24.09.2008
Facebook et L'erreur de Descartes
Il y a quelque temps, Moovement, le site de recherche d’offres d’emploi "2.0" créé par Richard Menneveux et Jacques Froissant, a publié une étude sur "les internautes, les réseaux sociaux, leurs usages".
78% des internautes interrogés utilisent les réseaux sociaux pour développer leur visibilité en ligne et 53% pour rechercher une opportunité d’emploi ou de stage ... logique, les interviewés ayant été très certainement été recrutés à partir du site d'offres d'emplois.
Ce qui est intéressant, c'est que si les interviewés plébiscitent Viadeo et Linked In dans le cas précis d'une recherche de stage ou d'emploi, de même que pour prospecter de nouveaux clients, la côte d'amour de Facebook se révèle deux fois plus importante que celle de ses deux principaux concurrents.
Quelles conclusions en tirer ?
Viadeo et Linked In constituent certainement d'excellents outils de travail ... mais ne sont que des outils de travail : on y publie son CV, on y cherche des partenaires, on y fait du business.
Facebook apparaît comme un vrai réseau sociétal, plus que social : on y échange moins pour le travail - même si de plus en plus de gens utilisent les groupes pour inviter leurs relations à des manifestations professionnelles - mais on y apparaît plus "humain", avec ses petits défauts - ceux que l'on veut bien dévoiler pour apparaître plus humain.
La différence entre Viadeo et Linked In d'une part, et Facebookde l'autre, c'est celle qui existent entre un séminaire professionnel - oùl'on échange ses cartes de visite entre deux sessions - et une soirée professionnelle - où l'on discute un verre à la main, découvre que ses interlocuteurs habituels partagent certaines de vos passions, etc.
Ces soirées - en apparence plus futiles - se révèlent en réalité plus riches à terme : s'y créent des liens qui rendent "le business" plus agréable parce que plus humain, de petites complicités.
Bien trop souvent, l'erreur des business men, c'est avant tout celle de ... Descartes : je renvoie bien évidemment ici au livre d'Antonio Damasio : L'erreur de Descartes. L'auteur, spécialiste des sciences cognitives, y démontre avec brio que vouloir séparer raison et sentiments conduit nécessairement à une impasse : la pensée rationnelle classique - je me coupe de toutes sensations pour "raisonner plus juste" - est un contresens, car les individus incapables de sentiments le sont tout autant de raisonnement.
Penser qu'il est des réseaux sociaux sérieux - dédiés aux affaires au sens large : échanges commerciaux, recherche de partenariat, offres d'emplois, etc. - et des réseaux futiles - pour le fun, sans plus - amène certainement à se priver de réaliser les meilleures rencontres ... et certainement de très bonnes affaires !
Non pas qu'on ne puisse en faire sur les réseaux spécialisés : mais ne faisant appel qu'à une partie du cerveau - donc de l'individu - elle ne conduiront jamais là où un contact initié dans un cocktail ou sur Facebook mènerait.
Il n'y a pas le monde du travail d'un côté, et celui des loisirs de l'autre : juste la vraie vie - et c'est là, la magie du Web 2.0, de la réconcilier avec elle-même.
08:30 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note














Commentaires
Les brumes canadiennes inspirent notre ami François qui assiste au congrès de l'ESOMAR à Montréal.
Il nous rappelle à travers son analyse pertinente des réseaux sociaux, un principe élémentaire souvent oublié: au point de départ d'une relation commerciale, il y a une relation humaine.
A titre personnel, je ne retourne jamais chez les commerçants qui ne sont pas aimables. Ainsi, la vie est plus belle !
Ecrit par : Alain Beauvieux | 24.09.2008
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