02.07.2009

La légitimité du hard discount : Lidl

lidl_logo.jpgSuite de notre décryptage de la distribution française au travers des blogs et des forums, initié avec Auchan et Leclerc.

D'ailleurs, il suffit de se promener au hasard des blogs pour s'en persuader : évoquant une manifestation à Lyon, Betapolitique ironise : "On était venu le matin, serrés comme des anchoix de chez Lidl dans les wagons du métro".

Investir pour l'avenir se montre nettement plus sarcastique, évoquant les "pauvres, qui n'ont pas d'autre choix pour se nourrir que d'aller acheter des pâtes et du riz chez Lidl".

Tel est le discours des blogueurs qui ne fréquentent pas vraiment les enseignes de hard discount, notamment Lidl sur laquelle nous nous sommes plus particulièrement penchés ... mais il faut surtout tenir compte des blogs de leurs clients ! Et là, le ton change du tout au tout.

Lidl Positif.jpg

La très grande majorité des billets se révèle positive, et même si l'entrée "prix / promo" demeure particulièrement évidente, elle ne constitue certainement pas l'unique clef, bien au contraire.

Très caractéristique de la démarginalisation de l'enseigne, la prédominance des blogueuses de cuisine : Domi cuisine n'hésite pas à utiliser pour son rôti de porc Orloff "des tranches de rôti déjà coupées vendue chez Lidl Belgique sous le nom de "steak minute" - et surtout de s'en vanter ! Tout comme Micky mincir qui confectionne ses saltimboccas avec du "jambon cru allégé (moi je l'ai eu chez Lidl)".

Si ceux qui ne fréquentent pas les magasins Lidl conservent des préjugés négatifs, le vécu des clients se révèle très positif - même si demeurent quelques couacs, comme pour Les cinq T qui doit "renvoyer ma centrale vapeur chez Lidl (elle a tenu neuf mois, brave fille !)".

D'ailleurs, les interrogations les plus fréquentes ne portent pas sur l'alimentaire ou les produits de consommation courante, mais sur les biens durables commercialisés par l'enseigne, d'où de récurrentes discussions sur les forums : "Le jeudi 2 août est mis en vente un perforateur pneumatique chez Lidl au prix de 49 Euros [...] (il) a l'air d'être d'une qualité correcte, bien que ça doit être fabriqué en Chine. Qu'en pensez-vous ? Merci d'avance pour vos avis.:-))" - relevé sur Home garden guides.

Mais la plupart du temps, Lidl apparaît comme l'enseigne futée - là où se font de bonnes affaires ... au nez et à la barbe des non initiés, ou plus simplement de ceux qui n'ont pas su vaincre leurs préjugés : "Je venais d'acheter une pelote de 400gr chez Lidl en 100% acrylique (j'entends déjà les puristes hurler...)", s'enthousiasme Toutes à nos crochets, avant de s'exclamer :

"INCROYABLE : un fil cablé très agréable à crocheter avec du 3,5 pour un rendu doux comme du "polaire". J'aime beaucoup l'effet aléatoire de répartition des couleurs et il n'y a pas 2 fleurs identiques !!! Sachant qu'une fleur pèse 5,69gr ; je pense en crocheter 60 ..."

Bref, Lidl est devenu un véritable art de vivre, intelligent et moins cher. Intelligent parce que moins cher ? Intelligent bien que moins cher ? Il y a un peu de tout ça, dans le discours des blogueurs et des blogueuses.

Même les blogs les plus improbables applaudissent sur les sujets les plus improbables, comme Couleur geek sur le lancement de produits issus du commerce équitable.

Tout est beau dans le meilleur des mondes ? Non parce que toute cette effervescence demeure sous étroite surveillance : l'engouement des consommateurs n'équivaut certainement pas à un blanc seing - il n'y a pas encore si longtemps, les hypermarchés apparaissaient comme extrêmement festifs !

Et c'est sous l'angle des relations sociales que l'enseigne apparaît la plus fragile.

Moins en France où Laury évoque : "J’ai 36 ans et je suis caissière ELS chez Lidl depuis maintenant 2 ans. Je me plais bien dans mon boulot" ; qu'en Allemagne où l'enseigne est accusée d'espionner ses salariés, comme le rapporte Les mot sont un sens : "Le discounter allemand Lidl a espionné ses salariés, rassemblant des données personnelles sur leur état de santé, rapporte lundi le magazine Spiegel, alors que le groupe avait déjà été touché l'an dernier par un scandale similaire".

Il ne faudrait pas que le distributeur gâche son actuel capital de sympathie par de trop évidentes lacunes en matière de responsabilité sociale.

