08.02.2010

Carnet Tendance INfluencia

Influencia.jpgVient de sortir sur la toile Carnet Tendance INfluencia, le premier magazine digital au contenu totalement interactif.

Créé par l'équipe d'Influencia, ce bimestriel résolument précurseur, dans la forme et dans le fond, se présente comme un nouveau défricheur de tendances.

Magazine international, il décrypte le monde qui nous entoure, découvrir ce qui se fait ailleurs ; prospectif, il jouera comme INfluencia son rôle de vigie, pour permettre aux lecteurs d'avoir une longueur d'avance et de déceler les tendances de demain en matière de consommation et de communication.

Pour son premier numéro centré autour du point de vente, Carnet Tendance INfluencia a collaboré avec Colette, qui a imaginé une bande-son exclusive pour le magazine.

Dès la couverture mêlant fac similé d'une couverture papier et incrustation d'images vidéo, vous vous laisserez emporter de surprises en surprises.

Et en plus, c'est gratuit.

13:45 Ecrit par François Laurent dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
  • Facebook
  • FriendFeed
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • LinkedIn

Assurances et réputation : la Maif

maif.jpgAvec la Maif, nous nous intéressons à la réputation d'une des mutuelles les plus connues de France, dont les résultats seront certainement à confrontés à ceux de la semaine passée, concernant Axa, le plus gros assureur privé de notre pays : deux marques que tout oppose, a priori.

Et c'est vrai qu'ici, tous les clignotants apparaissent plutôt au vert : les blogueurs évoquent une entreprise réellement citoyenne, à la fois proche de ses clients et de son environnement naturel, également très professionnelle ... mais que l’on attend toujours au tournant de l’éthique : plus vous en faites, plus on vous en demande.

Une actualité importante pour la Maif s'incrustait dans la période couverte par notre analyse : la création d’un nouveau pôle mutualiste français : Sferen, regroupant Macif, Maif et Matmut ; de fait, notre analyse se concentrera sur la période précédant cette annonce, de façon à n'approfondir que des éléments concernant la seule Maif, et plus proche de son vécu, de sa réputation courante.

L'univers sémantique de la Maif révèle des préoccupations très spécifiques, liées à ses origines à la fois mutualistes et proches du monde éducatif : économie sociale, collèges et lycées français, bibliothèque numérique gratuite, éventuelle pandémie grippale, millions de bénévoles, etc.

 

Maif Mots.jpg

La tonalité des blogueurs à l'égard de la mutuelle se révèle majoritairement positive : moins d'un billet négatif, ou du moins mitigé, sur 10 !

 

Tous les papiers s'ancre majoritairement dans du vécu - ou du moins dans de la proximité, de la relation aux clients pour les blogs professionnels, qu'ils soit financiers, marketing ou high tech. Les premiers traitant essentiellement des produits et du métier de base d'un assureur : on parle du gel des tarifs en 2010, évidemment pas du cours de l'action ; les autres se penchant sur les actions renforçant le lien avec les citoyens - plus que simplement ses clients - comme ici l'ouverture d'une "bibliothèque numérique gratuite pour les enfants de 3 à 10 ans" et , "l'organisation de de conférences autour des questions de sciences et de société".

Ce qui explique sans doute ce second prix de Gestion de la Relation Client, juste derrière Toyota, comme le rappelle Amaury Beautru.

D'où également le même accueil positif des blogs spécialisés éducation ou santé, voire des simples blogs de vie.

Car la mutuelle ne ménage pas ses efforts là où elle s'enracine, organisant des débats citoyens, comme ici sur le thème : "L'école devient-elle un grand marché ?" ; ou soutenant "la scolarisation des enfants en situation de handicap".

