31.01.2008

En direct du Japon

c92d5a99be567e276b2ea60502849a18.jpgDébut Janvier, je vous parlais de la vie quotidienne au Japon, telle que nous la livrent les blogs d’expatriés français au Pays du Soleil Levant ; pour prolonger cette petite note exotique, j’ai décidé de vous livrer très régulièrement les dernières anecdotes nippones … relevées à la même source.

Ce qui chagrine le plus les Japonais ces jours-ci, ce ne sont pas les "subprimes", voire la chute des bourses, mais l’intoxication de dix personnes – dont une petite fille assez gravement – par des raviolis importés de Chine contenant … de l'insecticide !

Les Japonais sont extrêmement friands de ces "gyozas" chinois : mais ils en vont certainement en être dégoûtés pour un certain temps, après que ces dix malheureux ont dues être transportées d’urgence à l’hôpital, souffrant de vomissements, diarrhées et autres douleurs à l'estomac.

Les questions de sécurité alimentaire étant très sensibles au Japon, l'information a tout de suite été reprise en boucle par les télévisions ; déjà, les multiples problèmes sur des marchandises chinoises bourrées de matières chimiques ou frelatées révélées l'an passé dans différents pays, et notamment aux Etats Unis, y avaient été amplement reprises et commentées.

Sinon, les fanatiques du mythique groupe de rock britannique Led Zeppelin apprendront avec plaisir que passage à Tokyo, le guitariste Jimmy Page a indiqué qu'ils pensaient à se lancer dans une nouvelle tournée mondiale, quelques semaines après un concert "unique" réussi à Londres … et près de trente ans après la dissolution de la formation.

 

22:42 Ecrit par François Laurent dans Exotisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

29.01.2008

Société Générale : le début d’une longue histoire !

b4ccd20e90e9f22cbfd439d1db0da16a.jpgRapide coup de sonde au sein de la blogosphère – à chaud – vendredi 25 janvier en milieu d’après-midi, soit un petit peu plus de 24 heures après l’annonce d’une perte abyssale de 4,9 milliards d’euros par la Société Générale, liée à la fraude de son trader Jérôme Kerviel.

L’analyse porte sur les seuls documents postés le jour même soit malgré tout … une bonne centaine de posts ! Comme quoi l’affaire fait également couler de l’encre électronique dans le "petit" monde des blogs.

De nombreuses discussions pour ne rien dire … ou presque !

Ne rien dire, parce qu’il n’y a rien à dire de plus que ce que disent depuis la veille, radios, télévisions et autres journaux – on line et off line : Jérôme Kerviel, un petit trader méconnu de la Société Générale, a occasionné 4,9 milliards d’euros de pertes à la banque, auxquels s’ajoutent 2 milliards complémentaires liés aux "subprimes"américaines.

Pourquoi une telle logorrhée alors ? Parce que le chiffre dépasse toutes les imaginations … et qu’on a franchement du mal à comprendre qu’une institution a priori sérieuse comme la Société Générale ait pu s’y laisser prendre !

A partir de là, le schéma narratif apparaît le même dans tous les blogs : Stupeur > Incompréhension > Questions > Soupçons > Accusations. Evidemment, l’arrivée du personnage surprenant de Jérôme Kerviel relancera l’intrigue à point nommé.

Tout cela sur deux registres d’expression : Sérieux versus Ironie.

Politikart illustre parfaitement le premier registre : Politikart, c’est le blog personnel d’une journaliste de presse hebdomadaire régionale. Une sorte de mini Rue89 ; ce que l’on pourrait également appeler un blog d’opinion ! Prolifique, la blogueuse réussira même à publier quatre papiers consécutifs en l’espace d’une demi journée !

Mais pour elle, la saga aura commencé dès la veille par un : "Fraude colossale à la Société Générale" assez neutre, rapidement suivi d’un : "Société Générale : doutes sur une fraude isolée" puis d’un "Qui est Jérôme Kerviel, le fraudeur de Société Générale ?" : découverte, puis incrédulité – et tout de suite les questions.

D’ailleurs, dès qu’un blogueur rédige plus d’un papier sur le sujet, les titres se ponctuent de points d’interrogation : "Société Générale : et si ce n'était pas une fraude ?" … jusqu’à se faire pressants : "La Société Générale en faillite ?"

