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04.05.2008

Les médias et la blogosphère

9ba0819bee22249895738a9e192b5563.jpegDimanche Plus : l’émission phare de la chaîne cryptée cite volontiers la blogosphère pour (re)lancer le débat, avant de lui donner la parole dans "Campanet" – juste pour le fun, taper Campanet.org … et vous tomberez sur « l'espace réservé au suivi du campagnol terrestre » !

Libérationa remplacé son courrier des lecteurs par « L’actualité vue par les lecteurs et les Libénautes » : soit la rédaction laisse s’exprimer d’illustres bloggers inconnus, dont l’opinion semble intéressante ; soit elle ouvre ses colonnes aux incontournables Versacle blogger spécialiste de la politique – et consorts.

Bref, plus besoin de lire et recopier les inénarrables missives des lecteurs les plus fidèles, ou de descendre dans la rue pour un rapide micro trottoir : il suffit de consulter sa page Netvibes où viennent gentiment se ranger les flux des bloggers d’influence dont on consulte régulièrement l’opinion – plus les quelques bloggers "inconnus" que l’on aime bien prendre à témoin.

Bref, il suffit pour les plus courageux des journalistes de "suivre" une bonne centaines de blogs, et les commentaires qui se multiplient sur le site Internet de son journal ou de sa station, pour montrer combien on est en phase avec la France profonde – long tail – et ses nouveaux penseurs – blogs d’autorité … Bien sûr, la long tail du Figaro ne sera pas celle de Libération, celle des Echos différera de celle du Nouvel Observateur … tout comme leurs lecteurs.

Moyennant quoi, on donnera l’impression à ses lecteurs, ses auditeurs, que l’on colle au plus de l’opinion publique … comme si les micro trottoirs ou le courrier des lecteurs en leur temps étaient autre chose que simplement anecdotiques.

Etudier le discours de la blogosphère est une chose ; illustrer son propos des quelques citations qui vont bien en est une autre. Le problème est que ce faisant, les journalistes donnent une fausse idée de ce que pourrait être une analyse un tant peu sérieuse de l’expression spontanée sur la toile.

Ne pas se contenter des 3 ou 4 citations qui confortent une ligne éditoriale, mais analyser l’intégralité des messages traitant du sujet – ou d’une somme suffisamment importante choisie aléatoirement si leur nombre se révèle trop important.

En effectuer une analyse sémantique en profondeur, dégager des tendances, etc.

Pour seulement ensuite, sélectionner les 2 ou 3 extraits représentatifs de l’ensemble … après plusieurs heures d’approfondissement – et encore, en disposant des logiciels adéquats.

Sinon, cela revient à dire « Voilà ce que pensent les Français » avec autant de certitude qu’ils auraient pu annoncer : « Ma femme et mon voisin m’on dit ce matin que … ».

15:16 Ecrit par François Laurent dans Un peu de bon sens | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note