Finalement les rares attaques viennent de ... ceux qui leur sont les plus proches : politiques et syndicalistes, trouvant sans doute que ses efforts de sont pas suffisant ! C'est par exemple Sud éducation, qui dénonce la "marchandisation du soutien scolaire grâce à la Maif et la Mgen". Ou Jean-Louis Bianco qui sous le titre : "Kafka n’est pas mort", évoque son parcours du combattant pour obtenir un certificat de non-gage pour son scooter volé.

Par contre, on ne s'étonnera pas des attaques des politiques de droite, associant ainsi étroitement "visionnaires de la gauche locale" et "économie sociale", c'est à dire la Maif, pour les Jeunes populaires des Deux Sèvres, tout cela sur fond de crise économique et de licenciements.

Mais le risque le plus fort pour la Maif serait de perdre son âme, et de devenir un assureur comme les autres - et c'est le danger de ses campagnes de publicité : pas parce qu'elles sont mal faites, ou mensongères, mais parce qu'elles font pénétrer la mutuelle dans le monde classique des assureurs et des annonceurs, comme le souligne Lucius sur le Web libre : "C'est de la pub, rien d'autre. Parce qu'en prenant le terme "militant", ils espèrent de rallier à eux, en laissant penser qu'ils sont comme toi, prêts à militer contre l'injustice, la pauvreté, etc. Après les banques,les assurances sont les deuxièmes voleurs du pays".

07:01 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
  • Facebook
  • FriendFeed
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • LinkedIn

03.02.2010

Buzz de la semaine : Ipad

apple.jpgLes lecteurs de ce blogs seraient-ils tous des geeks ?

Peut-être pas, mais le meilleur score de Janvier concerne mon papier sur Google Chrome : raison de plus pour vous parler aujourd'hui de l'Ipad.
Le problème quand on tape Ipad sur un moteur de recherche, c'est que une logorrhée - heureusement virtuelle, mais me voici avec pas moins de 883 documents à traiter, très concentrés sur le 27 Janvier et les jours suivants : pas vraiment de quoi faire une analyse de type avant / après !

Ipad Dates.jpg

C'est vrai que l'effet d'annonce orchestré par Steve Job a suscité le buzz : non seulement - mais ça, c'est traditionnel - Apple a boudé le CES de Las Vegas, mais quelques fuites savamment orchestrées ont titillé l'intérêt des blogueurs et rameuté les people ... d'où ce reporting en direct de l'on savoure au détour de blogs comme Touilleur express :

"19h00 : c’est parti ! Al Gore est là.
"19h01 : Entrée sur scène du principal acteur : Steve Jobs.
"19h11 : voici la bête
"19h12 : on dirait un gros iphone de 15 cm avec un seul bouton en bas."

A l'analyse de la cartographie ci-dessous, ce qui frappe, c'est l'extrême concentration des papiers en un très gros signal fort ... et peu de signaux complémentaires ou faibles : en d'autres termes, tout le monde tient le même discours, les avis, sinon divergents, du moins différents, ne sont pas légion.

Ipad Forts.jpg

Bref, nous voici dans la probématique du discours unique : reste à savoir ce qui se cache derrière ce discours unique.

En fait, comme le dévoile le graphe sémantique ci-dessous, un discours essentiellement technique, les geeks se contentant de relayer les informations les plus factuelles dévoilées par Steve Jobs .. puis se recopiant les uns, les autres : mais pas vraiment de chair autour !

Ipad Fort 2.jpg

Cette analyse se confirme à l'analyse du réseau sémantique d'ensemble qui se construit autour de l'Ipad au travers des 883 documents recueillis : on y trouve le concurrent, le Kindle d’Amazon, les autres produits de la marque à la pomme, auxquels il ressemble tant, plus les diverses caractéristiques techniques dévoilées par Steve Job - point barre.

Ipad Réseau.jpg

En fait, l'Ipad, c'est une tablette tactile - et c'est autour de ce concept central que se construit la majorité des documents - mais juste une tablette tactile, comme le souligne l'analyse de la centralité ci-dessous : en terme de marketing, juste un objet, pas encore un réel concept.

