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28.04.2008

Le lait est-il cancérigène ?

2a41d31a05f629d1497b3e8a7c19d786.jpgLe 15 janvier dernier, Faites passer l’info, le magazine d’investigation de Canal Plus, posait la question : le lait est-il bon ou dangereux pour la santé ?

Depuis des mois, la rumeur circule sur Internet : le lait constituerait un risque aggravant de maladies cardio-vasculaires, et même … de cancer !

Comme de toujours, c’est sur les forums qu’elle se repère le plus aisément – ou plutôt un forum : celui du site Doctissimo, la référence en matière de santé, qui regroupe 80% des questions posées en la matière.

« J’ai lu plusieurs articles […] : qui peut me renseigner ? » : les internautes débarquent sur le forum avec leurs angoisses … et y glanent d’étranges réponses : « Le lait de vache, c’est réservé aux veaux. Les animaux, on ne leur donne pas du lait de femmes ». On s’aperçoit rapidement que le lait de soja, présenté par d’aucuns comme la solution, n’apparaît pas mieux loti : « Lorsqu’on a eu un cancer du sein, mieux vaut ne pas consommer de produits à base de lait de soja ».

Les forums se révèlent très sensibles à l’infiltration des groupes de pression les plus divers : ici, ce sont les tenants d’une alimentation sans lait de vache qui se déchaînent et multiplient les commentaires comme : « Les médecins ne m'ont pas été d'un grand soutien […] lorsque je leur ai appris mon allergie aux Protéines de Lait de vache », bien évidemment accompagnés d’un lien vers leur blog : Cuisine alternative, qui annonce en gros dès l’accueil : « No Milk ».

Au sein de la blogosphère par contre, le discours passe de l’interrogation au militantisme végétarien, voire végétalien, avec le retour des mêmes antiennes : « Le lait humain, oui, le lait de vache, certainement pas ». Ainsi Espace serein, « Conseils et solutions pratiques pour vivre en harmonie dans son espace et retrouver l'équilibre et la tranquillité d'esprit », vante-t-il les essentiellement les bienfaits du végétarisme.

A côté de ce militantisme très ciblé, quelques expériences marginales : Cuisine codichon évoque « un régime riche en aliments crus, excluant céréales et produits laitiers », préconisé par un certain docteur Jean Seignalet ; un autre a fait analyser son ADN aux Etats Unis pour découvrir qu’il ne lui permettait pas de digérer le lait.

Par contre, peu de réactions à l’émission de Canal Plus : la rumeur ne vit pas au rythme de l’actualité médiatique, elle possède son propre tempo. Elle possède quelques points d’ancrage – ici les blogs militants végétariens et végétaliens – et vit de l’angoisse que créent ces discours ; elle ressurgit sous forme de questions inquiètes au détour des forums … sans que jamais le niveau des posts et des commentaires ne dépasse quelques unités par semaine, en moyenne.

Bref un bruit de fond, qui ronronne en totale autonomie … et n’attend qu’une occasion pour s’amplifier : pas un grand coup médiatique, mais un petit événement, mal explicable. Comme toujours, s’il ne semble pas nécessaire de s’alarmer outre mesure, il convient de suivre en permanence ce qui se murmure doucement … pour le cas où !

14:43 Ecrit par François Laurent dans Consommation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

24.04.2008

Signaux faibles

d3692750d17355f755921d0efd863423.jpgLes veilleurs professionnels savent bien ce qu’est un signal faible : une rupture dans le ron-ron de l’information régulière, qui se confirme et qui annonce, peut être, un événement que l’on se félicitera d’avoir anticipé.


Jusque dans un passé récent, ces signaux n’étaient perçus que par les spécialistes d’un sujet, qui utilisaient, seuls ou en équipe, leur expertise du sujet pour « flairer » l’information de rupture.


Et puis les ordinateurs et leur toujours plus formidable capacité à brasser des quantités absolument phénoménales d’information, animés par des logiciels de « text mining », ont commencé à seconder les analystes en leur signifiant ces ruptures.


Par exemple, s’il semble aujourd’hui acquis que Delta et Northwest convolent, certains d’entre nous en suivent la rumeur depuis… 2002. Sans faire les poubelles de ces compagnies ou chercher à soudoyer leur personnel, mais simplement en surveillant, avec des outils automatiques, quelques dizaines de « sources ouvertes », gratuites, publiques et… en ligne sur Internet.
Nous ne sommes pas les seuls, et des centaines de décisions ont probablement été prises, de par le monde, sur la base de ces signaux, à divers stades de leur maturation.


