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04.04.2008
Questions à … Stéphane Truchi
Stéphane Truchi, Président – Ifop Aujourd’hui, plusieurs millions de Français s’expriment sur leurs blogs, participent à des forums, échangent au sein de réseaux sociaux, etc.
Comment avez découvert toute cette expression spontanée sur Internet ?
J’ai découvert les premières expressions de blogs en travaillant auprès de publics de trend-setters, aux Etats-Unis. Il s’agissait de blogs anti-marques, qui touchaient notamment cette marque emblématique et tellement adulée des jeunes Américains, Nike. Une campagne de délation sur l’emploi d’enfants mineurs en Asie, dénoncée par les internautes américains, qui a fait grand bruit sur la toile au point de déstabiliser la marque. Comme une traînée de poudre la nouvelle s’est répandue, entraînant une réaction violente des médias américains et un boycott par une partie de la population
Ce fut pour moi la prise de conscience de la puissance de ce média de consommateurs, qui échappe au contrôle des marques et des autorités, et dont les effets peuvent être dévastateurs…
"Pour une part essentielle, le web 2.0 est une affaire d’intelligence collective", écrivait dès 2005 Tim O'Reilly, dans son article fondateur :"What Is Web 2.0".
Quelle définition donneriez-vous de cette intelligence collective ?
L’intelligence collective du Web 2.0 repose sur le principe de la co-création. Il prend son fondement dans un contexte de déclin des autorités de référence. Il n’y a plus d’expression verticale de l’autorité et du savoir. La relation d’égal à égal entre le citoyen et l’état, entre le consommateur et la marque sont à l’origine de cette expression d’intelligence collective, une intelligence fondée sur l’instantanéité, l’échange, le contrôle collectif. Le Web 2.0 est une intelligence maitrisée et partagée, un espace de dialogue évolutif et interactif
En termes de marketing, comment envisagez-vous la complémentarité entre les nouveaux outils d’écoute des consommateurs et les méthodologies "traditionnelles" ?
Je les envisage dans la complémentarité. Le consommateur/citoyen que l’on sonde quotidiennement est un consommateur/citoyen 360°. Il faut s’adapter à lui, à ses pratiques, traquer ses sources d’influence, lire et décoder ses différents modes d’expression. On ne peut plus se contenter d’une simple interrogation directe et traditionnelle de l’individu, de ce qu’il dit. Il faut compléter l’investigation à la fois par l’observation de son comportement (ce qu’il fait), et aussi entrer dans sa sphère de communication avec ses pairs, pour comprendre et interpréter ses dires et ses actes.
Cela complique la tache des sociétés d’étude, mais c’est tellement passionnant et enrichissant …
09:32 Ecrit par François Laurent dans 3 Questions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note














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