Ipad Central.jpg

Peut-être est-ce ce titre d'Audio Fanzine qui résume le mieux la situation : "L'iPad qu'on sait pas quoi en penser ..."

Peut-être faut-il y voir la limite de ce dernier lancement d'Apple : avec l'Ipod et l'Iphone, la firme de Cupertino apportait de l'ergonomie, de la désirabilité sur des marchés déjà bien installés ; là, elle se copie elle-même pour débouler sur un marché encore inexistant - et rien ne prouve qu'ils aient le savoir faire.

Mais là, il s'agit d'un commentaire personnel, hors de l'analyse de la blogosphère.

 

11:56 Ecrit par François Laurent dans Une campagne par semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
  • Facebook
  • FriendFeed
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • LinkedIn

02.02.2010

Google devant les autorités de la concurrence allemande

google-france,2-K-16940-3.jpgLa Dépêche du GFII (*) s'est fait l'écho - pour ses heureux adhérents - d'une plainte contre Google devant les autorités de la concurrence allemande. La démarche devient à la mode mais il est vrai qu'on prend l'argent là où il est.

Ce qui néanmoins intéressant est le lieu de dépôt de cette plainte. Comme le faisait remarquer une amie avocate, c'est sur le terrain de la concurrence que la fédération allemande des éditeurs de presse d'information (BDZV) et la fédération des éditeurs de magazines (VDZ) ont attaqué Google.

Sans doute que les éditeurs invoqueront un abus de position dominante considérant qu'ils avaient de meilleurs arguments en droit de la concurrence qu'en droit d'auteur.

Les temps changent. En juillet 2009, la plupart de ces éditeurs s'étaient associés à travers la "Déclaration de Hambourg sur les droits de propriété intellectuelle" » qu'ils avaient adressée à la Direction de la Commission européenne compétente sur ce sujet, rappelant leur position de principe sur le respect du droit d'auteur.

Business is business ! Et il est vrai que la position dominante de Google est difficilement contestable.  Le géant américain capte une bonne partie des revenus publicitaires que ces éditeurs ont vu progressivement leur échapper ces dernières années.

Ce qui confirme néanmoins qu'une réflexion sur l'évolution de leur modèle économique est plus que nécessaire, la voie juridique n'étant sans doute pas la meilleure pour développer leurs affaires !

En attendant, il n'est pas impossible que Google soit obligé de partager - un peu - son gâteau.

Alain Beauvieux

(*) http://www.gfii.asso.fr/

 

09:24 Ecrit par AMI Software dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : google, plainte, concurrence
  • Facebook
  • FriendFeed
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • LinkedIn

01.02.2010

Assurances et réputation : Axa

axa.jpgAprès les banques (étudiées dans les 3 derniers posts publiés dans la catégorie Marketing), nous nous pencherons maintenant sur la réputation des compagnies d'assurance, en commençant par Axa.

Le bilan n'apparaît pas très rose : en fait, il correspond à celui d'une société financière très "technique", totalement impersonnelle et pas glamour - mais, n'est-ce pas là le trait à bien des compagnies d'assurances -, et surtout cible de nombreuses attaques, notamment syndicales.

Preuve en est des aspects financiers et techniciens, Axa Banque et Augmentation de capital se révèlent les expressions réellement centrales les plus courantes, comme le souligne le graphique ci-dessous (plus une expression est haute sur l'axe verticale, plus elle se situe au cœur des papiers rédigés ce jour-là).

Axa central.jpg

Preuve en est des problèmes syndicaux rencontrés par Axa, les deux principaux signaux forts (voir carte ci-dessous) rencontrés sur la période traitent, l'un du "chèque syndical", l'autre de représentativité syndicale.