Stupeur, incompréhension, questions, soupçons, accusations … mais jamais de réponses : alors ces blogueurs convoquent les techniciens à la rescousse … c’est-à-dire les économistes les réputés, comme Elie Cohen, cité selon les papiers comme "directeur de recherche au CNRS", ou "professeur d'économie à Sciences Po", ou encore "membre du Conseil d'analyse économique" : Excusez du peu !

Un Elie Cohen qui constate que : « les procédures de contrôle interne qui normalement constituent le coeur de métier des banques se sont révélées dramatiquement insuffisantes » et précise que : « le sentiment des salles de marché, c'est qu'il n'est pas possible qu'un individu seul ait pu faire cela ».

Et bref, toutes ces personnes autorisées n’apportent au dossier aucun élément de plus que les médias … qui les ont tous déjà interviewés … et dont les blogueurs se contentent de citer les articles ; et la question se pose : pourquoi tant d’encre – même électronique – pour ne rien ajouter ?

Parce que personne ne comprend : généralement, les blogs d’information – entendez par là, les blogs qui commentent l’actualité – fondent leur légitimité à analyser différemment ce que les médias classiques ont déjà évoqué ; mais ici, aucun éclairage nouveau susceptible d’avancer : et le système boucle sans fin …

… avec tout au plus çà et là quelques enrichissements, comme Cpolitic qui rappelle judicieusement : « Le président-directeur général, Daniel Bouton, connaît fort bien le dossier des "contrôles" financiers puisque il a rédigé en 2002 un rapport complet commandé par le MEDEF dont le titre est intitulé: " Pour un meilleur gouvernement des entreprises cotées" ».

Les commentaires, souvent dubitatifs, apparaîtront en regard plus instructifs : « Personne n'est dupe parmi les pros de la finance » … et visiblement un scandale peut en cacher un autre : reste à découvrir lequel !

Le doute – omniprésent – constituera certainement le principal enseignement de cette première lecture ; la remise en cause du système financier et bancaire – voire du "système" en général – sera le second : car si les habits de bouc émissaire conviennent parfaitement à un Jérôme Kerviel, les coupables restent à appréhender …

… et les politiques se voient convoqués : « Preuve encore une fois, que le système capitaliste, dont le petit Nicolas est le digne représentant et bénéficiaire, a pris un coup sérieux sur le plan de sa crédibilité », conclura encore Cpolitic !

L’incompréhension pourra conduire les blogueurs à l’ironie et au cynisme – second registre d’expression rencontré au sein de la blogosphère.

Ici, pas de sagas : plutôt des citoyens interloqués qui réagissent à chaud. Le discours se concentre ici nettement autour de deux thèmes centraux : celui du bouc émissaire – encore – et du "faire croire" ; et celui d’un système français bien malade.

« A qui veulent-ils faire croire qu'un seul mec, un jeunot en plus, a pu détourner près de cinq milliards d'euros. Et sans s'enrichir personnellement d'une thune en plus ! »

« Et on veut nous faire croire que c'est ce type là qui aurait été capable de détourner à lui seul 5 milliards d'euros ? Moi, je n'y comprends pas une seconde ! Je me demande qui a fraudé dans cette histoire ? »

Bouc émissaire ; "faire croire" : on pénètre dans le champ de la manipulation … et donc s’ouvre la porte de la rumeur ! Il est clair que les bruits les plus fous vont courir dans les jours et les semaines à venir … et que la toile va jouer à plein son rôle ce catalyseur.

Le discours glisse parfois assez rapidement de la simple moquerie à un ton plus virulent, comme ce titre : "Société Générale: il n’y aura jamais assez de platanes pour pendre tous les banquiers véreux".

Et là encore, politiques et financiers partagent les coups :

 « Et on nous expliquera ensuite que le principal problème en France n'est pas la redistribution ».

« En clair, pour ceux qui ne comprennent pas ce jargon un brin abscons, l'affaire de la Société Générale est une "affaire sérieuse" (dixit Fillon) mais "il n'y a pas d'inquiétude à avoir" (selon la Banque de France) car cela n'affecte pas "la solidité et la fiabilité du système français" (d'après Nicolas Sarkozy) ».

Bref, c’est l’électrochoc : les blogueurs – comme tous les Français – digèrent une information qui les dépassent … même si déjà la révolte pointe à l’horizon.