Mais gare à ne pas substituer la machine au professionnel, car il lui manque l’essentiel : le bon sens. Les connexions à effectuer pour modérer une information de rupture se font au niveau des neurones de l’homme, pas au niveau des hyperliens du Web. La machine, elle, tombera dans le piège de l’intox à chaque coup…


Pourtant, c’est bien ce qui se prépare : une récente enquête menée auprès d’un échantillon d’entreprises et d’organisations françaises, pour des besoins qu’il n’est pas utile de développer ici, nous a montré que 100% des personnes interrogées confrontées à un besoin de veille personnelle utilisent Google pour trouver l’information attendue. Pas « un grand nombre », mais 100%. Pas « un moteur de recherche », mais Google.


Cela signifie t’il que l’individu, cadre du public ou du privé, en situation de devoir prendre ponctuellement ou régulièrement une décision dans le cadre de son activité, va le faire sur la base de que lui aura dicté une société nord-américaine de droit privé ?
Répondre que oui serait simpliste et insultant pour les individus concernés.


Mais imaginons que la même source d’information, à savoir l’index de Google, soit utilisée par nos outils de text-mining évoqués plus haut : on a la une machine parfaite, apparemment complexe et novatrice, à niveler par le bas.
Les journalistes le savent bien, les analystes du Web doivent s’en souvenir : il faut multiplier et croiser les sources. Et si un moteur de recherche propose une réponse venant de 200 sites différents, ce n’est pas l’utilisateur qui les a choisis, mais le moteur.

14:32 Ecrit par Philippe Albert dans Communication | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

21.04.2008

Offre d’emploi

b009ebf753c97d18151e93a04916c280.jpgCe qui se dit dans la blogosphère vous intéresse et vous aimeriez participer à son "écoute".

AMI recrute un collaborateur dont la mission sera d'assister ses clients dans leur utilisation d'AMI Opinion Tracker : pour en savoir plus sur AMI Opinion Tracker, voir note correspondante sur le blog Intelligence Collective.

Technicien supérieur de formation, il connaîtra le métier des études marketing et le monde des agences en communication : quelques années passée au sein de cet univers constitueraient un atout.

"Geek", sa page d’accueil c’est NetVibes – ou similaire ; le Web 2.0 n’a pas de secrets pour lui : il a déjà créé son blog et/ou participé à des wikis. Idéalement, il a déjà eu à gérer ou exploiter un application Web sur serveur.

Curieux, de bon contact, notamment au téléphone, il sait également écouter et se montrer formateur.

Alors, si ça vous tente, un premier mail avec coordonnées et CV à emploi@amisw.com.

14:49 Ecrit par François Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

19.04.2008

Intelligence collective et Apéros du jeudi

292380dc83e390bad973b54b8b34cb66.jpgNon, les plus éminents rédacteurs de ce blog ne sombrent pas dans l’éthylisme : mais Alain Beauvieux et François Laurent ont participé à la préparation des prochains Apéros du jeudi, la rencontre mensuelle des "stratèges" qu’organise Jérémy et son équipe de Pourquoi tu cours ?

Le thème du jeudi 24 Avril 2008, vers 19 heures, en ouverture de la Soirée des Mythos, au Social club, 142 rue Montmartre, près de la Bourse : "l'enjeu de l'activation des contenus médias "on demand" … vaste, très vaste sujet.

Nous aborderons notamment avec toute l’équipe un sujet qui nous tiens fort à cœur et que nous aborderons plus en détail ultérieurement ici même : ce sont désormais les conversation qui structurent les groupes sociaux … et non plus l’inverse.

Thème important, car à la base d’une nouvelle vision du CRM … un CRM horizontal, citoyen, entre pairs – et non plus vertical, basé sur un profiling outrancier.

A jeudi, donc.

Pour s’inscrire, c’est ici.

15:23 Ecrit par François Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

En direct (des blogs) du Japon

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L’actualité ce mois-ci au Japon, ce sont également les Jeux Olympiques, et les déclarations du chef de la police ne veut pas des gardes chinois pour assurer la sécurité du relais de la flamme. Parisiens et Londoniens conservent un fort mauvais souvenir de ces gardes vêtus de bleu et blanc qui ont repoussé sans ménagement, non seulement les manifestants pro tibétains, mais tous ceux qui faisaient mine de s’approcher un peu trop près.