Axa Forts.jpg

Le "chèque syndical" est un dispositif qui "s'adresse aux représentants syndicaux déjà en fonction et aux salariés qui souhaitent s'engager dans un parcours syndical" ; il consiste en une formation s'inscrivant "dans le cadre du DIF [et] dispensée par Sciences-Po", comme le rappelle Jacques Tourtaux qui s'indigne : "Le capital qui veut des syndicats dociles se charge de les former".

D'autres critiquent que "le président d’Axa, Henri de Castries, s’est augmenté son salaire fixe de 20% alors que les bénéfices de son entreprise chutaient cette année de 83 %". D'ailleurs, les deux seules citations d’Henri de Castries sur 51 posts relevés sur la période concernent cette augmentation de salaire.

Alors que les blogueurs financiers se montrent, sinon réservés, du moins plutôt neutres, les meilleurs soutiens de la société sont les marketers et les geeks : pour les premiers, cinq papiers sur sept louent la campagne d'affichage “Une banque qui vous paie c’est le monde à l’envers” et ses sucettes Decaux la tête en bas, comme sur cette illustration vue sur le blog Marketing alternatif.

Axa envers.jpg

Quant aux second, le seul bémol concerne un "problème de sécurité chez Axa Banque ?" - avec le point d'interrogation dans le titre du post de Digital adventures.

Les blogs de vie (blogs sans thématique, où l'internaute développe ses expériences et ses réactions au quotidien), ils vont de la simple indifférence au rejet épidermique, quand Riton de Cannes s'écrit : "Moi, il y en a une qui me dégoute au plus haut point, c'est Axa. Je me souviens qu'ils avaient refusé d'assurer une famille qui avait un enfant handicapé. Ce n'était pas un cas isolé, mais la politique générale de la maison".

Peu importe la réalité des faits : ce post souligne simplement la réputation désastreuse en matière d'éthique de l'assureur auprès desclients et prospects.

En plus, sur la période concernée, Axa s'est trouvé desservi par l’actualité : plusieurs dizaines de travailleurs sans papiers ont occupé le chantier de rénovation de la tour First, plus connue sous son ancien nom de tour Axa ; bien sûr, c'est Bouygues le premier concerné, mais malgré tout, l'amalgame est vite réalisée.

Enfin, on notera que la société est par ailleurs la cible de (larges) rumeurs de blogs et sites d'extrême droite, comme Sarkokoko ou l'Observatoire du Nouvel Ordre Mondial, qui lui reproche notamment sa participation au "Bilderberg", réseau qui réunit régulièrement "les pontes de certaines multinationales bien placées, comme BNP Paribas, Axa, Rothschild, Lafarge etc. Mais aussi, de nombreux représentants politiques bien placés, tels que DSK, Etienne Davignon, Bernard Kouchner ..."

J'ai déjà eu l'occasion de dénoncer ici leur entrisme.

Entre rumeurs infondées et faiblesses éthiques, l'assureur devra se montrer prudent dans sa communication, car les internautes guettent le moindre faux pas ... et certains sont même prêts à lui en présumer certains.

06:47 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
  • Facebook
  • FriendFeed
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • LinkedIn

28.01.2010

Une autre forme d’intelligence collective

WSF.jpgCelle qui nous intéresse généralement ici est clairement définie par François Laurent sur la page « à propos » de ce blog. J'ai découvert récemment (et tardivement, par rapport au buzz qu'elle a généré) cette expérience (ou bien ici) qui, au delà de son côté spectaculaire, m'a fait penser à notre sujet de réflexion préféré.

La vidéo parle d'elle-même, mais résumons-en le contenu : au cours du "World Science Festival 2009" qui s'est tenu à New York en juin 2009, le musicien Bobby McFerrin fait la démonstration suivante : il invite le public à associer sa place sur la scène à une note de musique qu'il chante ; en se déplaçant sur la scène, il change de ton. Puis il invite le public à chanter avec lui les notes correspondant à telle ou telle position sur son "clavier virtuel", et, enfin, se place sur une nouvelle "touche" et là est la démonstration : le public chante alors la note correspondante, sans y avoir été initié.