Une révolte sur laquelle politiques et financiers manqueront désespérément de prise parce constamment alimentée la rumeur … toutes les rumeurs ! Bref un superbe cas d’école, une superbe saga à rebondissements qu’une écoute attentive de la toile devrait nous permettre de mieux cerner au jour le jour.

Ce n’est qu’un début … le combat continue … tout seul : c’est la magie du 2.0 !

21:40 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

20.01.2008

Traité de Lisbonne dans la blogosphère

8367422b9bcfe618588cfd0db7abff8f.pngLe Traité de Lisbonne suscite aujourd’hui une moyenne quotidienne de 50 à 70 papiers dans la blogosphère, qui se répartissent à peu près à parts égales entre blogs de militants politiques – essentiellement de gauche – et blogs plutôt "apolitiques" ou plus simplement non liés à un parti politique … et même parfois très sarcastiques à l’égard de la politique.

En tête des politiques, les partisans de Ségolène Royal avancent en ordre assez dispersé : le vaisseau amiral, http://www.desirsdavenir.org/, se contente d’une assez laconique recopie non commentée d’un article de Marianne2 intitulé : « Traité de Lisbonne : Hollande, Royal et Delanoë désavoués par leurs troupes », évoquant comment « contre toute attente, la proposition communiste pour un référendum sur le traité de Lisbonne n'a été rejetée que d'une courte tête par l'Assemblée ».

Connectés à Désirs d’avenir, pas moins de … 1044 sites et blogs : excusez du peu ! Un discours militant certes potentiellement puissant … mais plutôt en sommeil : la plupart des posts ne sont ici encore que la copie – bien souvent, sans citation de source – de la presse parisienne.

Ainsi http://segoleneroyalcantondebretigny.hautetfort.com – mais qui se présente comme la « Section du Parti Socialiste – Canton de Brétigny sur orge – Le Plessis – Pâté » – se contente de pirater Libération de la veille, peut-être pour susciter le dialogue … mais sans attirer de commentaire.

http://www.segoleneparis.fr préfère la version en ligne du Nouvel Observateur … toujours sans citer de source, ni déclencher de réactions.

http://les-pyrenees-avec-segolene.hautetfort.com renvoie directement le lecteur vers les sites médias, tandis qu’un militant s’autorise un commentaire un peu "dissident" … même s’il n’existe pas réellement de ligne officielle bien claire sur le sujet.

Aujourd’hui, les partisans de Ségolène Royal se contentent d’occuper le terrain sans réellement débattre ; et à côté, les autres leaders socialistes ont bien du mal à exister : sur son blog, Henri Emmanuelli propose la vidéo de son interview par Christophe Barbier sur LCI.

Seul Pierre Moscovici se fendra d’un papier réellement argumenté, proposant de passer « l’obstacle du Traité de Lisbonne », pour retrouver « une commune boussole ».

A droite, silence total : seule l’extrême droite et quelques souverainistes – comme Nicolas Dupont Aignan – apparaissent ici et là. Et un Dominique de Villepin nouveau, qui a retrouvé son indépendance de discours.

Du coup, les politiques les plus cités au cœur cette quasi absence de discours citoyen sont les leaders socialistes – François Hollande, Jean Marc Ayrault, Henri Emmanuelli, Ségolène Royal, Laurent Fabius, Jean Luc Mélenchon – et … Nicolas Sarkozy suivi, assez loin cependant, par Valéry Giscard d’Estaing, qui a ouvert son blog « Pour la démocratie en Europe » : http://vge-europe.eu/.

Bref, la blogosphère militante ne milite pas vraiment : inutile de pousser plus l’analyse … à moins de vouloir procéder à celle des médias classiques qu’elle se contente de recopier !

Et la blogosphère non militante ? Serait-ce elle qui milite ?

En fait, elle se décompose en deux familles de tailles à peu près égale, la première regroupant des bloggers "partisans de la première heure" de l’Europe, au ton plutôt sérieux, voire un peu docte, comme : http://quoideneufeneurope.hautetfort.com, blog d’« Actualité de l'Union européenne et du droit communautaire ».

Ou : http://publiusleuropeen.typepad.com, un « blog collectif, en français, initié par quelques internautes concernés par le sujet de la constitution européenne, venant d’horizons divers », comme se présentent ses rédacteurs.

A ces blogs pourrait presque se rattacher celui de Valéry Giscard d’Estaing : même vision d’une Europe certaine, bien calée sur ses rails, dont on acceptera éventuellement de discuter – très sagement – quelques modalités de construction, mais sans jamais en remettre en doute, ni les fondamentaux, ni les objectifs ultimes.