« Le Japon n'appréciera pas » que cela se produise sur son sol, a averti Shinya Izumi : les relations entre les deux pays sont loin d’être au beau fixe et ce n’est pas la récente histoire des "gyozas" empoisonnés – ces petits raviolis chinois contenaient de l’insecticide – qui les avaient améliorées !

Mais Avril au Japon, c’est avant tout les cerisiers en fleurs : les français vivant à Tokyo comme : Made in Tokyo ou Journal de vie d'un Français s’extasient chaque année devant le spectacle : « Les cerisiers en fleurs touchent à leur fin en ce début avril. Mais même en plein centre de Tokyo, il est toujours possible d'en profiter à la pause déjeuner ».

Ces mêmes Français s’organisent : Freelance France Japon, le réseau des professionnels freelancers franco-japonais, vient de naître ; son ambition est « de réunir sous un même toit les compétences de professionnels freelances dans divers domaines et de diverses nationalités qui ont pour points communs d’être francophones et de travailler avec le Japon, au Japon ou pas ».

Sinon, Marketing_Japon nous apprend que « les ventes de téléphones portables au Japon ont pulvérisé leur record historique en 2007, les clients ayant massivement été séduits par le luxe de fonctions des dizaines d'appareils high-tech lancés par les opérateurs et les fabricants japonais, sur fond de concurrence infernale » : rien de vraiment surprenant, somme toute !

Par contre, notons que « la quasi-intégralité des mobiles écoulés en 2007 sont des appareils de troisième génération ou ultérieure (3G ou 3,5G) haut de gamme, les opérateurs ne proposant alors presque plus de modèles de deuxième génération (2G) » : à l’heure où la France découvre timidement l’Internet mobile avec l’iPhone et les offres Illimythics, le fossé demeure toujours béant entre nous deux pays.

13:35 Ecrit par François Laurent dans Exotisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

17.04.2008

Autorité versus Long Tail : le cas Vista – suite

6ef58f70dafcc87d2d1394032621c9e9.jpgAlors que l’analyse blogs d’autorité versus long tail – publiée dans ma note du 14 Avril – souligne la pertinence d’une approche non majoritairement centrée sur les seuls bloggers dont le PageRank dépasse les 5 ou 6, le Journal du Net donne la parole à ses lecteurs ; petit florilège …

Quels sont les points forts de ce système d'exploitation ?

« Difficile à trouver sinon que celui-ci doit sûrement plaire à l'équipe de Microsoft ».

« Aucun ».

Quels sont les défauts de Vista ?

« Il se bloque sans arrêt … Ou s'éteint … Ou au contraire il ne veut pas s'arrêter quand on lui demande … Des fenêtres de toutes sortent s'affichent au moment de le mettre en service et qu'on a des difficultés à éliminer. Après s'être bloqué début décembre 2007 et habitant à proximité j'ai été obligée de le porter à réparé et ils l'ont gardé plusieurs jours ». 

Utilisez-vous toujours Vista ou êtes-vous revenu à Windows XP ou autre ?

« Xp ».

« J'attends le sp3 et je retourne sous xp ».

« Prochainement je le change pour un Windows xp ».

Bref, il semble bien que l’avis des lecteurs du Journal du Net, que l’on ne saurait qualifier de technophobes, recoupe fortement celui des bloggers … sauf que les bloggers de la long tail nous indiquaient la voie il y a déjà un an : bref, suivons ces signaux faibles pour comprendre les réalités de demain.

08:58 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

14.04.2008

Autorité versus Long Tail : le cas Vista

19e6a200af7de8ca9f34c5eb375381f2.jpgUn préjugé courrant : à quoi bon s’embêter à suivre tout ce qui se raconte sur tous les blogs quand il suffit de suivre tranquillement ce que racontent les blogueurs d’autorité, ceux qui "font" l’opinion.*

Sauf que les blogueurs d’autorité ne "font" pas vraiment l’opinion : bien souvent, ils se contentent de relayer platement les communiqués de presse que leur "autorité" les conduit à recevoir … quand ils ne répètent tout bonnement ce qui racontent les journalistes, pour certains d’entre eux.

