres, Erdogan, Sarkozy, Poutine, Ban Ki Moon, Lagarde, Merkel et bien sûr Klaus Schwab, l'omniprésent fondateur du Forum.

Tandis qu'à Belem, il croise, outre Royal et Sarkozy (toujours dans la blogosphère française), les Luiz Inacio Lula da Silva, Candido Grzybowski, Hugo Chavez, Jean Merckaert, Rafael Correa, Fernando Lugo, Alan Jara, Christophe Aguiton, John Christensen. Des politiques - notamment les présidents brésilien, vénézuélien - mais aussi des sociologues, des alter économistes, des philosophes ...

Question : parmi lesquels se sent-il le plus à l'aise ?

Sinon à Davos, on parle de ministres et de gouvernements, de crise économique, de crise financière et de plan de relance, de système financier et de milliards de dollars - tandis qu'à Belem, même si les gouvernements et la ne crise financière sont pas totalement absents, on préfère évoquer les mouvements sociaux, l'université, le mouvement altermondialiste, la société civile, les contacts pertinents, les peuples indigènes et les ressources naturelles, sans oublier la forêt amazonienne, au coeur de laquelle les militants se sont installés.

Belem contre Davos, ce sont bien deux visions du monde qui s'opposent : on est - et sans doute le restera-t-on longtemps - économique ou social ... mais pas les deux à la fois.

Sauf peut-être Barack Obama ...

07:29 Ecrit par François Laurent dans Une campagne par semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

08.02.2009

FaceBooke se lance dans les études ?

Image 1.pngLa newletters "ebusiness.info" se fait l'écho d'un article publié dans "The Guardian", indiquant que  "Facebook va monétiser les données de ses membres: "Facebook a l'intention d'exploiter les données postées par ses membres en proposant par exemple à des entreprises de réaliser des sondages au sein d'une population donnée. Décidément, les intérêts de Facebook ont du mal à s'accorder avec ceux de ses membres : cette annonce risque d'en faire tiquer plus d'un." (Source : The Guardian -1er février 2009)

D'un simple d'annuaire d'étudiants, Facebook a pris une position de plus plus centrale dans la vie privée de certains internautes.

Le journal Le Monde publiait un article dans son numéro du 5 février 09 "Avec le développement des réseaux sociaux, la vie privée s'expose à la surveillance"

où Isabelle Mandraud indiquait "Les internautes dévoilent de plus en plus leur vie privée sur la Toile, et parfois celle de leurs amis. Les moteurs de recherche (Yahoo!, Google, MSN Search...) et, plus récemment, les réseaux sociaux tels que Facebook et MySpace drainent des millions de données. On y trouve de tout : photos, CV, récits de fête, confidences, adresses, numéros de portable..."

Pas si estudiant que cela !

Alain Beauvieux

11:57 Ecrit par AMI Software dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : facebook

04.02.2009

Journal d'un digital native

Digital Native.jpg

Il y a eu la Génération X - celle de 1968 et dont les interrogations et les ambitions sont restées sans réponses - puis la Génération Y - celle de l'après Mur de Berlin, qui n'a pas connu d'autres systèmes que l'économie libérale.

Et puis, il y a les natifs de l'Internet - une génération qui se superpose en partie avec la Génération Y, des jeunes qui n'auront pas connu de monde sans Internet.

Un choc culturel gigantesque, et totalement inaccessible pour leurs ainés : des jeunes pour qui le premier réflexe quand on leur pose une question à laquelle ils ne savent pas répondre, c'est de se connecter sur Google et de surfer ; des jeunes pour qui la connaissance ne passe pas par l'apprentissage, mais par la recherche.

Florence Hermelin, alors directrice de NRJ Lab, nous en avait fait une brillante présentation lors des dernières Journées du Marketing de l'Adetem ; aujourd'hui chez SixandCo, elle continue ses investigations et lance Culture digitale, un nouveau blog destiné à dévoiler les différentes facettes des ces jeunes. Du quotidien de ces "Digital Natives" à ce qu’ils aiment faire, en passant par leurs derniers coups de cœur et leur avenir.

Un blog à inscrire dans sa short list.

12:34 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

03.02.2009

Knol

knol-logo.pngIl y a un peu plus de six mois, Google ouvrait officiellement Knol, son encyclopédie concurrente de Wikipedia : à la différence du célèbre projet collaboratif, plus d'anonymat, chaque article étant le fruit d'un auteur bien identifié, expert du sujet traité.

Plus de réelle collaboration donc, juste la possibilité de laisser des commentaires, noter les articles ou proposer des modifications : l'auteur reste souverain. Tout cela pour éviter certaines "dérives" constatées sur Wikipedia, certains contenus apparaissant parfois modifiés sans d'autres raisons que politiques ou personnelles (vengeance, auto-promotion, etc.).

En fait, les critiques formulées à l'égard de Wikipedia ne concernent guère que les politiques et les "people", et les "erreurs" se trouvent en fait très rapidement corrigées ... bref, plus de bruit que de mal réel. Et je rappellerai l'étude réalisée par la revue scientifique anglaise Nature selon laquelle "la qualité de Wikipedia est équivalente à celle de la très vénérable Encyclopaedia Britannica", dixit Agoravox.

Knol, un concurrent réel et redoutable pour Wikipedia ? En fait, les craintes de ses dirigeants se situaient plus au nouveau financier qu'encyclopédique : "Sachant que 50% du trafic de Wikipédia provient de Google, elle s'inquiète de voir la principale source de financement des serveurs disparaître, à savoir les dons des visiteurs. Elle émet l'hypothèse que Google chercherait à monétiser le trafic lié aux internautes à la recherche d'informations encyclopédiques", rappelle Wikipedia, dans son article consécré à Knol, en citant Florence Devouard, alors présidente de la Wikimedia Foundation.

Aujourd'hui qu'en est-il ?

Si je tape "Marketing" sur Google.com, Wikipedia occupe toujours la première ligne ... et pas de Knol en vue ! Ce qui n'est pas faute de proposer des contenus correspondants : "14700 for Marketing", si je renseigne "Marketing" sur la page d'accueil de Knol. Du coup, pour savoir ce qu'est réellement le marketing, il me va falloir faire mon marché.

Le premier article, très long, concerne plus précisément "The art of invention marketing" : en fait, Knol apparaît plus concurrent de Wikio ou de Digg que de Wikipedia : les articles sont notés, éventuellement commentés ... on demeure très loin de l'encyclopédique ... et encore plus du collaboratif.

L'intelligence collective primerait donc, ici encore ... les investissements financiers.

10:13 Ecrit par François Laurent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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