Le Traité de Lisbonne s’évoque … mais pas touche à l’Europe ! Une Europe nécessairement économique, et plutôt libérale. En un mot un militantisme "soft", un prosélytisme certain et apparemment efficace.

Second groupe, nettement plus virulent : celui des opposés à toute ratification parlementaire du traité. Ici, on oscille du moqueur : « Un référendum sinon rien ! » à l’activiste : « Traité européen : Démocratie MAINTENANT », jusqu’au franchement corrosif : « Argghh!!! ça fait peur !!! ».

Tous pointent vers : http://www.collectifdu29mai.org/ où figure en bonne place la : « Pétition contre la ratification du traité simplifié » : « En rejetant le « traité constitutionnel européen », le 29 mai 2005, la majorité des citoyens a clairement exprimé son refus des politiques libérales en France comme en Europe ».

Le Parti Socialiste se retrouve, plus ou moins malgré lui, au cœur des débats : car la blogosphère activiste s’ancre clairement à gauche … et c’est le parti le plus puissant qui en fait les frais, se voyant reprocher ses atermoiements et ses prises de positions trop libérales.

Tous blogs "indépendants" confondus – difficile de trouver une dénomination satisfaisante pour regrouper tous ces blogs dont la seule caractéristique est de ne porter officiellement l’étendard d’aucun parti –, une expression domine  : « non au deni de démocratie » … preuve que le discours référendaire l’emporte sur celui des"légitimistes".

Quelles conclusions en tirer, sinon une quasi démission du personnel politique traditionnel sur la question – comme si la secousse du 29 mai 2005 leur avait tous suffi, ex partisans du "oui" et du "non" confondus – et le glissement du débat véritable en d’autres lieux … comme la blogosphère ; l’activisme pour un nouveau référendum qui s’y développe souligne :

-        Un, que le choix de la voie référendaire aurait très certainement conduit au même résultat négatif qu’en 2005 : les politiques lui ont préféré celle de la prudence … et courbent le dos, en attendant.

-        Deux, que la fracture entre personnel politique et citoyens n’est certainement pas près de se résorber : les bloggers s’expriment d’autant plus fortement que toute autre forme d’expression démocratique – un vote – leur a été confisquée.

Tandis que les partis politiques diffusent déjà sur les marchés leurs tracts pour les élections municipales, les citoyens les plus engagés développent sur un Web 2.0 leur discours de rupture sur l’Europe … et réclament en vain un dialogue que les premiers leur refusent : deux mondes si différents !

Samedi 19 janvier, Libération soulignait « qu'une majorité des nouveaux adhérents – les militants à 20 euros – qui s'étaient inscrits dans la perspective de l'investiture avaient quitté le PS » : d’où la somnolence du millier de blogs liés à Désirs d’avenir, et la montée en puissance de ce nouveau discours citoyen en marge de structures établies … et à ne surtout pas perdre de vue dans les mois qui viennent pour comprendre où va la France.

 

12:05 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

10.01.2008

Les soldes, c’est parti

71941b3ac96b2309bcb04bab5d24d91a.jpgEt force est de reconnaître, les soldes font vendre … du papier et désormais, de l’encre électronique :

« Les soldes d'hiver ont débuté ce mercredi 9 janvier 2008. Ils devraient s'achever au plus tard le 19 février », nous informe Libération, qui prend illico le pouls des consommateurs les plus avertis en publiant quelques : « Témoignages à chaud auprès de "fashion pas victims" ».

Le Figaro avait prévenu ses lecteurs dès la veille : « La valse des étiquettes va commencer ! Dès demain matin, les magasins seront pris d'assaut par des consommateurs avides de bonnes affaires. Si 43% des Français attendent cette période pour réaliser leurs achats, réussir son shopping ne s'improvise pas », proposant son « guide pratique pour déjouer les pièges ».

Et du côté de la blogosphère ?

Première remarque : les blogs marchands pullulent désormais sur la toile ! A côté des sites "traditionnels" – soit quelques années au mieux d’histoire – bien établis, a récemment surgi toute une kyrielle de blogs construits en marge d’une petite boutique … voire jouant le rôle de petites boutiques.