Nous ne ferons pas de musicologie ici : la démonstration serait, de ce point de vue, celle de la connaissance innée de la gamme pentatonique, et ce chez la plupart de peuples. Soit. Mais il me semble aussi intéressant de noter les deux éléments suivants, à mon sens indissociables :

Tout d'abord qu'il s'agit d'une véritable démonstration d'intelligence collective. Si une définition de l'intelligence (extrait ici de wikipedia) est : "l'ensemble des facultés mentales permettant de comprendre les choses et les faits, de découvrir les relations entre eux", alors çà ne fait pas de doute, il a bien déduction, de la part du public, que telle position de Bobby McFerrin devant eux correspond à telle tonalité.

Le second tient compte d'un fait hélas avéré : tout le monde n'est pas Teresa Berganza ou Luciano Pavarotti... la probabilité que la totalité d'un public s'intéressant aux sciences sache chanter juste (gamme pentatonique innée ou pas) est sans doute plutôt faible.

Or, ce qu'on entend sur Youtube est d'une grande justesse : c'est ce qui m'a interpelé et fait penser à l'intelligence collective qui nous préoccupe habituellement dans ces colonnes : contrairement à l'intelligence individuelle, celle-ci s'accommode fort bien des à peu près ou des erreurs grossières. Noyé dans la masse des informations "justes", leur poids relatif est tel qu'il est simplement ignoré. Et cela permet un apprentissage fulgurant ; dans notre exemple, il est probable qu'il faille plus de temps moyen à faire comprendre "le truc" à un individu qu'il ne l'a fallu pour l'ensemble.

Cela n'empêche pas de s'interroger sur une façon de faire qui privilégie la quantité, ignore les exceptions et nivelle ainsi les intelligences individuelles, cela va sans dire.

Article rédigé par Philippe Albert

17:54 Ecrit par François Laurent dans Intelligence Collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
  • Facebook
  • FriendFeed
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • LinkedIn

26.01.2010

Buzz de la semaine : un suicide (pas très) créatif

Audi Logo.jpg1..jpgAprès m'être intéressé sur un autre blog (ici) à la dernière publicité Audi, vantant maladroitement les mérite de son système Stop & Start, j'ai souhaité voir ce que l'on disait de la marque sur la blogosphère.

Discussions limitées, avec une moyenne de 5 à 6 posts par jour, résultats cependant honorables pour une marque plus "de niche" que "mainstream" ... mais avec un pic surprenant le 8 Janvier avec une vingtaine de documents : une autre campagne, que j'aurais ratée ?

Je clique aussitôt sur le bâtonnet correspondant à la date et découvre sur Pixiz la "publicité qui fait scandale en ce début d’année. Il s’agit d’un faux spot publicitaire de la marque Audi, mettant en scène un homme tentant de se suicider".

Brr ! Froid dans le dos.

Je modifie donc le périmètre de mon analyse à "Audi AND suicide", et ne compte pas moins de 43 posts sur le sujet !

Audi Dates 1.jpg

Un peu en avance sur les autres blogueurs, le Blog automobile évoque dès le 6 une "pub que nous ne verrons surement pas en France et qui vante la propreté des moteurs diesels du groupe Volkswagen" ; mais le lien hypertexte vers YouTube nous informe que la vidéo correspondante a été supprimée.

L'histoire est simple : un cadre désespéré en costume trois pièces gare dans sa voiture dans un parking et tente de se suicider en installant un tuyau allant du pot d'échappement à l'habitacle. En 1929, les hommes d'affaires se jetaient du haut des gratte-cielà Newyorkais, maintenant ils se montre plus discrets.

Manque de chance (?), la nouvelle Audi est si propre que les gaz rejetés ne sont plus assez toxiques pour mourir - fin de l'histoire, mais pas happy end puisque le malheureux tente encore de se couper la tête avec les glacesélectriques.