10:16 Ecrit par François Laurent dans Distribution | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

29.06.2009

Buzz de la semaine : Twitter #2

twitter-logo.png

Ce n'est pas le premier buzz de la semaine consacré à Twitter : j'évoquais déjà la site de micro blogging le 4 Mai, mais l'actualité c'était plutôt alors celle d'une éventuelle prise de participation de Google dans Twitter.

De même, les élections iraniennes m'ont conduit à reparler de Twitter à nouveau parce ce dernier est soudain apparu comme le dernier accès possible à l'information en provenance d'un pays sur lequel une chape de plomb s'est soudain abattue et dont les médias traditionnels ont été renvoyés.

Le but de cette analyse est plutôt de voir en quoi et comment aujourd'hui Twitter fait l'actualité - par et pour lui-même.

Et reconnaissons-le, le buzz fonctionne : on en parle, et même de plus en plus !

Twitter 2 Dates.jpg

Sur les 3 premières semaines de Juin, Twitter s'inscrit au cœur d'un réseau sémantique au sein duquel l'Iran, et bien entendu sa fraude électorale, occupe encore naturellement une place prépondérante - c'est même le terme le plus fortement connecté à Twitter sur la carte.

Twitter 2 Réseau.jpg

Sinon, ce que souligne ce réseau sémantique, c'est la variété des accès à la plateforme de micro blogging et son inscription comme réseau social incontournable aux côtés de facebook ... et sa particularité de sa limite à 140 caractères : la forte récurrence de ce concept précise bien à la fois la surprise des internautes - comment un système aussi "pauvre" peut-il connaître un tel succès - et la nouveauté, du moins pour ceux qui rédigent ces posts, du sujet : pour les vieux adeptes du micro blogging, aucune raison d'en parler encore !

C'est le cas de Benjamin Galouye : dans son papier, les fameux "140 caractères" occupent une position centrale : "les posts y sont donc ultra courts (140 caractères max), l'info est censée y être claire et rapidement envoyée, partagée par qui-le-veut-bien, à qui-le-veut-bien".

Or si "ça fait quelques temps que Twitter me trotte en tête", il démarre doucement : "je me suis donc lancé sur Twitter dans le but de poster plus régulièrement, mais plus brièvement". Mais attention : "Twitter ne remplace absolument pas ce blog".

Twitter 2 Central.jpg

Mais le plus frappant, c'est que l'intégralité des 600 papiers recueillis sur une période de 3 semaines ne se contentent pas de parler de Twitter, ils ne parlent que de Twitter : le site de mico blogging occupe une position totalement centrale dans leurs papiers ...

Ce qui explique que le buzz (premier graphique) atteigne des niveaux rapidement élevés même alors qu'aucune actualité - rachat par Google, émeutes en Iran - ne vient le supporter : en fait, aujourd'hui Twitter est devenu l'actualité.

Et c'est la plus belle collection d'expériences personnelles ... ou de commentaires d'expériences personnelles, proches ou lointaines.
Par exemple, c'est "Alicia Keys [qui] annonce son retour via Twitter", comme le rapporte Skeuds : "Et pour mieux enfoncer le cou, c'est donc elle qui l'a annoncé via son Twitter: Just finishing at the studio…..WOW! love this one! thought 4 the day/night When we r open 2 change, a world of change opens 4 us!".

C'est Shashi Tharoor qui "devient le premier ministre en Inde à utiliser la plateforme de microblogging Twitter et cela a provoqué un débat : "Les ministres du gouvernement doivent-ils utiliser Twitter pour informer les citoyens de leurs activités quotidiennes?" se demande le blog Sepia Mutiny, comme le rapporte Global voices on line.

Etc.

Dans ce discours extrêmement positif, quelques voix étrangement critiques, comme R-sistons à la désinformation qui attaque : "Twitter, Facebook, téléphones portables, les jeunes internautes.. utilisés abusivement par l'Occident contre l'Iran comme armes pour attaquer un Etat souverain, à des fins prédatrices, impérialistes".

Et dire qu'il y a encore deux à trois ans, les discours sur l'avenir de la toile portaient essentiellement sur la 3D et Second Life : Twitter démarrait tout juste, sans "e", comme "twittr, en référence au site de partage de photos Flickr", nous rappelle Wikipédia.

Difficile de prédire ce que sera l'avenir du Net ...

09:01 Ecrit par François Laurent dans Une campagne par semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

25.06.2009

Quand les clients prennent la parole

leclerc.jpgLe 1 Juin, le Buzz de la semaine se penchait sur la campagne des "10 jours écocitoyens chez Auchan", et d'une façon plus générale, sur la réputation de l'enseigne au sein de la blogosphère et des forums de discussion.