LaFraise a fait des émules (voir le post consacré à ce blog) …

Des émules comme La boutique officielle, blog vantant les dernières créations du petit site éponyme de vente en ligne de T Shirts bien évidemment "tendance", avec son "Grand Classique" : le "T shirt Rolling Stones Classic Tongue" … si, si, la fameuse langue fétiche du groupe de rock !

Mais surtout, ce sont les artisans qui ont le vent en poupe, comme Megg, qui tient une "Boutique Atelier" à Mesves sur Loire, dans la Nièvre … et évidemment sur Internet ! Si le cœur vous en dit, c’est plein de pull-overs, de laine à tricoter et autres jouets en bois, etc. : http://meggboutique.canalblog.com/

Jaune Cerise, site de vente en ligne d'objets de jeunes créateurs, propose de bénéficier « dès aujourd'hui de 30 à 50% de remise immédiate sur nos produits soldés », et de manière très sportive : « Attention, prêts ? C'est parti, c'est ici ».

Car ils l’ont tous bien compris : rien de tel qu’un bon blog pour se hisser au top de Google ! Un petit papier tous les deux jours pour annoncer sa nouvelle promotion, et le célèbre moteur de recherche vous classe en tête de liste … comme tous les supports qui lui fournissent l’information la plus fraîche.

Et les consommateurs ? Pas sur leur blog bien évidemment, ils courent les magasins ! Ils, ou plutôt elles : les soldes sur Internet, c’est plutôt une affaire de bloggeuses, voir de …  métrosexuels : http://www.lemetrosexuel.com/

Sauf cas rarissime  - comme http://vousleshommes.blogs.com/, par exemple ? Eh bien non, Vous les hommes, c’est Sophie qui s’en occupe !

Si, il ne faut quand même pas oublier : http://www.commeuncamion.com, sous-titré : "Blog masculin depuis 2004" : « Comme un camion.com est un blog collectif à la croisé du magazine masculin, du guide d'achat et de la discussion de comptoir entre amis. […] Fortement orienté mode masculine, le site propose des conseils et une sélection quotidienne d'articles de mode ».

Elles courent donc les magasins, les bloggeuses ? Pourtant, vers 20 heures, une petite centaine avait déjà postée sa contribution à la grande messe semestrielle.

Peut-être parce ces bloggeuses sont plus que raisonnables, comme Christine : « Eh bien oui, aujourd'hui, c'est le premier jour des soldes, alors attention aux portes monnaies, il ne faut pas acheter n'importe quoi sous prétexte que c'est les soldes, moi je n'y vais pas le premier jour, trop de monde, infernal, et je n'ai rien besoin de précis, mais les autres jours, je vais me promener, je regarde et quelque fois je découvre plein de fringues, truc sympas histoire de renouveler une garde robe déjà bien remplie et puis j'aime l'ambiance, tout le monde fouille et refouille ! »

Dans tous ces blogs, deux expressions récurrentes : "C'est le premier jour des soldes" – qui atteste de l’institutionnalisation de l’événement ; et surtout  : "pas trop cher" – car les bloggeuses sont raisonnables : « J'ai pu ainsi trouver mon bonheur pour pas trop cher ».

Ce qui compte, ce sont les bonnes affaires : « A moi les bonnes affaires ! Je resterai raisonnable » – belle résolution de … Jean-Michel : tiens, encore un homme !

Et les soldes sur Internet ? Elles ne semblent vraiment pas participer de la même féerie – peut-être en raison de la banalisation des prix bas sur la toile ? On navigue de conseils prudents : « Ce qui est chouette sur ce site, c'est qu'y'en a pour tous les budgets » en désillusions : « Ah ! Je reviens du site, je laisse tomber, c'est trop cher ».

Voire : S'il vous plait avant d'aller faire les soldes […], il est vraiment temps d'agir en consommant moins … »

Il y a aussi ceux qui rationalisent l’usage de leur blog, comme Pierre – encore un homme – qui met ses lecteurs à contribution : « Ça fait quelques mois que j'ai envie de m'offrir la lampe d'ambiance Living Colors de Philips. Mais je trouve que 150€ c'est un peu cher. […] Si vous avez un bon plan, je suis preneur ».

 « Comme d'habitude, je fuirai les magasins bondés durant toute cette période » : dans son commentaire, Cleanette résume assez bien le recul de ces bloggeuses par rapport à l’événement … de ces bloggeuses, car les autres, elles courent les magasins et n’ont pas vraiment le temps de rédiger le moindre petit post !