Mais comme se signalent de nombreux blogueurs, dont Dalmuti, "c'est un faux". La preuve :  "Audi n'a pas (encore ?) produit l'A5 avec la technologie Clean-Diesel qui fait rater la tentative de suicide".

Le problème, c'est qu'il ne s'agit manifestement pas d'une vidéo d'amateur tournée avec un caméscope d'occasion : Nietland penche pour l'œuvre d’un "réalisateur indépendant qui veux montrer ses capacités et chercher de la notoriété sur youtube".

Impossible de connaître les scores de la publicité sur YouTube, mais pas de la visionner avec plaisir sur Chauffeur de buzz ou Bu2z ... ou même ici, grâce au code embarqué emprunté sur ce dernier blog :-P .

Mais le papier le plus intéressant demeure celui de Joe la pompe qui sous le titre "L’idée qui tue! (deux fois)", présente côte à côte le faux spot Audi et le vrai spot pour la Xara Picasso réalisé en 2002 par Euro RSCG Wnek Gosper en Angleterre.

Aujourd'hui, nul ne sait encore qui a réalisé ce mystérieux film : si vous le savez, vous pouvez laisser un commentaire.

Si Audi a réussi à faire disparaître la fausse annonce des réseaux sociaux, elle n'en est pas moins réapparue au sein de la blogosphère ... et continuera encore, jusqu'à devenir culte, peut-être.

Et je doute que l'apprenti sorcier qui a réalisé le spot souhaite maintenant se faire connaître : moins par peur de représailles, que parce qu'il apparaît clairement aujourd'hui qu'il n'est pas vraiment créatif ... juste copieur d'une publicité parue il y a 8 ans en Angleterre et inconnue en France, et certainement en Allemagne également.

07:07 Ecrit par François Laurent dans Une campagne par semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
  • Facebook
  • FriendFeed
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • LinkedIn

25.01.2010

Banques et réputation : la Société Générale

Société Générale.jpgPetite continuation dans le monde des banques et de leur réputation avec la Société Générale.

Disons-le d'entrée, cette dernière traine un sacré boulet nommé Kerviel, toujours aussi présent au sein de la blogosphère : ce matin encore, un blogueur, News of tomorrow, titrait "Z’auriez pas un Kerviel qui traine ?" , un papier commençant en ces termes : "Vous auriez pas quelqu’un à nous prêter, c’est pour justifier quelques 35 milliards de pertes. Vous pouvez envoyez votre CV à la Societé Générale ..."

Mais, nous allons le voir, la banque se débrouille très bien sans lui pour susciter la critique, voire l’hostilité et déclenchant des controverses !

Sur la période de notre étude - novembre 2009 - un seul signal fort, (voir carte ci-dessous) mais conséquent sur le thème : "La Société Générale prévoit un effondrement de l’économie mondiale d’ici à 2 ans". Pas moins de 1 post sur 2 !

La banque venait juste d'adresser un petit courrier à (une partie de) ses clients pour les informer "de la possibilité d'un effondrement global de l'économie" et leur expliquer "comment sauver les meubles", selon les termes d'Operation Walden, citant un article du Telegraph.

Société Générale Forts.jpg

Et force est de reconnaître que les internautes n'ont pas vraiment apprécié la nouvelle : ainsi Les dernières nouvelles du monde titrent-elles sur "les banksters de la Société Générale".

Bref, le buzz - ou la rumeur, comme dirait Molière - est lancé, et comme le signalait Jean-Noël Kapferer dans son livre éponyme, c'est "une information parallèle, donc non contrôlée" ... et non contrôlable !

Dès lors, plus grand monde pour venir au secours de la banque, même parmi les blogueurs financiers, d'autant que ce n'est pas là le seul sujet de récriminations : il y a aussi ces "60 000 salariés de la Société Générale [qui] ont fait grève" et ces "entre 100 et 200 d’entre eux [qui] ont participé à un sit-in dans le hall de la tour de la banque à La Défense", pour réclamer leur part des retours aux profits, comme le rappelle Drakkar on line.