Aujourd'hui nous traiterons plus précisément des hypermarchés Leclerc, et de leur président blogueur Michel Édouard Leclerc.

Comme pour Auchan, nous avons recueilli les derniers billets de consommateurs parlant de leurs visites chez Leclerc, de façon à mieux pénétrer dans le vécu des consommateurs.

Mais ici, peu de discours centrés sur les relations sociales - dans ou hors de - l'entreprise : ce n'est pas vraiment le sujet ... du moins dans les blogs. A en croire 7h10, sous le titre "Pas de syndicat chez Leclerc", les salariés syndiqués n'y font pas carrière. Par contre, ils s'épanchent plus volontiers sur les forums, comme cet agent de sécurité de Provins qui n'hésite pas à parler de "despotisme" sur bladi.net.

Mais la grande majorité des papiers traitent de problèmes plus consuméristes, et globalement, plutôt (très légèrement cependant) à l'avantage de l'enseigne ; il en ressort cependant une image brouillée car les avis tant positifs que négatifs concernent ... les mêmes points : la qualité et le prix.

Ainsi à Bonbon Rampick qui, cherchant des "jolies bottes" pour fille ainée, s'enthousiasme : "Elles existaient aussi avec des rayures fines espacées très très chouettes, 15 euros chez Mr Leclerc au rayon femme" ; répond Bibi sur zinfos974 : "Leclerc moins cher ? Carrefour moins cher ? Jumbo moins cher ? Champion moins cher ? En effet ça dépend des produits et des périodes", renvoyant toutes les enseignes dos à dos.

Même constat mitigé concernant la qualité des produits : à Ratounette qui s'enthousiasme : "pour avoir déjà acheté des boites de 10 pains au choco chez Leclerc, ils sont très bons!" ; No noise no good répond : "ma voiture est hors service on va dire, pompe a gasoil morte après une vidange faite chez leclerc, bien sur ils ne veulent rien entendre, je me retrouve donc sans voiture pour aller bosser et je vais devoir entamer une procédure".

Mais le discours le plus riche se situe ailleurs ... sur le blog de Michel Édouard Leclerc lui-même.

Un blog qui, en soi, a plus pour vocation de défendre les intérêts du patron des hypermarchés éponymes et relayer ses prises de position sur la publicité comparative ou la loi Galland, etc. Avec peut-être une pointe de narcissisme et bien évidemment la figure charismatique du père - Michel Leclerc, le fondateur du groupe.

Blog Leclerc.jpg

Sur la période concernée par notre étude - présentée le 23 juin dans le cadre d'un petit déjeuner au Centre de conférences Edouard VII, ceux qui n'ont pu y assister peuvent toujours nous contacter pour une présentation "privative" - une analyse sémantique mettait en évidence la problématique des cartes de fidélité - voir le nuage de tags ci-dessus.

C'est Angélique qui se plaint : "je viens de m'apercevoir que mes points Leclerc (plus de 5000 points) ne sont plus sur ma nouvelle carte. Personne ne m'a dit le jour où on m'a remis la nouvelle carte qu'il faillait les retirer".

C'est Mouloud qui s'amuse : "Aïe, aïe, aïe ... il est bidonnant ce blog ! ... et vas-y que je me plaigne d'une hausse de 2 cts sur les bananes ... et bam, je dénonce la caissière de la superette de trifouilly les oies qui a oublié d'ajouter 10 points sur ma carte fidélité ...".

Mais globalement, c'est la cours des récriminations ... à un tel point que le blogueur en chef prévient : "Ce blog doit rester un blog personnel. Je veux pouvoir, ici, participer au débat public qu’il s’agisse de questions de société ou même de préoccupations professionnelles".

Donc : "J’invite donc les consommateurs qui le souhaitent à contacter directement le service consommateurs de l’enseigne".

Et : "Par souci de clarté, je demande à ma dynamique webmaster de reclasser, sous cette rubrique, les commentaires qui ne correspondent pas au thème des notes journalières".

Sauf que, comme ailleurs, personne ne répond aux malheureux consommateurs - ou n'apporte de réponse satisfaisante à leurs soucis - les commentaires sans rapport avec la thématique du jour continuentde s'accumuler au fil des pages !

Cela étant, depuis quelques moi, ces commentaires s'alignent derrière un même et unique papier répété à l'identique,intitulé "Quartier libre" : "Pour de multiples raisons professionnelles, j’ai été dans l’impossibilité d’assurer le service de ce blog. Je vous informe cependant que je reprendrai la publication de mes notes à partir du 4 mai prochain". Seule varie la date de reprise ...

Mais fin juin, rien de nouveau à l'horizon !