Certes, il est toujours bien sympathique de faire partie des "happy fews” conviés par Microsoft à La Défense pour le lancement de Vista et de pouvoir écrire :

« Après une dizaine de minutes la tête dans les étoiles pour admirer un magnifique spectacle pyrotechnique orchestré par le Groupe F […], les convives ont rejoint le toit de la Grande Arche pour y découvrir, entre deux coupes de champagne, les nouvelles applications de Vista ».

Sans oublier de bien préciser : « Microsoft a convié hier soir plus de 800 personnes pour assister au lancement de Windows Vista. Giiks [PageRank* = 5] était de la partie ».

Pour Microsoft, tout est pour le mieux dans les meilleur des mondes … enfin des blogs. Ainsi début janvier 2007, Suchablog [PageRank = 5] conclut une assez longue et élogieuse analyse : « Mon bilan sur ce nouveau système d’exploitation sera donc plutôt positif ».

Seule ombre au tableau, certains commentaires à la suit du papier :

« Non Vista n'est clairement pas révolutionnaire en l'état, les grosses "améliorations" n'arrivant qu'avec le premier service pack … »

« En gros Vista, c'est comme OS X, mais en moins bien, moins beau, beaucoup plus exigeant et surtout avec 5 ans de retard, n'est-il pas ? »

Du côté des blogs de moindre autorité, le discours change : ainsi

Chez Monette [PageRank = 4] blog sous titré : "peinture et un peu de tout" –, on découvre entre "Une pastilla aux fruits de mer" et "Mon second livre de chevet", une note intitulée : "Faut-il passer à Windows Vista ?" :

« Place à Vista ! Après la révolution Windows 95, la catastrophe Millenium et un XP accusant ses cinq ans d’âge, Microsoft lance son nouveau système d’exploitation le 30 janvier pour le grand public. Mais faut-il l’acheter, patienter, ou l’éviter ».

Conclusion : « Le plus dangereux [adversaire de Windows Vista] sera en fait … Windows XP. Il faudra en effet sans doute deux ans, au minimum, pour que Vista dépasse son aïeul. Rien ne presse ».

Ah bon ? La Long Tail ne partagerait pas totalement l’optimisme des blogueurs d’autorité ?

Parfois, le discours apparaît même un peu plus violent, comme sur MCI [PageRank = 3] :

 « Windows Vista, vendu comme une amélioration, c'est une mascarade. […] Les "nouveautés" de Windows Vista sont des chevaux de Troie, comparables à de la contrebande, ces "nouveautés" multiplient davantage les restrictions ».

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, on continue à lire les innombrables plaintes montant de la Long Tail, comme sur BeProductiv’ Blog [PageRank = 3] : « Windows Vista bouffe ta batterie ? En attendant SP1, tu peux installer Vista Battery Saver Beta 2 qui permet de désactiver Aero et la Sidebar de Vista, tout en changeant de profil d’économie d’énergie ».

Voire ce genre de conseils : Si vous achetez un nouvel ordinateur, que vous ne voulez pas galérer avec Vista, et que vous avez déjà par ailleurs une licence de Windows XP, il est possible d’acquérir le nouvel ordinateur avec une licence Vista et d’installer réglementairement votre ancienne licence XP »Blog GT [PageRank = 4].

Mais on commence également à découvrir ce genre d’expériences, comme sur AJblog [PageRank = 5] : « Un de mes voisins, que je connais bien, me demande hier si je peux venir jeter un oeil sur son PC. En effet, il a acheté un jeu à son fils pour Noël et le jeu refuse de fonctionner, ce qui est quand même gênant vous en conviendrez […].

« Il est content le fils de mon voisin avec son PC acheté, son jeu acheté... et rien qui marche. En tous cas, je sens que je vais garder très précieusement mes licences XP moi, ça vaut de l'or ces machins ».

Voire même : « Il y a un peu plus de deux semaines, j'ai baissé les bras face à Windows Vista, reformaté mon disque dur et réinstallé Windows XP » sur des blogs comme Zdnet Blog, dont le PageRank est de … 6 !

Bien sûr, ce papier ne cherche pas à accabler les développeurs de Vista … mais juste à constater que contrairement à certains préjugés, ce n’est pas en écoutant les seuls blogueurs d’autorité que l’on saisit réellement le sens de l’histoire : c’est sur les blogs de la Long Tail que se découvrent les signaux faibles et des histoires … que l’on pourra ultérieurement lire sur les blogs d’autorité.