Comme celles rencontrées par les journalistes de Libération : « Equipée des indispensables gants, écharpe et parapluie, une petite vingtaine de matinaux attendent l’ouverture du Bazar de l’Hôtel de Ville (BHV) à Paris. Martine, 28 ans, a emménagé dans le quartier depuis plus de deux mois et mais "On a toujours l’impression que je viens d’arriver dans mon appartement. Comme je suis en vacances actuellement, je veux en profiter pour acheter quelques babioles pour la déco", explique-elle ».

Et encore, il s’agissait de "fashion pas victims" ; les autres, les radios les ont interviewées dès potron-minet, et là, c’est la caricature : repérage la veille, liste en main, vêtements serrés pour glisser plus rapidement aux endroits stratégiques, etc.

Bref, d’un côté les "fourmis" de la toile, de l’autre les "cigales" de la rue ? Oh ! il y a des exceptions, comme Lasperenzas qui titre très "Shakespeare" : « Être addict d’une corvée , ou ne pas Être.

« Pourquoi on veut toujours aller faire les soldes ? Pourquoi la plupart des français prennent un jour de congés spécialement pour le premier jour des soldes plutôt que de le prendre pour l'anniversaire de leurs enfants ?

« Je suis comme toutes ces personnes qui vont dès le premier jour des soldes dévaliser les magasins … Et pourtant je trouve ça très pénible ».

Comme en France, la politique est partout, pas de raison qu’elle n’infiltre pas la blogosphère … même chez Lasperenzas, justement :

« Aujourd'hui j'ai dépensé, beaucoup plus que si j'avais fait le shopping hors soldes, c'est Monsieur Sarkozy qui va être content, je SUIS une CONSOMMATRICE d'enfer ! »

Ou plus sérieusement, sous le titre « Début des soldes ... pour la dernière fois ? », c’est le Mouvement Démocrate de Boulogne qui s’interroge sur le « principe de soldes "récurrents" » évoqué par la ministre de l'Economie.

15:10 Ecrit par François Laurent dans Distribution | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

LaFraise

6efe93fc9e66c748ef0bf21fd3f157e6.jpg Un des sites les plus emblématique du marketing collaboratif en France porte le nom sympathique de LaFraise : lancé en 2004, Lafraise.com commercialise des T-shirts originaux ; mais ici, créateurs et consommateurs participent d’une même communauté : 

« LaFraise est le plus grand concours de T-shirts design en Europe. Chaque jour, des centaines de nouveaux visuels envoyés par des graphistes et des illustrateurs sont choisis et soumis au vote de la communauté. Les lauréats sont ensuite imprimés et vendus dans notre boutique.

« Nous respectons tous les créatifs qui rendent nos T-shirts si uniques : chaque vainqueur emporte 1000 euros pour une série strictement limitée à 500 exemplaires et ce, sans aucune réimpression possible. Nous mettons également un point d’honneur à ce que les créateurs gardent à tout moment les droits d’auteur sur leurs visuels ».

Le principe est simple : n’importe qui peut envoyer un dessin, n’importe qui élire un dessin … et bien sûr, n’importe qui peut acheter le T-shirt portant ce dessin.

A la base, LaFraise n’est pas vraiment un site – plutôt une sorte de blog sympa, où un geek s’adressait à d’autres geeks : on y découvre ainsi un post daté de Février 2004 avec une photo de la maison de Patrice Cassard, le fondateur, où s’entassent quelques cartons de T-shirts :

« Voila, j'ai la moitié de mon stock à la maison, je peux donc commencer à flipper sérieusement. Les 500 T-shirts sont en face de moi en permanence, et je crois bien les entendre chuchoter : "vends nous ... vends nous..." ».

Petit à petit, les collections se feront plus "fashion", peut-être pour « plai­re au plus grand nombre » comme le soulignait début 2005 vnunet.fr – ou plus simplement parce que les internautes accordaient plus largement leurs suffrages à ces produits plus "fashion". Après un an d’existence LaFraise comptait 13 000 clients ayant passé au moins une commande.

Aujourd’hui, le buzz constitue le seul véhicule de communication sur lequel s’appuie LaFraise :

« Cela faisait un moment que je n'avais pas eu un coup de coeur pour un t-shirt LaFraise, avec le modèle Chimp! c'est chose faite. Hop directement commandé.