Michel Édouard Leclerc a déserté son blog après un dernier papier le 13 février, après un dernier papier sur "le prix des pâtes et du riz en janvier" un papier assez vindicatif comme à son ordinaire.

"Les marchés sont des conversations", disaient les rédacteurs du Cluetrain Manifesto : des conversations qui peuvent couvrir la voix des distributeurs et des marques, pourrions-nous préciser !

Quoi qu'il en soit, Auchan, Leclerc, deux enseignes, un même résultat : l'hypermarché apparaît aujourd'hui dans une posture inconfortable, parce que son vécu s'adapte de moins en moins à son discours - et vice versa.

Et ce vécu - leur vécu -, les consommateurs se le partagent sur la toile, laissant émerger de vastes champs d'insatisfactions.

Les hard discounters relèveraient-ils mieux le défi d'une société à la fois en mutation et fragilisée par la crise économique : bientôt, nous nous pencherons ici même sur d'autres enseignes représentatives de ces nouvelles formes de distribution.

A suivre, donc ...

07:46 Ecrit par François Laurent dans Distribution | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

24.06.2009

Fin du discours spontané sur les médias en ligne ?

censure.jpgParmi les premiers dossiers dont devra s'occuper Frédéric Mitterrand à son arrivée rue de Valois, celui du statut d’éditeur de presse en ligne.

Concrètement, les États Généraux de la Presse écrite organisés en début d'année pour remédier à la situation économique de la presse en France prévoient que les nouveaux entrants comme Rue89 ou Slate pourront bénéficier des aides prévues dans l’important plan de sauvetage de la presse s'ils remplissent les conditions nécessaires pour avoir droit à l’appellation d’éditeur en ligne.

Or électron libre vient de révéler que parmi les décrets d’application suite au vote de la loi Création et Internet, l'un deux spécifierait que "l’éditeur du service dispose de la maîtrise éditoriale du contenu et notamment des messages postés diffusés sur les espaces de contribution personnelle ; en particulier, il met en œuvre les dispositifs appropriés pour éviter la mise en ligne de contenus illicites".

"Autrement dit", poursuit le site en ligne, "il est fortement suggéré l’obligation de modérer les commentaires en amont, avant qu’ils ne soient donc postés sur le site !".

Interrogé par Libération, Pierre Haski, cofondateur de Rue89, constatait : "C’est simple, s’il y a obligation de modération a priori, on ne demandera pas le statut" : pas vraiment les moyens financiers d'une telle modération d'une part, sans compter qu'une "modération a posteriori est préférable pour la spontanéité et la richesse des débats", comme le soulignait Laurent Mauriac, autre cofondateur de Rue89.

Surtout, une systématisation de la modération a priori des sites en ligne rend suspect la teneur des contenus publiés : difficile en effet de savoir si les contenus supprimés l'on été parce que manifestement "illicites" ou parce que simplement non réellement conformes à la vision du titre ?

En refusant de ci, de là un commentaire, un titre en ligne se façonnera un lectorat tout aussi facilement qu'en rédigeant ses éditoriaux : les sémioticiens parleront de contrat de lecture.

D'aucuns placeront le débat sur le plan déontologique, voire philosophique ; personnellement, je me contenterai de le placer ici sous l'angle de la simple analyse de l'opinion publique ... et déplorerai une certaine perte de sincérité - au minimum - pouvant conduire à une certaine manipulation - facilement envisageable - d'autant que les contributeurs aux débats en ligne sont beaucoup moins nombreux que les lecteurs ... et que ces derniers continueront de juger sincères des fils de discussions devenus orientés.

Ce qui nous conduit d'un simple point de vue méthodologique à ne pas considérer équivalents ceux postés sur les sites médias traditionnels - Libération, Le Figaro -, déjà modérés a priori, et ceux qui le sont sur les "pure players" - Rue89 -, ces derniers apparaissant moins "suspects".

L'existence d'une modération a postériori par les uns limite aujourd'hui la dérive d'une modération a priori pour les autres : la généralisation d'une modération a priori serait certainement dommageable à la spontanéité des débats, d'autant que les risques de dérive demeurent extrêmement limités - c'est l'auto-contrôle de l'intelligence collective.

10:07 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

22.06.2009

Buzz de la semaine : les élections en Iran

twitter-logo.pngLes élections en Iran n'ont que très faiblement mobilisé la blogosphère ... avant la publication des résultats : à peine 26 papiers la veille du scrutin et à peine deux ou trois par jour une semaine plus tôt !

Juste une affaire de spécialistes, comme JSS, "blog d'opinion [...] modéré par Jonathan-Simon Sellem, un ancien journaliste qui vit au Proche-Orient et qui connaît le monde des médias, la diplomatie, la géo-stratégie pour y travailler au quotidien" ou Altermonde sans frontière, qui se propose de lutter "pour un nouveau monde possible".