La blogosphère n’est pas à sens unique !

* PageRank : "Système de classement des pages Web utilisé par le moteur de recherche Google pour attribuer l'ordre des liens dans les résultats de recherche" (Wikipédia) : on considérera qu’en France, un PageRank  de 5 correspond à un blog de bonne autorité et 6, de forte autorité.

16:54 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

09.04.2008

AMI Opinion Tracker

def94fec053d16e880c8953dd616784e.jpg« Les marchés sont des conversations », écrivaient dès 1999 les auteurs du Cluetrain Manifesto : prémonitoire ou visionnaire il y une petite dizaine d’années, la première de ses 95 thèses apparaît aujourd’hui d’une surprenante actualité.

Car jamais citoyens et consommateurs ne se sont tant exprimés : sur la mode, les élections, les yaourts, la téléphonie mobile, leurs amis, leurs patrons, etc. La France est devenue un immense Café du Commerce où tout un chacun s’exprime librement, à son rythme … et facilement !

Si facilement, par la magie de ce que les spécialistes nomment Web 2.0 ; et contrairement au Café du Commerce, si les paroles s’envolent, les écrits restent …

Résultat : un multitude de notes, commentaires, opinions, etc. sur une multitude de sujets !

Résultat : avant, quand un marketer voulait savoir ce que les ménagères pensaient de son yaourt ou de son dentifrice ; ou quand un politicien souhaitaient connaître comment ses électeurs jugeaient ses projets, il leur fallait diligenter un sondage, demander à des enquêteurs d’aller interroger, qui ses clients, qui ses administrés.

Aujourd’hui, il leur suffit – presque – de lire ce que ces derniers écrivent çà et là sur le Web !

Presque, parce que jamais une approche ne remplacera totalement une autre : mais si elle ne se substitue pas totalement aux approches "classiques", l’écoute du Web 2.0 constitue désormais un incontournable outil de compréhension des consommateurs, des citoyens … des gens.

Reste à savoir où aller écouter … enfin lire : et force est de reconnaître que les Français s’expriment vraiment partout !

Les forums, le mode le plus ancien – il date du siècle dernier ! – conservent une extrêmement vivace activité, qu’ils soient thématiques – informatique, automobile, etc. – ou généralistes, celui d’auféminin.com.

Plus récents – à peine – les comparateurs de prix fournissent de précieuses indications tant sur les produits – Kelkoo – que sur les sites marchands qui les commercialisent – Acheter moins cher.

Les sites marchands fourmillent également d’avis en tous genres … et pas nécessairement positifs : il suffit de se rendre sur Amazon pour s’apercevoir que le commerçant en ligne laisse ses clients s’exprimer en totale liberté, tant dans un sens que dans l’autre, dénigrant de ci, pour encenser de là.

Dans un registre assez proche, on trouve les sites d’avis comme Ciao ou To Luna : certes, il y a toujours le faux commentaire du chef de produit, bien rédigé, mais la majorité des avis sont critiques – et toujours en positif comme en négatif.

Les réseaux sociaux pointent également – encore marginalement quant à la consommation ; par contre il convient de ne surtout pas négliger les commentaires laissés par les lecteurs sur les sites médias traditionnels – Libération, Le Monde – ou issus de la vague Web 2.0, comme Rue89.

Et puis, il y a les blogs : entre 3 et 4 millions de blogs rien qu’en France – sans compter les 13 millions de blogs d’adolescents sur la seule plateforme SkyRock !

Entre 3 et 4 millions de blogs, et une incommensurable richesse de contenus, dans les domaines les plus variés : mes amis et mes peines, la vie de mon quartier, les courses en hypermarché, le droit du travail, le cinéma, la politique …

Des blogs lus par des milliers de visiteurs chaque jour – on parlera alors de blogs d’autorité – et d’autres nettement plus modestes – que l’on regroupe sous l’appellation "long trail" … modestes, mais très riches : quand Microsoft lance Windows Vista, les bloggers d’autorité évoquent la sympathique fiesta à laquelle ils ont été conviés aux côtés des stars du showbiz … et les geeks de la "long trail" pointent les premiers dysfonctionnements : un signal – encore – faible, mais ô combien annonciateur.