Même si les blogueurs financiers, généralement si réservés, s'y mettent, on imagine la curée parmi les politiques et les syndicalistes : tout devient prétexte à la critique, tandis que s'exerce une forte pression syndicale.

Cyril Lazaro s'indigne parce que "C'est toujours les mêmes qui touchent les bonus et les stock-options" ; tandis que la CFDT rappelle sur un de ses blogs que ce salarié qui "attaque son actuel employeur, la Société générale, pour demander la rupture de son contrat de travail" s'appelle ... Jean-Pierre Bertrand, "père de Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP et ancien ministre du Travail" : ça fait désordre.

Il n'y a guère que les blogueurs High Tech et Marketing pour sauver la face de la banque ... et encore ! Ainsi Les mot sont un sens trouve que dans un récent spot publicitaire, elle "se vante d'être "là pour nous aider", quand la musique de fond nous dit exactement le contraire" : erreur sémiotique ?

Et les blogs de vie, ceux des internautes qui se racontent au quotidien, qu'en disent-ils ? A peu près la même chose : critique des profits, de l'analyse tendancieuse de la crise, de prêts trop rapidement accordés à une société Londonienne à l'éthique douteuse, le tableau se confirme.

Que conclure ? Sinon que lorsqu'on s'est fait plusieurs fois prendre la main dans le sac et que l'on traine quelques boulets, mieux vaut adapter un profil bas et tenter de se faire oublier des blogueurs.

07:52 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
  • Facebook
  • FriendFeed
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • LinkedIn

21.01.2010

L'avenir des réseaux sociaux

facebook.jpgSelon une étude récente réalisée par l'Ifop pour Le journal du net, "77 % des internautes français sont membres d'un réseau social" : impressionnant !

Numéro un, Copains d'avant - ça tombe bien, il appartient à Benchmark Group comme Le journal du net - avec une pénétration de 49% des internautes.

Enfin il s'agit de possession d'un compte, pas d'usage suivi.

Suivent Windows Live (46%), et son Messenger, puis Facebook (37%), Skyrock pointe plus loin à 8%, à égalité avec Viadeo et MySpace - entre eux et les leaders, s'intercale Trombi.

Cette étude est à rapprocher de celle réalisée fin 2008 par comScore World Metrix et publiée par Génération NT.

Les réseaux sociaux français recevaient alors un peu plus de 21 millions de visiteurs uniques, soit 64% de la population internaute.

Bien sûr, les deux études ne sont pas totalement comparables, chacune reposant sur une méthodologie spécifique : par exemple, l'échantillon de l'Ifop est représentatif de la population internaute française âgée de 18 ans et plus, celui de comScore commence à 15 ans, ce qui explique le décalage observé entre les résultats concernant Skyrock ; et encore, si une étude adressait les 11 à 15 ans, le tableau changerait encore plus fortement.

Les divergences méthodologiques peuvent expliquer partiellement les différences en matière de couverture des réseaux sociaux, mais certainement pas en totalité : la progression des réseaux sociétés constitue une réalité tangible.

Par contre l'objet mesuré diverge fortement : l'Ifop recense des possesseurs de comptes, là où comScore compte des visiteurs uniques.D'où une hiérarchie plaçant en tête pour ce dernier Facebook (35%), devant Skyrock (32%), Copains d'avant (17%), MySpace (9%), Trombi (4%) et enfin Hi5 et Viadeo à égalité à 3%.

reseauxsociauxfrance.jpg

Un site comme Facebook, qui obtient des scores semblables dans les deux cas, présente un dynamisme certain : nombreux inscrits et trafic important.

Par contre, Copains d'avant attire un jour où l'autre des internautes curieux, en recherche de vieux compagnons de route, mais sans susciter de réelle adhésion : on n'y revient pas.