Et encore, quand JSS associait alors élections et Iran, c'était pour évoquer les élections ... au Liban : "L'Iran et la Syrie ont perdu les élections libanaises", titrait-il ainsi le lundi 8 Juin.

Iran Dates.jpg

Si l'on se recentre sur les documents publiés les deux jours suivant l'élection - 345 posts, excusez du peu -, deux termes reviennent de manière récurrente, juste derrière les deux principaux protagonistes, Mahmoud Ahmadinejad et Hossein Moussavi : morts et fraude, et dans cet ordre.

Iran Volumes.jpg

Le 15 Juin, domine encore dans les discours la dénonciation de la fraude : "L'Iran doit revoter en raison de la fraude massive démontrée", s'indigne André Sillam tandis que les Verts de Bagnolet parlent de "coup d'état électoral, espoir déçu".

Mais déjà pointent l'inquitéude quand Vigicitoyen évoque : "une grande manifestation contre la réélection d'Ahmadinejad émaillée par des violences à Téhéran".

Le 16, évidemment, ce sont les morts qui choquent l'opinion internationale, même si c'est encore la fraude qui demeure le thème le plus central.

Toutefois, si l'on laisse de côté les spécialistes et autres blogueurs d'autorité pour se plonger dans la lecture des blogs à faible autorité (ceux dont l'AMI Rank, l'indicateur composite mis au point par AMI Software), les résultats s'inversent et le terme mort(s) revient presque deux fois plus souvent que celui de fraude.

Iran Mots 3 Faible AMI le 16.jpg

Le réseau sémantique ci-dessus recentre l'analyse sur ces blogs et sur la seule journée du 16 Juin : les protagonistes s'y inscrivent très logiquement, mais un terme a priori incongruapparaît : Twitter, cité presque autant que celui de mort(s) !

Pourquoi ici Twitter ?

Parce que si "malgré les diverses censures mises en place, le flux d'information est passé, depuis l'Iran, vers le reste du monde, CNN et autres se sont fait doubler par Youtube, Twitter, des blogs", note Observe and share qui, comme son nom l'indique, rédige ... en français, même s'il sous titre son blog : "I like observing things from my french point of view".

Et de préciser : "Twitter envoie un flux d'info qui écrase le flux Reuters en terme de fraicheur".

Opexnews précise : "Les manifestants iraniens contestant le résultat du scrutin présidentiel ont eu recours au site Twitter pour appeler à la résistance et diffuser des informations sur les affrontements avec la police et les partisans du président réélu Mahmoud Ahmadinejad".

Bien des révoltes auront vu l'émergence de médias nouveaux.

Celle des Américains contre la Guerre en Irak et la censure des médias officiels aura suscité celle des premiers blogs journalistiques.

Celle des étudiants de 1968 aura révélé la puissance de la radio, les manifestants suivant les mouvements des forces de l'ordre sur Europe 1.

Celle des Iraniens floués par un pouvoir embourbé dans la fraude électorale révèlera au monde la puissance de Twitter.

07:05 Ecrit par François Laurent dans Une campagne par semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

15.06.2009

Buzz de la semaine : Domino’s Pizza

Dominos.gifDomino’s Pizza, vous connaissez ?

"Créé en 1960 aux Etats-Unis, le Groupe Domino's Pizza est leader mondial de la livraison de pizza à domicile. Aujourd'hui, Domino's Pizza compte 8700 points de vente, dont 145 dans l'hexagone. Présent dans plus de 55 pays avec plus de 8600 points de vente, l’enseigne s’exporte (depuis 1983) dans le monde entier essentiellement par le biais de la franchise", précise L'observatoire de la franchise.

Vu que la France est un des pays au monde où se consomme le plus grand nombre de pizzas par habitant - devant l'Italie, ai-je récemment lu ! -, nul doute que la chaîne ne peut que se développer et prospérer chez nous ...

La preuve, c'est qu'on en parle de plus en plus au sein de la blogosphère : une petite centaine de papiers depuis la début de l'année !

L'enseigne semblait mettre les moyens publi-promotionnels adéquats : prix bas et création de buzz à la clef.

Dominos Dates.jpg

Prix bas : "Il y a presque un an, je franchissais la porte d'un Domino's Pizza pour me faire un avis de la pizza à 7,95 euros [...]. Ce matin, j'ai pu rencontrer des responsables de Domino's Pizza qui m'ont confirmé que dès la semaine prochaine l'offre va être étendu sur tout le réseau, c'est maintenant officiel !", note Fast and food.