« Comme toujours, si vous craquez pour un t-shirt, n'hésitez pas à passer par ici, cela me fera quelques brouzoufs ;-). », découvrait-on sur ce blog suisse : blogeek.ch en mai 2007.

Le buzz donc, et le parrainage. Aujourd’hui, LaFraise commercialise ses T-shirts un peu partout en Europe, avec un site en allemand et un autre en anglais, et même aux Etats Unis. Mais entre temps, Patrice Cassard aura cédé son entreprise à son concurrent Spreadshirt :

« Il y a un peu moins de 3 ans maintenant, je lançais ce site, seul (depuis mon salon), sans aucune idée préconçue sur ce que l'avenir m'apporterait. Si ça marchait, tant mieux, si ça ne marchait pas, tant pis. Le fait est que l'activité n'a fait que grossir pendant 3 ans, et y faire face m'amuse désor­mais beaucoup moins qu'au départ », expliquera-t-il sur son blog en date du 19 Juillet 2007.

http://www.lafraise.com

15:05 Ecrit par François Laurent dans Distribution | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

08.01.2008

Et au Japon ?

c856eec94836ed1f1ef0e724a6110a4a.jpgComment vivent les Japonais ?

Réellement, au quotidien, et bien loin des clichés ?

Entre tradition, high tech et exotisme …

Le high tech, ce sont les téléphones futuristes de NTT DoCoMo, qui dialoguent avec leur environnement selon un protocole baptisé en japonais "jintai tsushin" – littéralement : "télécommunications par le corps humain". Imaginez : fini le WiFi et autres blue tooth, désormais votre téléphone, c’est … vous !

Japon – Minority Report, même combat ? Pas vraiment ! Car au dernier Ceatec – le Salon de l’électronique grand public japonaise – les véritables stars, c’étaient le premier téléviseur du monde à écran organique électroluminescent signé Sony épais de … 3 millimètres. Si, vous avez bien lu.

Une belle prouesse technologique donc, mais certainement un produit moins "perturbant" !

Pourtant si les japonais se sont offerts en masse toute la panoplie des lecteurs et récepteurs multimédia – ça, c’est le côté high tech –, ils apprécient également recevoir des kits d'encens très fins ou du thé corsé – et ça, c’est la tradition.

Pour le Nouvel An, ils ont dévoré quantité de mochi – préparation à base de riz qui accompagne de nombreuses recettes au Japon, parfois également appelée dango mochi, c’est-à-dire : "petites boules".    

Autre tradition, le nanakusa gayu – "bouille de riz aux sept herbes" – qu’ils mangent le 7 janvier pour se souhaiter longévité et santé.

Mais maintenant, la veille, on commence à trouver des … Galettes des Rois bien françaises ! Sauf qu’ils n’y glissent pas de fève, pour éviter bien des désagréments à ceux qui en ignorent la coutume – et ça, c’est pour l’exotisme !

Autre vision exotique … et ô combien caricaturale ! – le Beaujolais Nouveau … et là, les photos se passent de commentaire !

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Sinon, le dernier endroit branché pour boire un coup à Kyoto, c’est la brasserie café Onze – vous avez bien lu ! C’est près de Sanjo, légèrement au sud, sur Kiyamachi, pour ceux qui ont envie de siroter une blanche en admirant des kimono.

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Voilà donc quelques images que j’aurais pu vous rapporter du Japon … si j’y avais été. Car ce papier, je l’ai rédigé sans bouger de mon bureau, juste en surfant sur la blogosphère japonaise.

Sur la blogosphère japonaise : me serais-je mis au japonais ? Même pas : il suffit de déambuler parmi les blogs de Français expatriés au Japon.

Des blogs de Français vivant au Japon, j’en ai découvert une bonne cinquantaine en l’espace d’une soirée ; les anglophones flâneront aussi sur les blogs de citoyens anglais ou américains expatriés au Japon, les germanophones, etc.

Finalement ces blogs, c’est un peu la version moderne des Lettres Persanes ; sauf que là, pas d’effets littéraires : c’est la vie au quotidien, une culture exotique avec le regard d’une autre culture. Ou du matériel ethnographique brut – la découverte des différences !

Tous les champs de la vie sont concerné et l’on va rapidement de surprises en surprises : les lave-linge japonais ne chauffent pas et les lessives sont adaptées à l’eau froide ; ou dernier support publicitaire en vogue : les paquets de mouchoirs en papier que l’on distribue à tous les coins de rue ; etc.

