25.02.2009

Barack Obama et les Déconsommateurs

obama.jpgQue pensent les "Déconsommateurs" de Barack Obama ?

Par "Déconsommateurs", nous entendons ici les blogueurs sensibles aux idées de "consommer moins pour consommer mieux", "simplicité volontaire" et/ou "développement durable", etc. que nous avons panélisés dans le cadre notre recherche en partenariat avec l’Union des Annonceurs.

Donc, que pensent les "Déconsommateurs" de Barack Obama ?

Bien des choses : près de 300 documents publiés du 1 décembre au 6 février, avec un pic à une petite vingtaine lors de son investiture … plutôt conséquent pour un panel de 200 blogueurs.

Il y a bien sûr les gros contributeurs, avec 30 posts, comme enjeux.org ou auterive.parti-socialiste.fr ; et les petits. Mais la grande majorité des blogueurs aura publié au moins deux papiers, preuve que le sujet passionne.

Et au final, un membre du panel sur quatre se sera exprimé.

Des politiques, comme auterive.parti-socialiste.fr donc, soit pour tacler le Président de la République Française : "Nicolas Sarkozy, le drame de la jalousie" ; soit pour évoquer le "désir de venir à Washington de Ségolène Royal" ; soit encore pour s’enthousiasmer des premières mesures du Président Américain : "Obama plafonne les salaires des patrons aidés".

Des économiques, comme enjeux.org, pour s’interroger sur les "responsabilités [du] futur CTO d'Obama ?", mais aussi sur la façon dont la nouvelle équipe va traiter … notre Roquefort et revenir ou non sur "la décision américaine de tripler les droits de douane sur le roquefort".

Des écologistes, comme mneaquitaine.wordpress.com, pour rappeler que le Président Américain "s’est inspiré du programme Repower America élaboré par Al Gore qui prévoit de mettre en place en 10 ans un modèle énergétique rendant les Etats Unis indépendants du pétrole" … … et tacler également au passage le gouvernement français :

"Je le voyais donc arriver gros comme le nez au milieu de la figure, le couplet sur le fait que la relance serait environnementale ou ne serait pas (en plus y avait qu’à copier Obama, même pas la peine que les conseillers de notre présent se creusent la caboche), puisqu’il n’y aura pas plus d’activités économiques sans ressources naturelles que de beurre sans lait. Et bien j’en aurai été pour mes frais : rien ! nada ! nib ! peau-de-balle ! bernique !"

Et puis, il y a les sceptiques purs et durs, comme diablogtime.free.fr, qui titre en gras : "Pourquoi Obama ne peut que décevoir", évoquant même "le pseudo gouvernement démocrate d’Obama".

Bref, bien des discours différents, où le plus souvent le nouveau Président Américain apparaît porteur d’espoir – quand il n’est pas cité en modèle absolu … ne serait-ce que pour mieux révéler nos propres problèmes franco français, en regard !

Alors passons tout cela au tamis linguistique pour voir ce qui, par delà enthousiasme et divergences, pourrait constituer le dénominateur commun à nos 50 blogueurs déconsommateurs quand ils évoquent Barack Obama et plus particulièrement son investiture, et la période qui la précède immédiatement.

Précision importante : cette analyse reflète moins – au pas seulement – la manière dont ces blogueurs français voient le nouveau Président américain … que leurs préoccupations personnelles, actuelles … et parfois très françaises !

D’où un magnifique nuage de tags avec le … changement climatique au cœur des débats, pas loin devant bien évidemment la crise financière et la crise économique !

Surtout le changement climatique présente une plus forte centralité que les deux crises : il constitue une des préoccupations majeures de nos blogueurs, qui l’inscrivent au cœur même de leurs posts.

Avant l’investiture, la thématique s’inscrit dans le champ des promesses : "En l’absence de la nouvelle administration américaine qui n’entrera en fonction que le 20 janvier 2009 et après les années décevantes de l’administration Bush dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique, il y avait une place à prendre à la conférence des Nations Unies sur le climat à Poznan et l’ancien vice-président Al Gore, était tout désigné pour s’exprimer, même sans mandat, au nom des Etat Unis.

"Al Gore a repris à son compte, en faveur de la planète, le slogan de Barack Obama, "Yes we can" avec l’autorité que lui confère son prix Nobel de la Paix reçu en 2007 avec le GIEC, après la diffusion de son film "Une vérité qui dérange", note Bas les masques.

Avant l’investiture, nous pénétrons dans le champ des promesses tenues : évoquant des "actions concrètes préconisées dans le rapport McKinsey […] : construction de véhicules hybrides, meilleure isolation des bâtiments, contrôles de la performance énergétique des équipements industriels", etc. mneaquitaine souligne : "Le nouveau président des Etats-Unis, Barack Obama, a déjà annoncé plusieurs mesures allant dans cette direction. Il va notamment autoriser les Etats à fixer des quotas d’émission plus stricts pour les véhicules".

Le changement climatique apparaît donc comme la thématique présentant la liaison sémantique la plus forte avec Barack Obama ; et c’est le Protocole de Kyoto qui présente la plus forte liaison sémantique avec le changement climatique : or avant …

"Tout était simple au fond. L'ancien président américain était durablement désastreux : guerres, refus du protocole de Kyoto …", rappelle Maurice Darmon.

Deux remarques en guise de conclusion.

Tout d’abord, pour nos blogueurs, le succès d’Obama repose sur des promesses fortes (avant son investiture) et tenues (dès son investiture), notamment en matière d’environnement : nul étonnement à s’apercevoir que nouvelle ère s’inscrive dans le cercle étroit des concepts les plus liés à Barack Obama, au même niveau que système financier ou banques centrales.

Ensuite, je ne peux m’empêcher de faire le lien avec ce sondage récemment réalisé par LH2, indiquant que "81% des Français se déclarent autant voire plus inquiets par les risques liés à la dégradation de l’environnement que par les risques liés à la crise financière" : notre panel reflète bien les préoccupations profondes de nos concitoyens.

13:40 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Ecrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.