Création de buzz : "J'ai été contacté il y a quelques jours par une agence de communication, qui à la demande des pizzas Domino's voulait monter une opération de com sur le poker. En fait, Domino's monte son site à partir de demain, et voulait faire un tournoi live gratuit festif pour le lancement", complète Seek Blog dès le 2 Février.

Sauf que tout cela ne bouge pas vraiment : il y a bien ce papier de Bob le chef en date du 9 Avril, mais pas vraiment de quoi pavoiser : "Un internaute qui se commandait une pizza via le web chez Dominos a causé bien des maux de tête au cuisiniers de la célèbre chaine. En tapant un mot de passe, l’internaute en question à ouvert une page qui offrait une pizza moyenne gratuite. Le hic? Cette promotion ne devait jamais être mise en ligne, Dominos a quand même honoré le tout en livrant plus de 11 000 pizzas dans la région de Cincinnati".

Quelques jours plus tard, ça frétille : enfin !

Sauf que c'est pour évoquer une encore plus déplaisante affaire : "Deux employés ("facétieux" / "potaches" / "débiles" / "franchement cons" >> make up your mind) de la chaîne US se sont filmés en cuisine, jouant avec la nourriture de façon plutôt scabreuse (pets sur le salami, fromage dans le nez puis dans le sandwich, ...)", relate Cyrille Chaudoit.

Se sont filmés ... et ont bien évidemment publié la vidéo sur la toile : "En 2 jours, la vidéo est passée de 20.000 vues à 760.000 vues sur Youtube", précise Cyrille Chaudoit.

Ne la cherchez plus sur YouTube : elle a été retirée ... mais si vous avez le cœur bien accroché, cliquez ici, vous ne serai pas déçus.

Dominos Tags.jpg

Désormais, nos deux employés s'inscrivent au cœur du nuage de tags de Domino's Pizza, avec réseaux sociaux et bad buzz : toute l'histoire tient en ces quelques mots.

Personne n'a vraiment cherché à prendre la défense des deux comiques immédiatement licenciés : "Après avoir visionné la vidéo, on se dirait presque : "Heureusement qu’ils soient aussi cons pour aller jusqu’à publier une vidéo pareille sur YouTube", remarque Mashable.

Depuis, la vie a repris son cours, et Domino's Pizza tente un come back sur les réseaux sociaux : "Domino’s pizza s’installe sur LE réseau social et sur LE site de microblogging à savoir Domino’s Facebook et  Domino’s Twitter", nous apprend Tijuana. Mais là, ça n'intéresse plus vraiment grand monde !

Deux remarques ...

Tout d'abord, de tels comportements concernent toutes les cuisines du monde, et pas seulement le fast food : ne renvoyez pas une soupe trop tiède dans un trois étoiles, vous ne savez pas nécessairement à quoi vous vous exposeriez ! Si, si ...

Pour conclure, citons cette thèse des rédacteurs du Cluetrain Manifesto : "L'autorité et le contrôle rencontrent l'hostilité des employés intraconnectés et génère une méfiance parmi les marchés interconnectés".

Ça date de 1999, ça n'a pas pris une ride, et pour ceux qui ne connaissent pas encore le Cluetrain Manifesto, voici ce que dit Wikipédia.

09:04 Ecrit par François Laurent dans Une campagne par semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

11.06.2009

Libérez-vous le 2 juillet !

Nuit 2009.JPGLa Nuit du Marketing, c'est 2 heures 30 de conférences / débats autour de grandes figures entrepreneuriales, venues partager leur expérience, suivies d'une grande soirée pour rencontrer et échanger avec les acteurs majeurs de la profession.

Un monde responsable

Ce sera cette année, le thème retenu pour la première partie de la soirée.

A l’évidence, c’est bien l’aspiration la plus universelle qui émerge aujourd’hui. Nos entreprises sont amenées à y répondre en dépassant le cadre strict des missions de développement durable.

C’est en effet à toutes les dimensions de la responsabilité des entreprises que nous avons le souci d’aborder, que celles-ci soient sociales, environnementales ou sociétales.

Le marketing est, bien entendu, au cœur de cette exigence et concrétise au quotidien "le contrat" qui lie de manière informelle l’entreprise et ses marchés. Investir ce "contrat de responsabilité", en comprendre son contenu, ses règles tout en prenant bien la mesure des enjeux vitaux qu’il s’agit d’anticiper. Voilà l’ambition de ce débat qui réunira

  • Samira Djouadi, Secrétaire Générale de la Fondation TF1,
  • Jean-Paul Bailly, Président du Groupe La Poste,
  • Pierre Saglio, Président d’ATD Quart-Monde
  • Jean-Jacques Blanc, Président de Whirlpool France.