Abondance de biens ne nuit pas … encore faut-il savoir quoi en faire.

Si je tape parfums, Google me propose 571 000 pages en français ; si j’utilise Google Blogs, je tombe à … 116 710 : ingérable ! D’autant que le moteur me propose – malgré son libellé – un sympathique patchwork de blogs, forums, sites médias, etc. Même Les Echos ou Le Figaro : pas vraiment des blogs !

D’où l’intérêt d’un logiciel comme AMI qui vous propose de choisir parmi une liste complète de sources, celles qui vous conviennent : blogs généralistes de la "long trail"ou blogs d’autorité par catégories – high tech, marketing, économie, etc. –, forums, commentaires des sites médias …

Une fois défini le champ de la recherche – ou effectué la requête en langage technique : je souhaite savoir tout ce qui se dit de ma marque sur les blogs de la "long trail" – AMI rapatrie et classe tous les documents pertinents, là où un simple moteur se contente de vous indiquer une liste d’URL.

Par documents pertinents, il faut entendre non seulement des papiers en adéquation avec la problématique traitée – c’est bien le moins de ce que l’on est en droit d’attendre d’un tel logiciel – mais également des écrits dépouillés de tous éléments perturbateurs – en langage technique, on parle de bruit – comme la blog roll ou le calendrier.

Un peu comme un documentaliste aurait, au temps du papier / ciseaux, proprement découpé et classé les articles répondant aux besoins de son client.

De documentaliste, AMI se transforme en analyste : face à sa pile de documents, ce dernier s’arme d’un surligneur pour mettre en évidence les points saillants de chacun d’entre eux ; avec AMI, le principe demeure le même, sauf qu’on parlera de signature électronique – un brevet déposé de la société.

Une fois cette dernière étape achevée, le chargé d’études va pouvoir dénombrer des occurrences, rapprocher des concepts, effectuer des typologies … en un mot, faire "parler" cette matière première : après l’avoir délivré des tâches un peu rébarbatives de collecte et de préparation des documents, AMI va l’aider – grâce à ses outils statistiques et sémantiques – à en faire surgir la signification.

A comprendre comment s’organisent les conversations du Web 2.0. A pénétrer enfin dans la sémantique du Web.

09:43 Ecrit par François Laurent dans AMI Software | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

04.04.2008

Questions à … Stéphane Truchi

a2f9e31fd06a425d6c2195f16f532319.jpgStéphane Truchi, Président – Ifop

Aujourd’hui, plusieurs millions de Français s’expriment sur leurs blogs, participent à des forums, échangent au sein de réseaux sociaux, etc.

Comment avez découvert toute cette expression spontanée sur Internet ?

J’ai découvert les premières expressions de blogs en travaillant auprès de publics de trend-setters, aux Etats-Unis. Il s’agissait de blogs anti-marques, qui touchaient notamment cette marque emblématique et tellement adulée des jeunes Américains, Nike. Une campagne de délation sur l’emploi d’enfants mineurs en Asie, dénoncée par les internautes américains, qui a fait grand bruit sur la toile au point de déstabiliser la marque. Comme une traînée de poudre la nouvelle s’est répandue, entraînant une réaction violente des médias américains et un boycott par une partie de la population

Ce fut pour moi la prise de conscience de la puissance de ce média de consommateurs, qui échappe au contrôle des marques et des autorités, et dont les effets peuvent être dévastateurs…

"Pour une part essentielle, le web 2.0 est une affaire d’intelligence collective", écrivait dès 2005 Tim O'Reilly, dans son article fondateur :"What Is Web 2.0".

Quelle définition donneriez-vous de cette intelligence collective ?

L’intelligence collective du Web 2.0 repose sur le principe de la co-création. Il prend son fondement dans un contexte de déclin des autorités de référence. Il n’y a plus d’expression verticale de l’autorité et du savoir. La relation d’égal à égal entre le citoyen et l’état, entre le consommateur et la marque sont à l’origine de cette expression d’intelligence collective, une intelligence fondée sur l’instantanéité, l’échange, le contrôle collectif. Le Web 2.0 est une intelligence maitrisée et partagée, un espace de dialogue évolutif et interactif

En termes de marketing, comment envisagez-vous la complémentarité entre les nouveaux outils d’écoute des consommateurs et les méthodologies "traditionnelles" ?