Et juste pour briser quelques a priori, ce dernier extrait :

« Paradoxalement, les japonais utilisent très peu leur portable pour téléphoner, le coût des communications étant exorbitant ! De ce fait, les cabines téléphoniques fleurissent à tous les coins de rues, dans les galeries marchandes… voire même dans les forêts ! »

Et puis, il y aussi quelques blogs comme celui de Sayaka, sous-titré : "Journal intime, critiques de livres ou BD, essais, etc. par une japonaise francophone non native … Toujours avec des traces de combat pour l'apprentissage de cette belle langue … le français".

Par contre, je n’ai pas encore trouvé de blogs de Français rédigés en japonais !

Quelques adresses :

http://sayaka.canalblog.com/

http://lariviereauxcanards.typepad.com/la_riviere_aux_can...

http://www.blogayvan.net/

http://www.commecadujapon.com/

http://blog.ghismo.com/

http://www.lejapon.fr/blog/

http://tokyo.viabloga.com
 

20:20 Ecrit par François Laurent dans Exotisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

02.01.2008

L'intelligence de l'intelligence collective

ec52e7e63797e7b1b84c3307bd19293f.jpg« L'intelligence collective désigne les capacités cognitives d'une communauté résultant des interactions multiples entre des membres ».

Ce qui est plaisant dans cette définition, c’est qu’elle résulte elle même … de l'intelligence collective, puisque sortie de Wikipédia ; pour bien s’en persuader, il suffit de cliquer sur l’onglet "discussion", tout en haut, pour découvrir comment se construit un article au sein d’une encyclopédie fondée sur l'intelligence collective.

L'intelligence collective constitue un des piliers du Web 2.0, comme le soulignera dès septembre 2005 Tim O'Reilly dans son article fondateur "What Is Web 2.0" : « Pour une part essentielle, le web 2.0 est une affaire d'intelligence collective ».*

Bien sûr l'intelligence collective n’est pas née avec le Web 2.0 : Pierre Lévy, directeur de la chaire en intelligence collective à l’univer­sité d’Ottawa définissait dès 1995 en ces termes dans les colonnes du Monde diplomatique :

« L’intelligence collective est le projet d’une intelligence variée, partout distribuée, toujours valorisée et mise en synergie en temps réel. A quelle situation répond ce projet ? Au regard d’une économie globale de l’humain, le chômage, l’exclusion, l’enfermement des activités salariées dans de trop étroites limites, l’absence de participation des citoyens aux décisions qui les concernent, ainsi que les cloisonnements administratifs ou disciplinaires, représentent autant de gaspillages inacceptables ».

L’immense mérite des technologies à la base du Web 2.0 sera de permettre l’émergence de cette intelligence collective que Pierre Lévy appelait de ses vœux ; et donc éviter ces "inacceptables gaspillages" liés à la fragmentation de sociétés modernes.

Une intelligence collective qui transcende Internet et explose partout : dans les wikis – Wikipédia, certes, mais WardsWiki, le premier wiki au mode date de 1995 –, blogs – près de 4 millions de blogs en France, et plus de 12 millions de Skyblogs –, réseaux sociaux – viadeo, MySpace et autres facebook, etc. –, sites consommateurs – Ciao –, etc., sans oublier les multiples forums hérités de ce bon vieux … Web 1.0 !

Le terme intelligence est parfois ambivalent … du moins quand la définition française se télescope avec l’acception anglaise, couramment utilisée en France dans l’expression intelligence économique : notion de surveillance, de renseignement.

Dans ce blog, nous jouerons au maximum sur cette ambiguïté : ce blog sera en fait celui de l'intelligence de l'intelligence collective … comprenez le blog qui utilise les outils de l’intelligence économique pour mieux appréhender l'intelligence collective du Net.

Blog dédié à l'intelligence collective, ce blog ne pourra être que collectif : Alain Beauvieux, président d’AMI Software, m’a demandé de l’animer, mais animation ne signifie pas rédaction ! Ses colonnes seront ouvertes à tous les spécialistes de l’écoute du consommateur – instituts d’études, agences de communication … – qui souhaiteront partager leur expérience en la matière.

Ce projet ne vise d’autre but que de montrer la pertinence du suivi et de l’analyse du discours spontané des consommateurs, des citoyens, des gens comme vous et moi, sur la toile.

* http://www.oreillynet.com

 

11:50 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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