Ces quatre personnalités auront le souci de vous faire partager leurs convictions et leurs expériences autour de la question de "la responsabilité" des entreprises, en ayant la volonté de l’articuler avec les missions du marketing.

Profitez-en pour lire ou relire l'interview de Pierre Saglio ici même.

L'Usine

Cette quatrième Nuit du Marketing ne pouvait que se dérouler dans un lieu en parfaite adéquation avec la thématique : l'Usine, ancien site industriel entièrement reconverti, avec son mobilier et ses décorations tout droit issus du commerce équitable, son traiteur éthique, sa volonté de limiter l'impact carbone (navette hybride, accent sur les transports en commun...), et sa formation de personnes éloignées de l'emploi, etc.

Pour vous inscrire, c'est ici.

13:27 Ecrit par François Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

09.06.2009

Distributeurs, que disent-ils (vos clients) de vous quand ils viennent chez vous ?

Hypermarche.jpgC'est le titre de l'étude réalisée par François Laurent, Fondateur de ConsumerInsight et co-président de l'Adetem dont l'objectif est de voir comment l'image des enseignes est perçue par les consommateurs lorsqu'ils s'expriment sur Internet.

AMI Software vous invite à la découvrir en exclusivité lors du petit-déjeuner organisé le 23 juin de 8h30 à 10h00, au Centre de conférences Edouard VII, Salon Londres, 23 Square Edouard VII, 75009 Paris France.

Métro : Opéra, Havre Caumartin, Madeleine.

Plus généralement, depuis quelques années, le secteur de la distribution connaît de forts bouleversements : légaux, avec par exemple l'impact de la loi Chatel sur les "autres avantages financiers", commerciaux avec l'explosion du "Hard Discount", sociétaux avec notamment "la lutte en faveur du pouvoir d'achat" ou le mouvement des alter consommateurs, etc.

Face à ces évolutions, l'étude des sources d'informations du Net peut apporter des informations clés dans la définition de la stratégie des grandes enseignes en ayant une meilleure connaissance de leur environnement et en anticipant les tendances susceptibles d'impacter leur activité que ce soit dans les domaines réglementaire, sociétale, concurrentiel, ou de la communication.

A l'issue de la présentation de l'étude "chez vous, que disent les internautes", nous vous proposons de débattre avec Gilbert Réveillon, Directeur Prospective Coordination Marketing et Commercial, Lafayette Service.

"Chez vous" c'est "chez Carrefour", "chez "Leclerc", "chez Conformora", "chez Ikea"? etc. A découvrir en s'inscrivant rapidement par mail à seminaire@amisw.com.

Détail du programme :

8h20 : Accueil autour d'un café
8h45 : L'apport de l'IE pour la grande distribution - Alain Beauvieux
9h00 : Présentation de l'étude "Distributeurs, que disent-ils (vos clients) de vous quand ils viennent chez vous ?" - François Laurent
9h30 : Nouveaux enjeux pour le secteur - Gilbert Réveillon
9h50 : Discussion avec la salle

08:07 Ecrit par François Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

08.06.2009

Buzz de la semaine : Susan Boyle

Susan Boyle.jpgTout le monde n'a pas nécessairement retenu le nom de Susan Boyle, mais tout le monde a entendu parler de cette Écossaise de 48 ans, à la voix d'ange mais au physique particulièrement ingrat, qui a conquis toute l'Angleterre par sa performance dans l'émission Britain's Got Talent, à commencer par la Reine herself et le Premier Ministre Gordon Brown - avant de terminer seconde, lors de la finale du samedi 30 mai 2009.

De toutes façons, comme toutes les célébrités de ce bas monde, elle dispose aujourd'hui de sa page sur Wikipédia - et je ne parle même pas de la version anglaise, 5 à 6 fois plus documentée et qui ne propose pas moins de 86 références  !

Sur YouTube, la vidéo de son premier passage à Britain's Got Talent a été regardée plus de 4,4 millions de fois et fait l'objet de plus de 10 000 commentaires.

En France, près de 400 papiers ont été publiés sur les huit jours qui ont précédés et immédiatement suivi la finale de Britain's Got Talent.

Avant la finale, la chanteuse s'inscrit au cœur d'un réseau sémantique très cohérent, soulignant chacune des facettes du personnage : son incroyable talent mais son physique ingrat, sa notoriété fulgurante et sa chanson fétiche - I Dreamed a Dream - ainsi que la pression médiatique qui commence à émerger dès le milieu de semaine.

Susan Boyle Dates.jpg

Pourtant, en début de semaine, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes : "J'aime Susan Boyle, sa simplicité, ses joues dodues, sa maladresse et son franc-parler à l'accent rugueux de son Écosse natale", s'enthousiasmait Quinquabelle.