Je les envisage dans la complémentarité. Le consommateur/citoyen que l’on sonde quotidiennement est un consommateur/citoyen 360°. Il faut s’adapter à lui, à ses pratiques, traquer ses sources d’influence, lire et décoder ses différents modes d’expression. On ne peut plus se contenter d’une simple interrogation directe et traditionnelle de l’individu, de ce qu’il dit. Il faut compléter l’investigation à la fois par l’observation de son comportement (ce qu’il fait), et aussi entrer dans sa sphère de communication avec ses pairs, pour comprendre et interpréter ses dires et ses actes.

Cela complique la tache des sociétés d’étude, mais c’est tellement passionnant et enrichissant …

09:32 Ecrit par François Laurent dans 3 Questions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

3 Questions à … François Abiven

83633d80692cbc1b8e3a851b5e6c9dee.jpgFrançois Abiven, Président – Repères

Aujourd’hui, plusieurs millions de Français s’expriment sur leurs blogs, participent à des forums, échangent au sein de réseaux sociaux, etc.

Comment avez découvert toute cette expression spontanée sur Internet ?

Si mes souvenirs sont exacts, je crois que c'est une présentation à l'Adetem de Philippe Pinault de Blogspirit qui m'a ouvert les yeux sur l'importance de ce phénomène et sur ses impacts potentiels sur le marketing et les études. Le livre "Blog Story" de Cyril Fievet et Emily Turrettini a ensuite été une source importance d'analyse et de connaissance. Un exemple de l'ouvrage qui m'avait particulièrement frappé était celui d'un sénateur américain finalement poussé à la démission après que ses propos de meeting aient été relayés sur la blogosphère, alors que les média traditionnels les avaient ignorés. Le renversement des schémas traditionnels du pouvoir était manifeste.

Assez rapidement, nous avons pris conscience à Repères des formidables opportunités que représentaient ces nouvelles plate-forme d'expression du consommateur : soit comme objets d'étude - de quoi parlent spontanément les citoyens consommateurs, soit comme outils d'étude avec toute la richesse des échanges via des blogs collaboratifs spécialement mis en place pour nos démarches d'études.

Comparativement aux approches classiques d'études comme les focus group, nous avons notamment pu valider la très grande richesse de la communication asynchrone des plate-forme collaboratives : les participants choisissent le moment où ils répondent, ils le font à leur rythme, en prenant en compte les opinions exprimées par les autres participants mais tout en conservant leur individualité.

"Pour une part essentielle, le web 2.0 est une affaire d’intelligence collective", écrivait dès 2005 Tim O'Reilly, dans son article fondateur : "What Is Web 2.0".

Quelle définition donneriez-vous de cette intelligence collective ?

Pendant longtemps les termes "foule" et "intelligence" ont été considérés comme antinomiques, avec des fonds théoriques évoquant les risques d'anéantissement de l'individualité au sein du groupe et les dérives fascistes qui en découlent. L'idée même d'intelligence collective constitue donc une véritable évolution, d'autant plus sympathique qu'elle véhicule une vision positive de l'espèce humaine.

Je dirais que l'intelligence collective est ce que l'on peut obtenir d'une communauté lorsque l'on combine au service d'un but commun la richesse des échanges avec le respect et la prise en compte des individualités : cet équilibre entre individualités et interactions est la source même de la créativité et de la richesse.

En termes de marketing, comment envisagez-vous la complémentarité entre les nouveaux outils d’écoute des consommateurs et les méthodologies "traditionnelles" ?

L'écoute passive du web est un nouveau champ d'études qui viendra naturellement compléter et enrichir les approches actuelles. Et notamment dans les domaines de la connaissance des consommateurs (usages et attitudes), du suivi de l'image de marque, de la mesure d'impact de campagnes publicitaires ou de suivi de lancements de produits. La prise en compte en compte de ce discours spontané nous semble incontournable pour les marques, à la fois comme source d'inspiration et comme signal d'alarme.

Mais bien sûr ce type d'étude ne viendra pas remplacer les approches existantes. Outre les protocoles de test d'innovations qu'il conviendra toujours de mettre en place, il y a bien des cas où les consommateurs ne vont pas spontanément évoquer les sujets qui nous intéressent …

09:24 Ecrit par François Laurent dans 3 Questions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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