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28.03.2008
Chanson française
Parmi mes sujets d’intérêt, et dans un monde du disque en pleine mutation, il y a ce que l’on pourrait appeler la "nouvelle chanson française" et qui est difficile à définir. Pour m’aider, je suis allé voir sur les blogs ce que l’on disait de la "nouvelle chanson française" et je dois dire que cela n’aide pas à en donner une définition claire, chacun y mettant un peu ce qu’il veut (Vanessa Paradis ou Alain Bashung, après 20 ans de carrière, sont couramment classés dans cette catégorie par certains). Par contre, je suis tombé sur la citation suivante : « C’est Alain Souchon qui a le premier utilisé l’expression nouvelle chanson française pour désigner ce que lui, Cabrel, Jonasz ou quelques autres faisaient ». Cela me ramène aux chansons de Souchon. Et puis, un collègue me parle d’une étude que LH2 va publier sur le développement durable et la société de consommation (de surconsommation peut-être … ). Et là, un déclic : Souchon, le développement durable, la société de consommation !!!
L’étude LH2 tout d’abord : elle montre que la consommation n’enrichit pas l’individu. Elle l’entraîne dans un univers de distraction futile, loin de l’essentiel, ou le plaisir est immédiatement tempéré par la contrainte, l’envie et la privation (encore plus quand le pouvoir d’achat diminue). A l’inverse, la promesse développement durable, même si elle se situe de manière imparable dans le registre du devoir, renvoie vers des valeurs subliminales positives : sérieux, équilibre et surtout bonheur, épanouissement. Luc Balleroy, Directeur général de LH2 aura mainte fois l’occasion d’expliquer ces tendances fondamentales dans les semaines à venir.
Et Alain Souchon dans tout cela. Il écrivait en 1993 (15 ans déjà !!!) une chanson prémonitoire qui résume la philosophie de notre étude : Foule Sentimentale.
Je ne peux pas résister à en citer de larges extraits : « oh la la, la vie en rose, le rose qu’on nous propose, d’avoir des quantités de choses, qui donnent envie d’autres choses, aïe on nous fait croire que le bonheur c’est d’avoir, de l’avoir plein nos armoires, dérision de nous dérisoires car, foule sentimentale, on a soif d’idéal… » mais aussi « il se dégage de ces cartons d’emballage, des gens lavés hors d’usage, et tristes et sans aucun avantage ». Il faut dire qu’on ne nous fait pas de cadeau, selon Alain, et en vrac, sans respecter l’ordre de la chanson : « on nous inflige, des désirs qui nous affligent », « on nous Claudia Schieffer, on nous Paul-Loup Sulitzer, oh le mal qu’on peut nous faire », « il faut voir comme on nous parle ». Et oui, sauf que nous, d’après Souchon, ce n’est pas cela qu’on attend : « on nous prend faut pas déconner dès qu’on est né, pour des cons alors qu’on est, des foules sentimentales, avec soif d’idéal, attirées par les étoiles les voiles, que des choses pas commerciales ».
Pas enrichissant la consommation, selon Alain Souchon. Pas étonnant, on a soif d’idéal. Les valeurs subliminales contre le plaisir futile ou éphémère.
Voilà comment en parlant de nouvelle chanson française, on arrive au développement durable. Mais c’est précisément pour cela que je vais vous parler de chansons dans les mois qui viennent. Parce que la chanson est enracinée dans la société, parce qu’elle y trouve son inspiration et en est un reflet. Dans cette chanson française d’aujourd’hui, le pire côtoie le meilleur, comme dans la vie de tout le jour. Mais c’est cela qui est intéressant. Pour le meilleur, je vous parlerais rapidement de Jeanne Cherhal ou de Mademoiselle K.
En attendant, faites bon usage de vos lecteurs CD ou autres mp3 ou mp4. Mieux même, mettez-vous à faire de la musique et les jours de pluie vous paraîtront moins longs.16:48 Ecrit par Jean-François Levionnois dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











