20.04.2009
Buzz de la semaine : Hadopi, le retour

Il y a un mois, le buzz de la semaine traitait déjà de la loi Hadopi : la pression montait alors fortement au sein de la blogosphère avant son passage à l'Assemblée Nationale ...
Aujourd'hui, la loi est non seulement passée, mais elle a été rejetée par 21 voix contre 15.
21, c'est même une des expressions qui revient le plus souvent le 9 Avril au sein de la blogosphère - un document sur deux, juste derrière gouvernement et projet de loi, et bien sûr Hadopi :
Si 21 apparaît comme le terme caractéristique du 9 Avril, celui du 14 Avril - l'autre pic, à plus de 150 posts - c'est inceste : parce que le gouvernement semble avoir envisagé de repousser le projet de loi sur l'inceste pour caser le plus vite possible un second passage de la loi à l'Assemblée, entraînant immédiatement l'indignation des blogueurs ... et pas nécessairement les plus concernés par le piratage électronique :
"Qu'est-ce que la loi Hadopi ? dont j'ai découvert d'ailleurs l'appellation lors de son rejet le 10 avril", s'interroge Chez Rosalie qui ajoute : "La langue française a beau être riche de vocables, les mots manquent pour exprimer mon indignation, ma colère, ma consternation, mon effroi ... face au constat des priorités du gouvernement".


Dès que l'on s'éloigne des noms les plus étroitement associés à la loi Hadopi, apparaissent de nombreux artistes, certains favorables, d'autres fortement opposés à une loi jugée "liberticide" ... et c'est là que la polémique enfle !

Les opposant appellent à la vigilance car rien n'est joué, et relaient la "Lettre ouverte aux spectateurs citoyens", signée par Chantal Akerman, Victoria Abril, Catherine Deneuve, Louis Garrel, Chiara Mastroianni, Paulo Branco, etc. dont les noms apparaissent sur le nuage de tags ci-dessus :
"Nous appelons tous les amoureux du cinéma et des libertés, de la création et de la diversité à faire entendre leur voix auprès de leurs représentants afin d’abandonner tant qu’il est encore temps le dispositif Hadopi et de mettre en place un système plus juste, équilibré et prenant en compte les intérêts de tous".
Du côté des supporters de la loi, il y a la "liste des 10.000 artistes pro-Hadopi et pro-riposte graduée ? Cette même liste portée tambours battants à l’assemblée nationale par Christine Albanel pour prouver l’attente considérable de la loi Hadopi dans le milieu de la culture".
Et là, certains blogueurs comme Fandart constatent des bizarreries : "Tout d’abord on peut compter des centaines de salariés des maisons de disque" ; "Des artistes, apparemment signataires ce cette liste, affirment n’avoir rien signé du tout. C’est entre autre les cas de Nicola Sirkis (Indochine) ou de Mademoiselle K".
Ce qui se confirme sur le blog de cette dernière : "JE, KATERINE GIERAK, ALIAS MADEMOISELLE K, N’AI JAMAIS SIGNE AUCUNE PETITION EN FAVEUR DE LA LOI HADOPI".
Mais que Christine Albanel se réjouisse : hors de la toile, la loi a été définivement adoptée par le Film Français, comme le rapporte J'aime les autistes, commentant un papier d'Ecrans.
"La revue professionnelle Le Film Français datée du 10 avril consacre une page à la loi Hadopi qu’elle présente comme … adoptée, marquant le début d’une "nouvelle ère pour les industries culturelles du cinéma, de l’audiovisuel et de la musique".
"Encore une belle démonstration de la mascarade médiatique (pour ne pas dire l’omarta) qui règne autour du projet de loi HADOPI. Aller jusqu’à prévoir la publication d’articles annonçant le texte adopté avant-même que celui-ci soit définitivement voté !"
Finalement, entre les pétitions relayées mais non vérifiées et les votes anticipés, la presse ne ressort pas pas grandie de cette histoire, et la blogosphère s'impose de plus en plus comme un réel contre-pouvoir ...
08:57 Ecrit par François Laurent dans Une campagne par semaine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note














Commentaires
1- D’un côté, nous avons une industrie culturelle déclinante n’assumant pas le proxénétisme économique et la pandémie infantilisante qu’elle exerce sous le regard de son débiteur. Celui-ci est à la fois une fondation philanthrope de gestion nationale et une entreprise d’import/export.
2- De l’autre côté, nous avons une infinité de niches de population n’ayant rien à voir les unes avec les autres, mais faisant front par principe de précaution. Nous prouvant par la même occasion à quel niveau de léthargie se trouvent nos sociétés occidentales pour qu’un luxe devienne une lutte nécessaire.
3- Au centre, se trouve le gros du troupeau qui n’a pas d’avis et fait preuve d’intelligence situationniste ou d’indifférence banale sur ce combat qui est à la fois d’avant-garde et d’arrière-cour.
4- Dans toutes les batailles, il y a des pertes acceptables. Mais comme nous ne prenons plus plaisir à nous salir les mains avec une de ces barbaries ancestrales, les invectives servent de nos jours de courroux médiatique ou de Hit Combo virtuel pour le bonheur des voyeurs générationnels et des lâches éternels.
5- Quand on pratique l’affrontement constant ou la paix commémorative pour occuper son temps, c’est que l’on est plus en mouvement. Alors la guerre civile des flux a-t-elle un sens ?
La suite ici :
http://souklaye.wordpress.com/2009/03/13/creation-internet-et-insultes-gratuites/
Ecrit par : walkmindz | 20.04.2009
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