Mais vers la fin de semaine, elle semble "péter les plombs" pour Star News, qui précise : "Susan a déjà piqué deux grosses colères dont une a nécessité l'intervention de la police. La chanteuse s'est fortement énervée sur des personnes qui l'avaient attendue dans le hall de son hôtel pour venir l'encourager".

Et Cycle psychique et émotionnel septennal - ça, c'est un nom de blog ! - de rapporter l'analyse du psychiatre Jo Hemmings : "Elle est persuadée qu’elle va gagner, et c’est là que réside tout son problème".

Résultat dès le dimanche suivant, et son échec en finale, apparaît une nouvelle expression saillante : sa dépression, comme le souligne le schéma ci-dessous (la taille du cercle indique l'importante de l'expression dans les posts, sa hauteur sur l'axe vertical, sa centralité, de simple citation sans grande importance à sujet incontournable des papiers).

En effet, les blogueurs cessent d'opposer son incroyable talent à son âge, pour se focaliser désormais sur le poids des médias et sa maladie ...

Susan Boyle Concepts.jpg

En Grande-Bretagne, on recensera deux fois plus de papiers qu'en France.

Deux expressions saillantes émergent rapidement : Priory Clinic (où elle sera hospitalisée) et emotional breakdow, comme le souligne le nuage de tags.

Susan Boyle Tags.jpg

Suivons la centralité des deux expressions second place et emotional breakdow, sur les trois jours suivant la finale : alors que la chanteuse demeure au centre d'importants débats, son (demi) échec apparaît secondaire par rapport à sa santé mentale : faut-il y voir la recrudescence des papiers en début de semaine suivante ?

On a souvent glosé en France sur la passion exagérée des anglais - et de leurs tabloïds - pour les faits de société un peu glauques : la blogosphère britannique obéirait - elle au même penchant ?

Susan Boyle Centrage Uk.jpg

Quoi qu'il en soit, la vie de Susan Boyle a changé ... et cela, elle n'y était vraiment pas préparée, comme le note Bump Shack : "Susan is a big star now and she has to learn how to deal with this new found overnight fame before it kills her. She needs someone to guide and advice her. We hope Susan gets well soon and continues to enchant us with her voice".

07:46 Ecrit par François Laurent dans Une campagne par semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

05.06.2009

Rester zen grâce au cache de Google !

Google.jpgLes fidèles lecteurs de ce blog auront peut-être été surpris jeudi soir entre 11 heures et minuit de ne plus pouvoir accéder aux posts publiés ici même au cours des quatre dernières semaines.

Certains se plaindront même aujourd'hui encore de ne plus retrouver leurs commentaires : qu'ils se rassurent, je ne les ai pas virés sauvagement !

J'ai simplement fait une fausse manœuvre et supprimé d'un seul clic ... toute la production d'un mois.

Il y a encore un an, pas de soucis : je rédigeais gentiment sous Word et recopiait délicatement ma prose sur mon éditeur de blog ; moralité, je n'aurais eu qu'à refaire tout le travail ingrat de finalisation, intégration des illustrations, etc.

Maintenant, je frappe directement sur l'éditeur du blog et vogue la galère ... et quand c'est supprimé, c'est supprimé !

A 11 heures du soir, j'ai un peu hésité à téléphoner à la hot line, d'autant que je n'étais pas sûr qu'ils disposent d'une sauvegarde pour ce type de compte.

Heureusement, il y a le cache de Google - c'est là que Google conserve les pages récentes et/ou les plus demandées pour s'éviter une multitude d'accès couteux en bande passante et en temps !

Concrètement, les papiers de la dernière semaine de Mai ont disparu ? Je tape "intelligence collective 25.05.2009" - le nom du blog et la date au format du blog - sur Google et j'obtiens une liste de résultats au sein de laquelle le papier supprimé apparaît en bonne place.

Si je clique sur le titre du papier, j'obtiens au mieux un message d'erreur m'informant de la disparition du post correspondant - ou plus simplement, j'atterris sur la page d'accueil du blog.

Si je clique sur En cache, j'arrive à une adresse ésotérique commençant par : http://209.85.229.132/search?q=cache:

Mais mon papier disparu est bel et bien là !

Si vous avez oublié les dates auxquelles vous avez publiés les papiers disparus ... testez toutes les dates, une par une.

A partir de là, il ne vous reste plus qu'à copier / coller, textes et images, et c'est réparé : voilà peut-être pourquoi vous n'avez rien remarqué.

Et maintenant, si cela vous arrive, vous ne paniquerez plus : restons zen, grâce au cache de Google !

16:00 Ecrit par François Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note