Le positionnement d'un MySpace en regard correspond plus à un marketing de (large, malgré tout) niche, mais avec une plutôt bonne fidélisation : même pénétration sur les deux échelles.

Les réseaux sociaux ont un bel avenir devant eux, mais il n'y aura certainement pas place pour plusieurs généralistes : des reclassements sont en cours ; par contre, de belles niches demeurent à explorer.

07:37 Ecrit par François Laurent dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
  • Facebook
  • FriendFeed
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • LinkedIn

20.01.2010

Le mythe de l'invisible

homme_invisible.jpg90% des contenus Internet échappent aux moteurs de recherche : c'est le Web invisible.

Ce qui ne signifie pas qu'on ne puisse aisément y accéder : ce sont par exemple des base de données interrogeables uniquement par un moteur interne, ou des pages protégées par un mot de passe, etc.

Il existe pareillement un Web 2.0 invisible - mais de nature totalement différente.

Le Web 2.0 invisible, c'est celui des blogs et sites collaboratifs de très faible autorité - ceux que quasiment personne ne visite et qui n'apparaissent pas dans l'index des principaux moteurs de recherche ... ou y figurent suffisamment mal pour ne jamais remonter lors de requêtes standard.

Le Web 2.0 invisible existe donc bel et bien, mais certainement pas avec la même importance que le Web invisible "classique" ; mais il devient un mythe quand un discours de pseudo spécialistes s'en empare pour y loger des pépites ... qui n'existent évidemment pas.

Car cela signifierait qu'il existe des trésors ayant échappé à tous les spécialistes, puisque nul n'en parlerait jamais ! A moins de valider la théorie du complot généralisé, on peut aisément en douter.

Lorsque qu'on se lance dans l'analyse de l'opinion spontanée - études de réputation, suivi de buzz, etc. -, quel peut être l'intérêt de découvrir, lire et analyser en détail le post que personne d'autre que vous ne lire ?

Car s'il n'apparaît pas sur les premières pages de Google, il n'a vraiment que peu de chances de trouver quelque lecteur et encore moins d'en convaincre.

Car s'il n'a pas de lien qui pointent vers lui, il y a peu de chance que des internautes aboutissent directement sur la page concernée à partir de leurs blogs ou sites préférés.

Car s'il n'est lu que par trois copains, on peut se poser la question de sa réelle influence ...

Pourtant, bien des spécialistes du marketing ou de la communication soutiennent la nécessité d'une récolte exhaustive des documents produits, quel que soit leur niveau d'exhaustivité : c'est le mythe de l'exhaustivité contre la pertinence de l'émergence !

La pertinence de l'émergence c'est que - pour une analyse intelligente des opinions qui circulent sur le Web social -, il est plus que suffisant de s'intéresser au discoursvisible : celui que verra le plus grand nombre.

Non seulement l'inverse - en admettant, ce qui demeure plus d'hypothétique, qu'un recueil réellement exhaustif soit possible - serait inutile, mais également trompeur : ce serait privilégier des épiphénomènes et les monter en épingle.

Les blogueurs qui pratiquent l'infiltration ne s'y trompent pas : ils publient également leurs écrits sur des forums ou des sites collaboratifs comme AgoraVox, avec les liens adéquats vers leurs propres blogs ou sites, comme j'ai déjà eu l'occasion d'en parler ici.

Bien sûr, se centrer sur l'analyse du Web émergent ne signifie totalement négliger les écrits d'autorité très faible ; des documents rares peuvent permettre de cerner des signaux faibles lors de leur émergence. Mais l'exception ne doit pas devenir la règle.

07:56 Ecrit par François Laurent dans Marketing | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
  • Facebook
  • FriendFeed
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Live
  • MySpace
  • Netvibes
  • Technorati
  • Twitter
  • Viadeo
  • Yahoo! Bookmarks
  • LinkedIn